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Méditerranée : Moins de migrants, mais une mortalité en hausse

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Cette année encore, plusieurs milliers de personnes ont tenté de rejoindre l’Europe, via la Méditerranée. On retrouve aussi bien des réfugiés fuyant pour leur survie que des personnes souhaitant un meilleur horizon économique et éducatif. La majorité d’entre elles a été confrontée à des violences et des sévices lors de son périple.

Trois routes sont principalement utilisées. Il y a d’abord la route ouest avec le détroit de Gibraltar, entre l'Espagne et l'Afrique du Nord. Ensuite, il y a le centre avec l’Italie, via la Sardaigne et la Sicile ou la Calabre et les Pouilles. Enfin, il y a l’accès est avec les îles grecques de la mer Égée au large de la Turquie et la Thrace. Les personnes empruntant ces itinéraires transitent principalement par la mer.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés vient de publier les chiffres portant sur les migrations dans le sud de l’Europe en 2018. On y apprend que sur les sept premiers mois de l’année, le nombre de migrants a fortement baissé (-41%). En tout, ils sont 72.100 sur la période de janvier à juillet 2018, contre 121.100 pour les mêmes mois de 2017. On est très loin du pic de 2015 où un peu plus d’un million de personnes avaient rejoint l’Europe.

La principale baisse est en Italie avec une chute de l’arrivée de migrants de 81%. Dans le même temps, ce taux augmente fortement en Espagne et en Grèce avec respectivement +130% et 88%.

L’UNHCR avance plusieurs raisons à cette évolution : « des nouvelles mesures visant la migration irrégulière en Méditerranée centrale, y compris un soutien supplémentaire aux autorités libyennes pour empêcher les traversées vers l'Europe. De nouvelles restrictions sur le travail des ONG impliquées dans des opérations de recherche et de sauvetage et un accès limité aux réfugiés et aux migrants sauvés en mer depuis juin ». De même, le soutien aux garde-côtes libyens pour renforcer leurs capacités a amené bon nombre de personnes à être secourues par les autorités du pays avant d’y être ensuite reconduites.

Il faut toutefois noter un phénomène pervers lié au renforcement des garde-côtes libyens. Les ONG se trouvent de plus en plus exclues des missions de recherche et de sauvetage près des eaux du pays africain. Or,  elles réalisaient auparavant une part importante des opérations de détection et de secours, explique l’UNHCR. Si bien que, si le nombre de migrants a baissé, le taux de mortalité a de son côté augmenté, indique l’UNHCR. C’est le cas sur les trois routes, y compris vers l'Italie. On y dénombre certes presque 50% moins de morts et de disparus par rapport à 2017, mais dans le même temps les migrants sont 80% moins nombreux. Ainsi, il y a sur la route centrale 1 décès pour 18 arrivées sur les sept premiers mois de 2018 contre 1 pour 42 sur la même période l'an dernier. La majorité des victimes se trouvaient au large de Libye lorsqu'elles ont perdu la vie.

Enfin, l’accroissement du nombre de traversées dans les voies espagnoles et grecques s’accompagne là aussi d’une hausse de la mortalité. Cette dernière progresse plus vite que le nombre d’arrivées. On déplore presque trois fois plus de victimes que par rapport à 2017, respectivement 318 contre 113 sur le trajet ouest et 99 contre 38 sur le côté est.