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Méditerranée : Un virus provoque une hécatombe dans la population de dauphins

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Méditerranée : Un virus provoque une hécatombe dans la population de dauphins

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Depuis janvier, pas moins de 68 dauphins se sont échoués sue les plages françaises de la Méditerranée. Les chiffres ont littéralement explosé puisqu'en moyenne, on ne compte qu'une grosse quarantaine d'échouages par an. Les scientifiques pointent du doigt le morbilivirus et parlent aujourd'hui d'épidémie, indique la préfecture maritime de la Méditerranée. Ce virus a été baptisé en 1990 suite à une série de contaminations au large de l'Espagne. On le soupçonne alors de circuler à l'état endémique chez les grands cétacés, qui sillonnent les océans. Immunisés par des anticorps spécifiques, ces cétacés, s'ils ne développent pas la maladie, transmettraient le virus aux mammifères marins lorsqu'ils franchissent Gibraltar. Le dauphin bleu et blanc, espèce très répandue en Méditerranée, en est la première victime. Le mal se manifeste par des lésions sur le tube digestif, le système nerveux ou les poumons. Des problèmes respiratoires et neurologiques entraînent le décès des mammifères. Poussés par les vents, les animaux finissent d'agonir sur les plages. Selon la préfecture maritime, tous les cadavres autopsiés sont porteurs du morbilivirus. Bien que non transmissible à l'homme, cette maladie préoccupe les professionnels de la mer car elle est un indice de la pollution en Méditerranée. « Je ne suis pas inquiété par l'épidémie en elle-même ; elle devrait s'arrêter bientôt, estime le docteur Franck Dhermain, responsable des commissions échouages. Mais je reste soucieux. En 2003, une étude effectuée sur les tissus de 7 dauphins semble indiquer que la Méditerranée serait polluée, plus que les mers ouvertes. Il faut rester vigilant quant aux questions de pollutions ».

Aucun moyen de soigner les mammifères

Lors de l'épidémie de 1990, les dauphins touchés par la maladie montraient des taux élevés de pesticides et de métaux lourds dans leurs tissus, affectant leurs défenses immunitaires. La pollution fragiliserait les mammifères marins. « Des produits polluants tels que le PCB (polychlorobiphényle) sont des cofacteurs permettant au virus d'agir. Jean Michel Bompard, président du GECEM (Groupe d'Etude des Cétacés de Méditerranée), accuse la pollution. Rejeté par des transformateurs électriques ou des incinérateurs, le PCB s'infiltre dans les sols ; drainé ensuite par la pluie, il glisse vers la mer avant d'être absorbé par les mammifères. Il s'accumule dans les graisses et crée un déficit immunitaire » Les prélèvements effectués ces dernières semaines devraient corroborer la thèse du cofacteur polluant. Aucune solution n'existe pour soigner les dauphins bleus et blancs. Seul un respect plus grand de l'environnement leur permettra de mieux résister à ce virus, souligne la préfecture maritime de la Méditerranée.