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Merlin ASaC : Le nouvel hélicoptère d’alerte lointaine britannique

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Merlin ASaC : Le nouvel hélicoptère d’alerte lointaine britannique

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Le programme de renouvellement des hélicoptères Sea King ASaC (Airborne Surveillance and Control), conçus pour assurer l’alerte lointaine des porte-aéronefs de la Royal Navy, est désormais sur les rails. Thales UK et Lockheed Martin vont réaliser le programme Crowsnest, d’un coût de 700 millions d’euros, qui permettra à la marine britannique de disposer d’une flotte comprenant jusqu’à 10 nouveaux appareils. Ceux-ci seront basés sur la cellule du Merlin, qui va être spécialement équipée pour cette mission. Vendredi dernier, Thales a annoncé que la nouvelle génération de son radar Searchwater et du système de mission Cerberus avaient été choisis par la Royal Navy. Alors qu’il avait, un temps, été envisagé de placer le radar dans la soute de l’appareil et de le déployer par l'arrière, une configuration traditionnelle a finalement été retenue. Comme les Sea King, les futurs Merlin ASaC auront leur antenne sur le flanc, le système se repliant lorsqu’il n’est pas utilisé.

 

Le système de déploiement par l'arrière n'a pas été retenu (© : DR)

Le système de déploiement par l'arrière n'a pas été retenu (© : DR) 

 

Un radar multifonctions

Offrant une vision à 360 degrés et une portée de plusieurs centaines de kilomètres, le Searchwater est spécialement conçu pour la détection d’objectifs maritimes, aériens, mais aussi terrestres. « Initialement destinés à la protection des forces navales, le radar multimode et les capteurs associés sont de précieux atouts pour garantir une surveillance efficace, avec des capacités de détection et de poursuite d’objectifs multiples, sur terre, en mer et dans l’espace aérien. Les flottes déjà équipées font référence en matière de protection, notamment lors d’opérations de lutte contre la piraterie dans l’Océan indien, de missions conduites en Irak en 2003, et en Afghanistan entre 2009 et 2014. Le système a également permis de mener des missions de surveillance aériennes critiques lors des Jeux Olympiques de Londres, en 2012 », précise Thales.  

 

Sea King ASaC (© : ROYAL NAVY)

Sea King ASaC (© : ROYAL NAVY) 

 

Opérationnel en 2018

Prévu pour être opérationnel en 2018, le Merlin ASaC équipera les deux nouveaux porte-avions britanniques de la classe Queen Elizabeth. Ces bâtiments ne disposant pas de catapultes, puisqu’ils mettront en œuvre des avions à décollage court et appontage vertical F-35B, la Royal Navy ne pouvait en effet disposer, à l'instar de ses homologues américaine et française, d’avions de guet aérien embarqués du type Hawkeye. Comme ce fut le cas avec le Sea King sur les anciens porte-aéronefs du type Invincible, il a donc été décidé de transférer cette fonction sur des hélicoptères.

 

Les futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (© : ACA)

Les futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (© : ACA) 

 

Les vieux Sea King jouent les prolongations

Pour mémoire, c’est après la guerre des Malouines que la Royal Navy a décidé de se doter de cette capacité. Les Sea King ASaC, qui sont entrés en service en 1985, ont été modernisés entre 1999 et 2005, leur radar Searchwater, capable de suivre jusqu’à 400 cibles, étant notamment mis à niveau. Avec le retrait des troupes britanniques d’Afghanistan, les escadrons 854 et 857, historiquement basés à Culdrose et dotés chacun  de quatre appareils, ont retrouvé fin 2014 les opérations maritimes et ont participé cet hiver aux opérations dans la région du Golfe persique. En dehors des grandes plateformes, comme le porte-hélicoptères HMS Ocean, les Sea King ASaC sont également en mesure d’embarquer sur des unités plus petites, comme les destroyers du type 45. Les vieux Sea King, qui devaient être retirés du service en 2016, devraient être prolongés jusqu’en 2018 afin d’assurer la transition avec leurs successeurs. 

Royal Navy Thales