Construction Navale
Méthaniers nazairiens : Gaz de France et Alstom se retrouvent au tribunal

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Méthaniers nazairiens : Gaz de France et Alstom se retrouvent au tribunal

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Le tribunal de commerce de Paris commence à statuer, ce mercredi, sur les indemnités de retard que le groupe GDF Suez réclame à Alstom holding. C'est l'affaire des problèmes rencontrés lors de la construction, à Saint-Nazaire, de trois méthaniers, dotés de nouvelles cuves de confinement CS 1. Le premier de la série, le Gaz de France EnergY, avait été livré en décembre 2006, soit deux ans après la date initialement prévue. Juste après son achèvement, le navire, d'une capacité de 74.000 m3 de Gaz Naturel Liquéfié (GNL), avait, en effet, été immobilisé suite à la découverte de problèmes d'étanchéité sur la membrane secondaire (de sécurité) des cuves CS 1. Ces dernières ont été conçues par GTT (filiale de GDF) mais réalisées par les ex-Chantiers de l'Atlantique. Il faudra sept mois aux ingénieurs et techniciens d'Alstom Marine pour découvrir l'origine de l'avarie : un problème de collage. D'importants travaux, d'un montant de plusieurs dizaines de millions d'euros, avaient alors débuté. Un second méthanier doté de cuves identiques, le Provalys (154.500 m3), avait lui aussi nécessité une lourde intervention, étant déjà en cours de construction au moment où les problèmes de l'EnergY étaient découverts. Il sera finalement livré en novembre 2006, avec un an de retard. Quant au troisième bateau commandé, le Gaselys, il bénéficiera dès le début d'un nouveau procédé de collage, permettant sa livraison début 2007.

GDF réclame 42 millions d'euros d'indemnités de retard

Depuis, Alstom (*) et GDF se rejettent la responsabilité des problèmes rencontrés. Les uns estiment que c'est la conception des nouvelles cuves qui est en cause, les autres arguant que c'est le procédé de réalisation qui n'était pas bon. Les Chantiers de l'Atlantique se sont d'ailleurs retournés contre la société d'ingénierie qui conçoit les cuves, Gaztransport et Technigaz (GTT). Mais le constructeur, qui réclamait plus de 300 millions d'euros, a été débouté début 2009. A l'issue d'un arbitrage, GTT a été mis hors de cause. Selon les informations recueillies par France Bleu Loire Océan, GTT va même récupérer 4.5 millions d'euros « de paiement de redevance et d'assistance technique que les chantiers ne voulait pas lui verser ».
Et le dossier n'est pas clos puisqu'aujourd'hui, GDF réclame 42 millions d'euros d'indemnités de retard à Alstom holding. Contactée par FBLO, l'ex-maison mère des chantiers nazairiens n'a pas souhaité faire de commentaire.
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(*) Alstom a conservé à son compte l'entité juridique Chantiers de l'Atlantique et les litiges antérieurs à la vente de sa branche marine, en juin 2006. Aker Yards, et désormais STX Europe, ne sont donc pas impliqués dans cette affaire.

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