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Métier : Superviseur de travaux aux chantiers navals de Saint-Nazaire

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Métier : Superviseur de travaux aux chantiers navals de Saint-Nazaire

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Dans le cadre de notre rubrique « Les métiers maritimes », nous partons aujourd'hui dans la forme de construction d'Aker Yards France. C'est là que nous avons rencontré Christophe Blanchard. A 37 ans, Christophe est superviseur de travaux sur le nouveau paquebot destiné à MSC Cruises, le Fantasia. Pour réaliser ce géant de 333 mètres de long et 135.000 tonneaux, des milliers de personnes sont nécessaires. Chaudronniers, soudeurs, mécaniciens, électriciens, charpentiers, poseurs de moquettes, installateurs de climatisation... Des dizaines de métiers se relaient et travaillent ensemble afin d'édifier en un temps record d'impressionnants navires de croisière. Ainsi, le MSC Fantasia (A33), mis sur cale le 11 avril 2007, débutera ses essais en mer cet été et sera livré en novembre. Il ne se sera donc écoulé à qu'une petite vingtaine de mois entre la pose du premier bloc et la mise en service du paquebot. Pour parvenir à produire un tel bateau dans des délais si courts, une organisation méthodique est nécessaire. Locaux publics, cabines, machines... Dans la fourmilière des personnels s'activant sur le chantier (jusqu'à 2000 personnes à bord), les superviseurs de travaux ont un rôle essentiel. « Nous intervenons dès la phase de conception, où nous avons un regard sur la coordination. Dans la construction navale, le travail des uns dépend de celui des autres. Tout doit donc être pensé dans un ordre très précis. Il s'agit, par exemple, de savoir à l'avance quand on devra embarquer tel ou tel équipement. Il y a une véritable stratégie de montage pour optimiser au mieux les délais. On devra pouvoir dire : attention, cette gaine là, si on la pose à tel endroit, cela va poser problème », explique Christophe Blanchard.

« Coûts, délais et qualité à tenir »

Une fois le montage lancé, le superviseur va, comme son nom l'indique, superviser les travaux. Il joue l'interface avec les équipes à bord, notamment les sous-traitants. « Dans le travail de supervision, on a un marché, des coûts, des délais, la qualité et les conditions de sécurité à tenir. Dans les lots concernés, nous avons des réunions avec les sous-traitants pour faire le point sur l'avancement et vérifier que ce qui est prévu est fait. Sinon, on met en place des actions pour corriger le tir, par exemple avec du personnel supplémentaire ». Pour un lot comme la machine arrière du A33, cela représentait cet hiver une centaine de personnes travaillant dans une zone de 60 mètres de long, large de 37 mètres et haute de quatre ponts. Pour l'ensemble de la propulsion, soit le double d'espace, une douzaine de superviseurs de travaux suivaient l'avancée du chantier, pour un total de 55 superviseurs sur tout le navire. Montage de tuyaux, isolation, électricité, tirage des câbles... En permanence, il faut s'assurer que chaque tache a été correctement réalisée et ce, dans les temps. « Nos interlocuteurs sont les chefs d'équipe. Ils ont une liste sur l'avancée des travaux à remplir toutes les semaines. C'est un métier où il faut être rigoureux. Si c'est le cas, ce n'est pas compliqué », souligne Christophe Blanchard. Vient ensuite la phase où les lots sont achevés, étape cruciale où l'armateur « achète » l'espace. « La vente d'un lot implique beaucoup de relationnel. On vend au client un travail bien fait et une confiance se met progressivement en place. C'est comme dans le commerce. Si le client est satisfait du produit, il revient. Nous avons des séquences de vente à chaque fin de montage. On vend par exemple la tôle avant de l'isoler ». Le client convaincu, le superviseur se tourne ensuite vers les équipes. « La reconnaissance est très importante. Quand on effectue une vente, il faut dire aux gars que l'armateur est content. Ca incite les gens à continuer de faire bien leur travail ».

De la grande distribution aux paquebots géants

Pour exercer un tel métier, faut-il connaître sur le bout des doigts la construction navale ? Quand on regarde le parcours de Christophe Blanchard, on comprend vite que ce n'est pas un impératif. Avant de travailler aux chantiers, le superviseur était employé dans la grande distribution, où il était en charge des commandes et manageait déjà des équipes. C'est en 2001, au moment où les chantiers construisaient jusqu'à huit navires simultanément, que Christophe a rejoint la navale. « C'était la grande époque. Il y avait beaucoup de bateaux à construire et de l'embauche. Je me suis dit que j'allais faire autre chose et j'ai postulé. Je n'y connaissais rien à la navale, les paquebots n'étaient à la base pas une passion et je ne faisais pas de voile. Bref, je n'avais aucun lien direct avec ce milieu ». Peu importe. Comme aujourd'hui, l'entreprise était avant tout à la recherche de personnel disposant de connaissances techniques et capables de manager des équipes. C'est ainsi que Christophe, à 30 ans, s'est retrouvé coordinateur sur le C32, qui deviendra Coral Princess. Et, sept ans après, il ne regrette pas la grande distribution. « C'est extrêmement enrichissant et il n'y a pas de routine. On ne sait jamais ce qui va se passer le lendemain, même si au fil du temps, il y a moins de surprises et plus d'anticipation. Il y a beaucoup de relationnel, des équipes qu'on doit emmener et avec lesquelles on grandit. C'est un travail de longue haleine et de confiance avec les gens, sur plusieurs mois ou sur des années. Le fait de rentrer dans une grande structure permet aussi d'avoir un horizon professionnel plus large et de pouvoir évoluer sur différents postes ».

Aker Yards recrute

Pour faire face à la montée en charge de leur outil de production, les chantiers de Saint-Nazaire recrutent actuellement des superviseurs de travaux. Le profil type est le Bac +2 avec une expérience dans le domaine technique (électricité, mécanique, tuyautage, serrurerie, génie civil, bâtiment...) Pour ceux qui seraient intéressés par ce métier, Christophe Blanchard donne quelques pistes : « Il faut aimer le contact. Etre rigoureux. Aimer marcher plutôt que de rester assis derrière un bureau. Prendre des initiatives et avoir une vue d'ensemble, c'est-à-dire faire la part des choses entre les avis et les opinions des différents intervenants ».
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- Voir le site de recrutement d'Aker Yards France

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