Construction Navale
Meyer Turku veut accroître ses investissements

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Meyer Turku veut accroître ses investissements

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Un temps menacé de disparition, le chantier de Turku, repris fin 2014 par le groupe allemand Meyer Werft, a connu un redressement assez spectaculaire. Après avoir cumulé les pertes pendant plusieurs années, entrainant sa cession par le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, le plus grand constructeur de Finlande a pu redresser la barre grâce au soutien de Meyer Werft. Dès 2015, les résultats du chantier, qui emploie 1600 salariés aujourd’hui, sont repassés au vert, avec un bénéfice de 15 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 594 millions d’euros. Et cette tendance s’est amplifiée l’an dernier avec la hausse de l’activité, l’entreprise ayant dégagé un résultat net positif de 25 millions d’euros pour un chiffre d’affaires ayant bondi à 794 millions. « Nous sommes en ligne avec nos objectifs de croissance et ces bénéfices raisonnables nous donnent l'opportunité d'investir davantage dans le chantier et de créer une équipe encore plus forte avec d'autres recrutements », se félicite Jan Meyer, directeur général de Meyer Turku.

 

Le chantier de Turku (© MEYER TURKU)

Le chantier de Turku (© MEYER TURKU)

 

Pour mémoire, le groupe a déjà lancé un important plan d’investissement dans le chantier finlandais, avec l’amélioration de la chaine de production et la commande d’un nouveau portique d’une capacité de levage de 1200 tonnes, deux fois plus puissant que l’actuel. Commandé à Konecranes pour un montant de 35 millions d’euros, ce portique, prévu pour entrer en service en 2018, permettra de manutentionner des blocs beaucoup plus gros et donc de réduire les délais d’assemblage. Meyer Werft étudie par ailleurs un accroissement des capacités de son site finlandais, et notamment l’agrandissement de sa cale de construction, longue de 365 mètres pour une largeur de 80 mètres. Son extension permettrait d’augmenter le nombre de coques produites et, surtout, de pouvoir accueillir des paquebots encore plus gros que les Oasis of the Seas et Allure of the Seas (225.000 GT, 5400 passagers), livrés en 2009 et 2010 à la compagnie américaine Royal Caribbean International, filiale du groupe RCCL.

 

Le Mein Schiff 6, livré hier à TUI Cruises (© MEYER TURKU)

Le Mein Schiff 6, livré hier à TUI Cruises (© MEYER TURKU)

 

Turku bénéficie désormais d’un beau plan de charge, avec une visibilité s’étalant sur 7 ans. Après la livraison du Mein Schiff 6 (99.800 GT, 2500 passagers) hier à la compagnie allemande TUI Cruises (société commune de TUI et RCCL), le carnet de commandes du chantier comprend pour le moment huit paquebots à livrer d’ici 2024. Les deux premiers, en cours de construction pour TUI Cruises, sont une version agrandie du Mein Schiff 6, dernier d’une série de quatre navires dont les trois premiers exemplaires sont entrés en service en 2014, 2015 et 2016. Livrables en 2018 et 2019, les futurs Mein Schiff 1 et Mein Schiff 2 auront une jauge de 111.500 GT et pourront accueillir près de 2900 passagers.

 

Le futur Mein Schiff 1 (© MEYER TURKU)

Le futur Mein Schiff 1 (© MEYER TURKU)

Le projet Excellence de Costa (© COSTA CROISIERES)

Le projet Excellence de Costa (© COSTA CROISIERES)

 

Pour la suite, ce sera le retour des paquebots géants avec pour commencer au moins quatre unités de plus de 180.000 GT et 5000 passagers équipées d’une propulsion au gaz naturel liquéfié. Destinés à des filiales du groupe américain Carnival Corporation (Costa et CCL), ces mastodontes seront livrés en 2019, 2020, 2021 et 2022. Dans le même temps, Turku réalisera pour Royal Caribbean International les deux premiers exemplaires d’une nouvelle génération de paquebots de 200.000 GT et 5000 passagers (projet Icon). Egalement équipés de moteurs fonctionnant au GNL, mais aussi de piles à combustible, ces navires doivent entrer en service en 2022 et 2024.

 

Les Oasis et Allure of the Seas à Turku en 2009 (© RCI)

Les Oasis et Allure of the Seas à Turku en 2009 (© RCI)

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)