Disp POPIN non abonne!
Croisières et Voyages

Actualité

Meyer Werft livre l’AIDAnova, premier paquebot fonctionnant au GNL

Croisières et Voyages
Construction Navale

Suppression des émissions sulfurées et des particules fines, réduction significative des rejets d’oxydes d’azote et de CO2… L’industrie de la croisière entre dans une nouvelle ère avec la mise en service du premier paquebot équipé d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Le constructeur allemand Meyer Werft a livré le 12 décembre l’AIDAnova, réalisé dans son chantier de Papenburg. Premier d’une nouvelle génération de paquebots commandés par le groupe américain Carnival, ce mastodonte est le plus gros navire de croisière réalisé jusqu’ici en Allemagne et le plus imposant à battre pavillon européen. Ce prototype, très complexe de par sa taille et sa propulsion GNL employée pour la première fois sur un paquebot, a représenté un vrai challenge technique pour Meyer Werft. Il a d’ailleurs fallu retarder la livraison d’un mois pour permettre la mise au point finale du bateau et de ses systèmes.

 

La passerelle de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

La passerelle de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

 

Aux Canaries cet hiver, en Méditerranée l’été prochain

Destiné à la compagnie allemande AIDA Cruises, filiale du groupe italien Costa (lui-même appartenant à l’américain Carnival Corporation), l’AIDAnova a quitté dès mercredi le port de Bremerhaven pour rallier les Canaries, où il embarquera ses premiers passagers le 19 décembre. Il devrait faire en chemin une étape à Lisbonne, prévue le 16 décembre. Le navire sera exploité cet hiver sur des croisières d’une semaine à travers les Canaries et à Madère. Puis il sera repositionné pour la saison estivale 2019 en Méditerranée occidentale, avec des escales aux Baléares, à Barcelone, dans les ports italiens de Civitavecchia et Livourne, ainsi qu’à Marseille.

 

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

 

183.900 GT et 2626 cabines

Battant pavillon italien, comme toute la flotte du groupe Costa, l’AIDAnova mesure 337 mètres de long pour 42 mètres de large et 8.6 mètres de tirant d’eau. Comptant 20 ponts, ce géant de 183.900 GT de jauge compte 2626 cabines et suites (réparties en 21 catégories) pour une capacité de 5228 passagers, servis par environ 1500 membres d’équipage.

Le paquebot compte de très nombreux espaces publics, dont 17 restaurants et autant de bars et salons, un théâtre de plus de 1000 places, panoramique et doté de trois murs numériques en LED, un studio de télévision, un casino, un centre de bien-être de 3500 m² ou encore un solarium et un vaste pont piscines avec toboggans.  

 

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

 

 

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

A bord de l'AIDAnova (© MEYER WERFT)

 

Quatre moteurs duals et trois réservoirs de stockage

Capable d’atteindre 17 nœuds, le paquebot affiche une puissance de 61.760 kW, dont 37.000 pour la propulsion. Celle-ci est constituée de quatre moteurs MaK-Caterpillar 16 M 46 DF fonctionnant aussi bien au gasoil qu’au GNL. Celui-ci est stocké dans trois réservoirs : deux cuves cylindriques principales, longues de 35 mètres pour un diamètre d’environ 8 mètres et une capacité de 1500 m3 de gaz liquéfié chacune, ainsi qu’un troisième réservoir de 28 mètres de long, 5 mètres de diamètre et 550 m3. Les moteurs et les cuves ont été intégrés dans une section de coque réalisée par une filiale de Meyer Werft : le chantier Neptun Werft de Rostock, où s’est constitué avec les motoristes et spécialistes de la cryogénie un nouveau pôle industriel dédié à la propulsion navale. Un pôle qui produira toutes les sections machines/stockage des paquebots GNL construits par le groupe Meyer en Allemagne et en Finlande.

 

La section avec moteurs et cuves de l'AIDAnova avant son remorquage de Rostock à Papenburg en septembre 2017 (© FELIX GAENSICKE

La section avec moteurs et cuves de l'AIDAnova avant son remorquage de Rostock à Papenburg en septembre 2017 (© FELIX GAENSICKE)

Décembre 2017 à Papenburg : des blocs de superstructure ont été montés sur la section machines pour former le tiers arrière du paquebot, réalisé en plusieurs tronçons (© MEYER WERFT)

Décembre 2017 à Papenburg : des blocs de superstructure ont été montés sur la section machines pour former le tiers arrière du paquebot, réalisé en plusieurs tronçons (© MEYER WERFT)

L'AIDAnova en construction dans le chantier de Papenburg l'été dernier (© MEYER WERFT)

L'AIDAnova en construction dans le chantier de Papenburg l'été dernier (© MEYER WERFT)

 

Il y en a pour le moment huit autres en commande pour le groupe Carnival. Ce dernier souhaite à travers ce programme colossal, représentant un investissement d’environ 1 milliard d’euros par navire, se doter d’une flotte plus respectueuse de l’environnement et, ainsi, répondre au durcissement de la règlementation sur les émissions polluantes et aux préoccupations de plus en plus fortes de l’opinion publique sur cette question.

Des navires dérivés pour AIDA, Costa, P&O Cruises et CCL

Carnival a donc décidé d’entamer de front le passage de quatre de ces principales marques au GNL. Deux sisterships de l’AIDAnova seront livrés en 2021 et 2023 par Papenburg, qui achèvera entre temps deux unités destinées à P&O Cruises en 2020 (Iona) et 2022. Pendant ce temps, Meyer Turku assemble actuellement le Costa Smeralda, livrable en octobre 2019 alors que son jumeau rejoindra la flotte de Costa Crociere en 2021. En plus de ces navires, le chantier finlandais a par ailleurs attaqué la construction d’une paire de navires pour Carnival Cruise Line, qui les réceptionnera en 2020 (Mardi Gras) et 2022. L’ensemble de ces bateaux adopte une base de plateforme commune, à partir de laquelle des versions dérivées sont développées en fonction des standards de chaque marque.

 

Le futur Costa Smeralda (© COSTA CROISIERES)

Le futur Costa Smeralda (© COSTA CROISIERES)

Le futur Iona (© P&O CRUISES)

Le futur Iona (© P&O CRUISES)

Le futur Mardi Gras (© CCL)

Le futur Mardi Gras (© CCL)

Meyer Werft