Construction Navale
Meyer Werft : « Nous sommes dans une crise existentielle »
ABONNÉS

Actualité

Meyer Werft : « Nous sommes dans une crise existentielle »

Construction Navale

Le constructeur allemand Meyer Werft, numéro 2 mondial de la construction de paquebots et seul groupe privé du secteur, est dans une situation difficile suite à la crise sanitaire, qui frappe de plein fouet l’industrie de la croisière. Ces derniers jours, la presse outre-rhin s’est faite l’écho de ces difficultés. Pour les illustrer, nous avons retrouvé un message du directeur général de Meyer Werft, un peu daté puisqu’il a été diffusé le 19 septembre et passé inaperçu du fait qu’il était avant tout destiné aux salariés et partenaires allemands. Un message uniquement en langue allemande d’ailleurs.

Cette communication, manifestement toujours d’actualité, faisait le point sur le marché et le carnet de commandes des chantiers du groupe, dont les deux principaux sites se trouvent à Papenburg (Allemagne) et Turku (Finlande). Alors que Bernard Meyer s’était en avril dernier montré très pessimiste, dans une vidéo qui avait surpris par sa gravité, son fils Jan, qui a pris la direction générale de Meyer Werft en juin après avoir dirigé le chantier de Turku, ne s’est pas montré plus enthousiaste.  « Je veux être très clair, tous les emplois sont désormais en jeu, les 5500 du groupe Meyer et tous les sous-traitants », a-t-il déclaré.

Les armateurs en difficulté et sans aucune visibilité

La crise sanitaire a en effet mis l’essentiel de la flotte mondiale de navires de croisière à l’arrêt depuis le mois de mars, aucun redressement n’étant plus espéré à court terme. Plusieurs opérateurs du secteur ont déjà fait faillite et d’autres pourraient suivre dans les mois qui viennent. Tout dépendra de la durée de la crise et de la résilience financière des armateurs selon le moment où le redémarrage interviendra. S’il se fait sous quelques mois, l’industrie peut espérer sauver les meubles. Mais si l’horizon est repoussé au-delà de l’été 2021, la situation deviendra de plus en plus critique.

En attendant, il n’y a quasiment plus aucune recette mais les armateurs doivent continuer de payer leurs emprunts, les salaires des employés qui ne sont pas au chômage et les frais de fonctionnement. A commencer par les coûts opérationnels de centaines de navires sans passagers à bord. A titre d’exemple, les trois leaders du secteur (Carnival, Royal Caribbean et NCL) brûlent à eux seuls 1 milliard de dollars par mois dans leurs flottes inactives. Depuis le printemps, les groupes cotés en bourse ont levé des milliards de dollars afin de disposer des liquidités nécessaires pour être en mesure de résister à une période longue de non-activité, certains ayant fait des provisions pour tenir théoriquement jusqu’à la fin de 2021. D’autres ont trouvé des alternatives pour tenir le choc, du moins temporairement. La clé, et le

Meyer Werft | Toute l'actualité du groupe allemand de construction navale