Construction Navale
Meyer Werft s'accorde avec le gouvernement finlandais pour la reprise de Turku

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Meyer Werft s'accorde avec le gouvernement finlandais pour la reprise de Turku

Construction Navale

(Article publié le 6 août) Après de longs mois de négociations, l’Etat finlandais a conclu un accord avec l'Allemand Meyer Werft pour permettre à celui-ci de reprendre le chantier de Turku. Le site va être cédé par le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, qui le possède depuis 2008 via sa filiale STX Europe, basée à Oslo et auteur il y a six ans d’une OPA réussie sur l’ancien constructeur norvégien Aker Yards. Ce dernier comptait à l’époque une vingtaine de chantiers en Europe, dont Turku, Rauma et Helsinki en Finlande, ainsi que les ex-sites d’Alstom Marine à Saint-Nazaire et Lorient, repris en 2006.

 

 

La fin de STX Europe

 

 

L’incursion surprise de STX dans la navale européenne avait fait grand bruit, suscitant d’importantes craintes quant à un possible pillage de savoir-faire par ce qui était alors le numéro 4 mondial du secteur. Mais l’opération a tourné court pour les Sud-coréens, qui ont racheté Aker Yards au plus haut de la vague et n’ont pas pu bénéficier de cet investissement, estimé à plus d’un milliard d’euros. Car la crise de 2008 a rapidement entrainé un effondrement durable des commandes de navires. Aux difficultés rapidement rencontrées par les grands sites européens, se sont ajoutées celles des actifs asiatiques de STX, à commencer par le Chinois Dalian, où le groupe sud-coréen a ouvert en 2008, au pire moment, le plus grand chantier du monde. Un gouffre financier qui a largement contribué à détériorer la situation financière de son propriétaire, qui accusait en 2013 quelques 8 milliards de dollars de pertes. Pour tenter de renflouer les caisses ou se séparer de chantiers en perte de vitesse, STX a donc procédé à des cessions.

Progressivement, l’ancien groupe constitué au travers d’Aker Yards par le milliardaire norvégien Kjell Inge Røkke a finalement été démantelé. Les chantiers norvégiens, roumains, vietnamiens et brésiliens spécialisés dans l’offshore ont d’abord été transférés dans une nouvelle société, STX OSV, cotée à la bourse de Singapour et dont l’Italien Fincantieri a pris le contrôle l’an dernier. Alors que le site d’Helsinki a été pour moitié cédé en 2011 au Russe USC et est devenu Arctech, le chantier de Florø a été vendu fin 2012 au Norvégien Westcon. Faute de commandes, décision a par ailleurs été prise de fermer Rauma, qui a livré son ultime navire, destiné aux garde-côtes finlandais, en mai dernier.

 

 

Le site de Turku (© STX FINLAND)

Le site de Turku (© STX FINLAND)

 

 

L'Etat finlandais en première ligne pour sauver le dernier grand chantier du pays

 

 

Le processus de vente des actifs européens de STX a été accéléré cette année, après la prise de contrôle en 2013 du groupe sud-coréen par ses banques créancières, au premier rang desquelles KDB. Le cas du Turku, en difficulté ces dernières années, a été rapidement évoqué, y compris au travers d’une possible fermeture. Mais le spectre de voir le dernier grand chantier finlandais fermer ses portes a fortement ému l’opinion publique nationale et le gouvernement d’Helsinki, accusé d'avoir laissé échapper fin 2012 la commande

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