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Michel Rocard estime qu'un deuxième porte-avions est « indispensable » à la France

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Michel Rocard estime qu'un deuxième porte-avions est « indispensable » à la France

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C'est une longue et très intéressante réflexion que Michel Rocard a confié au Figaro. Dans les colonnes du journal, l'ancien premier ministre socialiste explique pourquoi, à son sens, la France doit construire un second porte-avions. « Pour la France, avoir un porte-avions à tout moment prêt à prendre la mer, ce qui veut dire en avoir deux, est aussi indispensable à son rang qu'à ses responsabilités », explique Michel Rocard. Ce dernier rappelle qu'un tel outil « peut frapper jusqu'à plus de 3 000 km de là où il est, il est de taille à embarquer des rapatriés par milliers. Il est hors de portée des armements dont disposent la totalité des nations à l'exception d'une dizaine. Sa seule présence représente une menace terrifiante. Il est l'arme majeure pour tous les conflits de basse ou moyenne intensité dont le monde est constamment plein ». Le point de vue de l'ancien chef du gouvernement de François Mitterrand (mai 1988 - mai 1991) est d'autant plus intéressant qu'il a pris, à son arrivée à Matignon, la décision de mettre sur cale le Charles de Gaulle (avril 1989), dont la découpe de la première tôle était intervenue en novembre 1987. Michel Rocard revient d'ailleurs largement, dans le Figaro, sur les raisons qui l'ont poussé à donner son feu vert à la construction du porte-avions. Et, à l'heure où le centre de gravité de la géostratégie mondiale s'éloigne de plus en plus des points d'appui traditionnels du pays, les raisons de l'époque semblent étonnamment d'actualité. « Bien plus petite que les États-Unis, la France est tout de même seule au monde à côté d'eux à être présente sur tous les continents, à s'intéresser à la totalité des conflits et des difficultés qui entravent le monde, à avoir charge de protéger, à l'occasion d'évacuer nombre de ses ressortissants et de ressortissants d'Europe vivant et travaillant partout dans le monde. Même la Grande-Bretagne n'exprime pas ses intentions avec la même ampleur. Pour ce faire, nous avons gardé longtemps et nous avons toujours des bases terrestres. Mais les bases terrestres à l'étranger on finit par les perdre, on peut en être chassé, on peut être empêché de les employer comme on le veut... Les bases flottantes, elles, demeurent ».
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- VOIR L'INTERVENTION DE MICHEL ROCARD SUR LE SITE DU FIGARO

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