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Michèle Alliot-Marie appelle au renforcement du partenariat entre DCN, Navantia et TKMS

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Michèle Alliot-Marie appelle au renforcement du partenariat entre DCN, Navantia et TKMS

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Mardi, lors d'un colloque intitulé « Quelle place pour le naval de Défense européen ? », Michèle Alliot-Marie a plaidé pour la poursuite du processus de consolidation de l'industrie navale européenne: « Nous devons penser à l'échelle européenne pour agir sur les marchés mondiaux. Nous devons, surtout, lutter contre les replis protectionnistes qui ruineront toute perspective européenne de long terme. Des partenariats fructueux ont vu le jour. Il faut les approfondir », a déclaré le ministre de la Défense, précisant que « Navantia (Espagne) est un partenaire historique de DCN. Je souhaite que ce partenariat se poursuive et se renforce. La consolidation allemande devient une réalité. L'intégration bien avancée de TKMS, le rachat d'Atlas par EADS-TKMS sont un pas important qui doit contribuer à la consolidation et non la bloquer par l'exclusion de tel ou tel acteur. Le dialogue franco-allemand s'inscrit dans cette ligne politique de l'autonomie compétitive ». Michèle Alliot-Marie a rappelé hier, en Espagne, lors du Conseil franco-espagnol de défense et de sécurité, l'ambition de la France « de créer une vraie dynamique européenne qui fasse de nos industries des acteurs responsables, unis, à la hauteur des enjeux. ». Pour le ministre, qui a qualifié le redressement industriel de DCN de « remarquable », la consolidation européenne « doit être abordée sans tabous. Nous devons dès maintenant explorer de nouvelles pistes de partenariats industriels, technologiques, commerciaux, voire actionnariaux ». La volonté politique se heurte toutefois aux mésententes industrielles auxquelles s'ajoute la prudence des entreprises et des gouvernements face aux conséquences, notamment sociales, d'éventuelles fusions. Dans ce contexte, la perspective de constituer le fameux « EADS naval » ne cesse d'être repoussée.

De la houle entre Paris, Madrid et Berlin

Malgré l'ouverture imminente de son capital, DCN est considérée, par TKMS, comme une entreprise étatique. Le groupe allemand s'est par ailleurs emparé, avec EADS, d'Atlas Electronik. Ce regroupement, entériné par Berlin, s'est fait aux dépends de Thales qui souhaitait intégrer Atlas pour éviter que le partenariat historique de sa filiale néerlandaise (TNL) avec la marine allemande ne soit fragilisé. Plus au sud, les relations avec Navantia, bien qu'au beau fixe officiellement, restent tendues, Madrid ayant amorcé un rapprochement avec l'industrie américaine. Si DCN et le groupe espagnol ont conçu et réalisent ensemble des sous-marins Scorpène pour le Chili, la Malaisie et l'Inde, le Français n'a pas digéré la création du S 80. Ce submersible, directement dérivé du Scorpène et doté d'un système de combat Lockheed Martin, a non seulement été retenu par l'Armada espagnole (avec des torpilles allemandes Seehecht) au lieu du produit commun, mais Navantia le présente désormais à l'export, contre DCN, comme ce fut le cas au Pakistan et en Turquie. L'ex-Direction des Constructions Navale a répliqué avec un nouveau produit national, le Marlin, dérivé lui aussi du Scorpène mais présentant quelques améliorations, comme des barres de plongée en forme de croix de Saint-André. Les partisans d'une alliance européenne, préfigurant un rapprochement industriel, ont toutefois des raisons d'espérer. L'Europe de l'industrie navale est, en effet, bien trop éclatée, comptant 21 industriels et 23 chantiers, contre seulement 4 industriels et 6 chantiers aux Etats-Unis. Face à la montée en puissance de la concurrence internationale, notamment asiatique, la consolidation semble inévitable pour permettre aux Européens de maintenir leur rang. Les projets en coopération, comme le second porte-avions et les frégates multi-missions devraient, par ailleurs, donner une nouvelle impulsion. Enfin, plusieurs nouveaux produits à l'export, conçus en commun, pourraient voir le jour dans les prochaines années. Dans cette perspective, DCN ne cache pas son souhait de réaliser la future génération de sous-marins avec son homologue allemand.

Naval Group (ex-DCNS)