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Michèle Alliot-Marie et Thierry Breton annonceront jeudi après-midi le rapprochement DCN – Thales

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Michèle Alliot-Marie et Thierry Breton annonceront jeudi après-midi le rapprochement DCN – Thales

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Sauf catastrophe de dernière minute, les noces tant retardées seront célébrées jeudi à l’Hôtel de Brienne A 14 heures, les ministres de la Défense et de l’Economie annonceront le rapprochement des anciens arsenaux et de l'éclectronicien à l'occasion d’une conférence de presse, a-t-on appris hier auprès du ministère de la Défense. Michèle Alliot-Marie et Thierry Breton seront entourés de Jean-Marie Poimboeuf, président de DCN et de Denis Ranque, son homologue de Thales. Ce rendez-vous sera précédé le matin même d’un quadruple Comité central d’entreprise à DCN, Thales et dans leurs filiales TNF et Armaris. Deux Conseils d’administration se dérouleront ensuite. A l’ordre du jour, bien évidemment, le rapprochement dont les modalités ne seront connues des administrateurs salariés qu’en début de séance: « Aucune pièce n’a été communiquée aux administrateurs. On va avoir les informations en début de conseil et il va falloir voter ces dossiers des plus complexes en une heure et demie! », dénonce Yannick Perronnet, de la CFDT DCN. Le responsable syndical affirme qu’une « véritable chape de plomb coiffe le projet depuis quelques jours. « Nous n’avons aucune information sauf celles de la presse, les préfets refusent de recevoir les délégations des établissements et les députés UMP, que nous avons sollicité dans plusieurs régions, sont aux abonnés absents ».

« Pendant deux ans, DCN est assurée que Thales restera à 25% »

Pour les syndicats, qui seront reçus ce soir par Michèle Alliot-Marie, les doutes portent sur la participation et le rôle de Thales, définis dans le pacte d’actionnaires. L’électronicien, qui souhaitait acquérir 35% des parts de l’industriel public, aurait finalement consenti à ne prendre que 25% du capital : « Si les révélations de la presse sont exactes et que Thales a la possibilité d’avoir la minorité de blocage dans les trois prochaines années, nous considérerons que les garanties ne seront pas là », prévient Yannick Perronnet. Selon une source très proche du dossier, jointe hier soir : « Thales pourrait avoir une possibilité après deux ans, ce qui signifie que pendant deux ans, DCN est assurée que Thales reste à 25%. Ensuite, toute augmentation dans le capital sera soumise à la Commission des Participations et des Transferts ». Créée le 6 août 1986 sous le nom de Commission de la privatisation, cette structure du ministère des Finances est chargée de procéder à l'évaluation des entreprises privatisées tant pour ce qui est de l'évaluation des actifs transférés au secteur privé que pour la détermination des modalités de cession. L’Etat restera donc responsable de l’avenir de DCN. Pour les syndicats de l’entreprise, l’autre grande inquiétude porte sur la nomination de membres de Thales à des postes stratégiques. L’annonce prévue jeudi ne devrait pas répondre à ces interrogations : « Rien n’est encore fait. A partir de l’annonce, il faudra un délai de 3 à 6 mois pour mettre en place la nouvelle équipe de direction ». Selon nos informations, Jean-Marie Poimboeuf, président de DCN, serait logiquement mandaté pour constituer le staff directionnel du nouveau poids lourd de la navale militaire en Europe. Un ensemble qui comptera 12500 salariés.

Naval Group (ex-DCNS)