Divers
L'ex-vedette des douanes Suroît devient le bateau humanitaire Louise Michel

Actualité

L'ex-vedette des douanes Suroît devient le bateau humanitaire Louise Michel

Divers

Avec sa livrée rose, l’ancienne vedette des douanes françaises ne passait pas inaperçue dans le port finistérien de Camaret où le moteur ronronnait en attendant le grand départ. Pourtant, l’équipage qui la transformait en bateau humanitaire est parvenu à garder le secret sur son mécène et à maintenir le flou sur ses futures missions. Rebaptisée du nom de l’anarchiste Louise Michel, le projet a en fait été financé par le célèbre street artist britannique Banksy, a révélé le Guardian.

 

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

 

Cette vedette de 30.8 mètres par 5.8 est l’ancien DF 42 Suroît, construit en 1988 au chantier naval de l’Esterel à Cannes et sistership du DF 41 Avel Gwalarn (offert à la marine libanaise et rebaptisée Al-Kalamoun). Le Suroît a été réformé en 2016 et remplacé à Royan par la vedette garde-côte Seudre, une nouvelle unité construite par Socarenam. Remis à France domaines, le DF 42 a fait l’objet d’une vente publique aux enchères, explique la préfecture maritime de l'Atlantique à Mer et Marine. Capable d’atteindre 27 nœuds, le Louise Michel a l’avantage de pouvoir parvenir rapidement sur la zone d’un naufrage quand il a été signalé. A la tête de l’équipage se trouve l’activiste Pia Klemp, ancienne capitaine du Sea-Watch 3.

 

(© MER ET MARINE)

(© MER ET MARINE)

 

Interrogée par Le Télégramme, en mars dernier, l’une des membres de l’équipage du Louise Michel expliquait faire partie d’« une petite équipe internationale d’une dizaine de marins, professionnels de la mer et du sauvetage, à quai à Camaret pour réparer le Louise Michel. C’est une ancienne vedette des douanes de 1988, achetée récemment à Saint-Malo ». Et d’ajouter : « Nous serons plutôt basés en Méditerranée et nous interviendrons dans les eaux internationales. Grâce à nos formations de mécaniciens, capitaine, sauveteurs, nous viendrons en aide à tous ceux qui en ont besoin, pêcheurs, plaisanciers ou toute personne en difficulté ». Elle insistait enfin : « Nous sommes un organisme de plaisance professionnelle qui ne fonctionne qu’avec des fonds privés et nous ne dépendons d’aucune organisation, quelle qu’elle soit ».

L’information s’est peu ébruitée et le coup médiatique a fonctionné. Au moment où le Louise Michel réalisait ses premiers sauvetages en Méditerranée, l’identité de son illustre mécène a été révélée par le quotidien britannique de référence. Sur les premières photos diffusées par le compte Twitter destiné à la communication du bateau, une petite fille portant un gilet de sauvetage et tendant la main vers une bouée de sauvetage en forme de cœur a été ajoutée sur la livrée, par rapport aux photos que nous avions pu prendre en juin dernier. Ce pochoir évoque « La Petite Fille au ballon », œuvre réalisée en 2002 à Londres, probablement la plus célèbre de Banksy.

Le Louise Michel, désormais immatriculé à Berlin, a appareillé de Burriana, en Espagne, le 18 août. Selon un compte Twitter associé, le navire a rapidement participé à des opérations de sauvetage, permettant de trouver 7 personnes à bord d’une petite embarcation, qui ont été prises en charge par le Sea Watch 4. Puis, alerté par l’avion Moonbird de l’ONG Sea Watch, il est intervenu pour récupérer 89 migrants, dont 14 femmes et 4 enfant, qui avaient pris place à bord d’un bateau pneumatique, jeudi dernier.

Lors d’une deuxième opération, vendredi, le nombre de rescapés est monté à 219. Intenable à bord d’un bateau si petit qui ne pouvait plus se déplacer ainsi chargé. Alors que 33 personnes attendaient dans un canot amarré au Louise Michel, faute de place, les garde-côtes sont intervenus samedi pour évacuer les 49 personnes jugées les plus vulnérables, dont 32 femmes, 13 enfants et 4 hommes. Le Sea Watch 4 a pris en charge le reste des rescapés et, avec 350 personnes à bord (d’autres migrants avaient déjà été secourus), il attend un port sûr pour débarquer.

En réaction, Michèle Rubirola, la maire de Marseille a indiqué que la ville « ouvrira son port ». Elle a demandé à l’Etat de « prendre ses responsabilités ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.