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Mini-sous-marins et conteneurs remorqués: Les nouveaux moyens de transport des trafiquants de drogue

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Mini-sous-marins et conteneurs remorqués: Les nouveaux moyens de transport des trafiquants de drogue

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5.5 tonnes de cocaine pour une valeur de quelques 352 millions de dollars. C'est la prise réalisée le 19 août par l'US Coast Guard au large du Salvador. Particularité de cette tentative de passage, la drogue était transportée à bord d'un semi-submersible. Long d'une quinzaine de mètre et propulsé par des moteurs diesels, cet engin était piloté par quatre hommes. L'équipage a tenté de se débarrasser de la drogue mais 11 ballots ont été retrouvés à proximité. Face au renforcement de la surveillance maritime, les trafiquants n'hésitent plus à recourir à des moyens de transport originaux pour acheminer leur marchandise vers les zones de consommation. L'utilisation de mini-sous-marin ou de coques semi-submersibles pour cette besogne a été révélée il y a quelques années. Une dizaine d'engins ont depuis été saisis. Le dernier a été arraisonné cet été dans les Caraïbes, les autorités colombiennes estimant qu'il devait transporter une dizaine de tonnes de cocaïne.

Bientôt en Europe ?

Généralement, les submersibles sont utilisés pour faire le lien entre les points d'expédition, sur la côte, et des navires se situant en haute mer. Très bas sur l'eau, ils sont quasiment indétectables au radar. Certains peuvent même plonger à d'importantes profondeurs. Ainsi, en 2000, la police colombienne avait découvert un submersible en construction en pleine montagne, dans les Andes. Long de 25 mètres, cet engin était conçu pour parcourir 3000 nautiques et pouvoir plonger à une centaine de mètres de profondeur.
Cette technique de passage pourrait-elle se développer l'Europe ? Un premier élément de réponse est intervenu en 2006 avec la découverte, au nord-ouest des côtes espagnoles, d'un mini-sous-marin. Ce bateau d'une douzaine de mètres, retrouvé abandonné, est soupçonné d'avoir été utilisé par des trafiquants. Ces derniers sont en tous cas soumis à une pression de plus en plus vive des Etats européens et de leurs moyens de contrôle. En Atlantique, la coopération avec les services américains est fructeuse. Cet été, un voilier en provenance des Caraïbes a, ainsi, été intercepté par la marine française avec 600 kilos de cocaïne à son bord (*). En Méditerranée, la lutte contre le narcotrafic s'est soldée, en quelques mois, par la perte d'importantes cargaisons, plusieurs embarcations rapides étant débusquées au large de l'Afrique du nord.

La technique des conteneurs remorqués

Pour dupper les garde-côtes et autres marines, une autre technique, moins coûteuse et très ingénieuse, voit également le jour. Selon les autorités américaines, des conteneurs spécialement conçus pour le transport de drogue sont construits par les trafiquants. Ils sont ensuite attachés par un câble au navire chargé d'acheminer la marchandise et remorqués en pleine mer. A l'instar des chaluts de bateaux de pêche, les conteneurs disparaissent sous l'eau, à quelques dizaines ou centaines de mètres du cargo. En cas d'alerte, le câble peut être simplement sectionné. Récemment, l'office américain de répression de la drogue a contrôlé un navire , sans rien trouver à bord. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'un conteneur rempli de cocaine a été découvert à plusieurs kilomètres du bateau suspect.
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(*) Selon l'office central de la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), 250 à 300 tonnes de cocaïne parviennent chaque année en Europe.