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Mise en orbite du satellite militaire d'observation français CSO-2

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Mise en orbite du satellite militaire d'observation français CSO-2

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Après la mise en orbite de CSO-1 en décembre 2018, le second des trois satellites de la Composante Spatiale Optique (CSO) développée dans le cadre du programme  MUSIS (Multinational Space-based Imaging System) a été lancé avec succès depuis la base de Kourou, en Guyane, le 29 décembre. Il était embarqué par un lanceur Soyouz ST-A. Identique à son aîné, CSO-2 a été placé sur une orbite polaire plus basse, à 480 km, contre 800 km pour CSO-1 (ce qui doit être également le cas de CSO-3, dont le lancement est prévu fin 2021).

 

 

Ces satellites militaires sont des systèmes optiques de reconnaissance et d’identification de très haute résolution permettant de disposer de moyens de surveillance spatiaux de nouvelle génération. Ils vont succéder à la constellation Hélios 2 (deux satellites lancés en 2004 et 2009) avec une couverture, une précision et un rafraichissement des images sensiblement accrus. Cela, grâce notamment à un nouvel instrument optique de très haute résolution fourni par Thales Alenia Space. « Les satellites CSO sont équipés d'un système de pointage très agile et sont contrôlés depuis le sol grâce à un centre d'opérations sécurisé. La constellation offrira une capacité d'imagerie 3D et de très haute résolution, dans les domaines du visible et de l’infrarouge, permettant l'acquisition de jour comme de nuit, afin de maximiser l’utilité opérationnelle. Grâce à son agilité et à sa fiabilité exceptionnelles, le satellite est en mesure de fournir rapidement aux utilisateurs des images de très grande qualité recueillies par l’instrument de Thales Alenia Space, même dans des conditions complexes », souligne Airbus, auquel le Centre national des études spatiales (CNES) a confié fin 2010 le contrat CSO pour le compte de la Direction Générale de l’Armement (DGA).

La commande initiale portait sur deux satellites, avec une option pour un troisième qui a été activée en 2015 lorsque l’Allemagne a rejoint le programme. D’autres pays européens (Belgique, Italie, Suède) font également partie de la « communauté CSO » via des accords bilatéraux. « Les discussions se poursuivent avec d’autres nations pour renforcer la coopération européenne dans le domaine spatial militaire », précise le ministère français des Armées, qui souligne que le lancement réussi du nouveau satellite marque les efforts accrus consentis par la France dans le domaine spatial : « Ce lancement est une illustration concrète du renforcement de nos moyens spatiaux militaires porté par la Loi de programmation militaire 2019-2025. Cette ambition a été réaffirmée par la nouvelle stratégie spatiale de défense annoncée par Florence Parly en 2019, avec 700 millions d’euros supplémentaires d’ici 2025, portant à 4,3 milliards les investissements du ministère des Armées dans le domaine spatial. Elle s’est d’ores et déjà traduite par le lancement du programme ARES dédié aux systèmes de surveillance de l’espace et de défense de nos satellites, et la mise en place du nouveau commandement de l’espace ».

D’ici 2025, l’ensemble des capacités spatiales françaises d’observation, de communication et de renseignement électromagnétique doivent être renouvelées, « pour répondre aux nouvelles menaces et permettre à la France de préserver la liberté d’accès et d’utilisation de l’espace, indispensable à notre autonomie stratégique ».

Pour ce qui est de CSO, une fois la constellation complètement opérationnelle, en 2022, les trois satellites seront notamment capables d’acquérir plus de 800 images par jour.  « Opérationnel depuis près de deux ans, le satellite CSO-1, placé sur une orbite de 800 km pour la mission reconnaissance, démontre ses performances au quotidien en offrant notamment la possibilité de traiter un plus grand nombre de cibles d’intérêt. Dédié à la mission d’identification, le satellite CSO-2 est positionné quant à lui à une orbite plus basse, à 480 km d’altitude, pour offrir une meilleure résolution.  Grâce à ses performances, les utilisateurs des forces armées pourront par exemple identifier l’emploi d’un véhicule léger en environnement urbain et même déterminer la présence d’un armement à son bord. CSO-2 permettra ainsi d’accéder à un plus grand niveau de détails, un atout considérable pour les activités de renseignement. L’arrivée de CSO-3, qui sera positionné à 800 km de la Terre pour compléter la mission de reconnaissance, va augmenter la fréquence de prise de vue des zones d’intérêt. Les trois satellites seront notamment capables d’acquérir plus de 800 images par jour. Les armées disposeront ainsi d’un système complet à la pointe de l’imagerie spatiale ».

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