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Mise à l’eau du second Scorpène brésilien

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Mise à l’eau du second Scorpène brésilien

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L’Humaita, second des quatre sous-marins du type Scorpène réalisés au Brésil avec l’aide de Naval Group, a été mis à l’eau le vendredi 11 décembre par le chantier Itaguaí Construções Navais (ICN). Celui-ci a parallèlement mené à bien la fermeture de la coque épaisse du troisième bâtiment de la série, le Tonelero, qui a partagé ces derniers mois le hall d’assemblage final d’ICN avec le l’Humaita. 

 

Mise à l'eau de l'Humaita (© MARINHA DO BRASIL)

Mise à l'eau de l'Humaita (© MARINHA DO BRASIL)

 

Tête de série du programme S-BR, le Riachuelo, mis à l’eau en décembre 2018, en est depuis cet été au stade des essais en mer. Les essais de plateforme s’achèveront prochainement avec les tests de plongée à profondeur maximale. Puis, au premier semestre 2021, viendront les essais du système de combat (CMS, sonars, armement…) qui devraient se clôturer avec de premiers tirs, sachant que le sous-marin pourra mettre en œuvre les nouvelles torpilles lourdes françaises du type F21 (Naval Group), ainsi que des missiles antinavire Exocet  SM39 (MBDA). Il est équipé de sonars fournis par Thales et de mâts conçus par Safran.

 

Le Riachuelo (© DR)

Le Riachuelo (© DR)

 

Le retard pris par les essais du Riachuelo du fait de la crise sanitaire ont reporté sa livraison au second semestre 2021. Avec aussi un impact sur la construction de ses jumeaux. ICN et la Marinha do Brasil ont acté un nouveau planning sur la base duquel l’Humaita doit être livré au second semestre 2022, le Tonelero au second semestre 2023 et le quatrième et dernier, qui sera nommé Angostura, au second semestre 2024. Le chantier, situé sur l'emprise de la base navale d’Itaguaí, s’attaquera ensuite au programme des premiers sous-marins nucléaires d’attaque brésiliens. Des bâtiments d’environ 100 mètres et 6000 tonnes conçus par les Brésiliens avec l’assistance technique française, sauf sur la partie chaufferie qui fait l’objet d’un développement exclusivement national. La tête de série du programme SN-BR, l'Alvaro Alberto, doit être mise en chantier en 2022 chez ICN pour une livraison espérée d’ici 2033/34. Trois autres sont ensuite prévus.  

 

Vue non définitive du futur SNA brésilien (© MARINHA DO BRASIL)

Vue non définitive du futur SNA brésilien (© MARINHA DO BRASIL) 

Une partie du chantier ICN 

Une partie du chantier ICN avec notamment le hall d'assemblage et le dispositif de mise à l'eau (© ICN) 

 

Les Scorpène commandés dans le cadre d’une série de contrats conclus en 2009 avec la France ont constitué la première étape du programme PROSUB. La finalité de celui-ci est de permettre au Brésil d’acquérir les compétences et capacités industrielles pour rejoindre le club très fermé des pays capables de concevoir, construire et mettre en œuvre des sous-marins à propulsion nucléaire (le Brésil n’ayant pas à ce jour l’ambition de développer des sous-marins mettant en œuvre des armes nucléaires). Pour y parvenir, un transfert de technologie complet est réalisé avec les Scorpène, comprenant la construction du chantier d’Itaguaí et d’une nouvelle base navale attenante, ainsi que le développement d’un réseau local d’équipementiers.

PROSUB intègre également un important volet de formation des ingénieurs et architectes de la marine brésilienne en matière de conception de sous-marins. Il a été assuré par Naval Group, qui avait créé spécialement une école de design à Lorient, dont la mission est aujourd’hui achevée, l’industriel français continuant cependant, si son client en fait la demande, d’apporter son expertise pour le développement du SN-BR.

 

Le Riachuelo dans la nef d'assemblage en février 2018 (© : ICN)

Le Riachuelo dans la nef d'assemblage en février 2018 (© : ICN) 

 

Pour en revenir aux Scorpène brésiliens, ils sont légèrement différents des bâtiments de ce type déjà vendus par Naval Group sur le marché international. Présentant un diamètre identique (6.3 mètres) aux Scorpène réalisés pour le Chili (2), la Malaisie (2) et l’Inde (6), les S-BR sont plus longs et lourds. Ils mesurent 71.6 mètres de long pour un déplacement en surface de 1870 tonnes, contre 66.4 mètres et un peu plus de 1700 tonnes pour les autres sous-marins de ce type en service dans le monde.

L’augmentation de la taille permet d’accroître les réserves en combustible et en vivres, afin de gagner en autonomie, condition impérative compte tenu de l’étendue des eaux brésiliennes. Capables de plonger à 300 mètres, les S-BR pourront ainsi franchir des nautiques de milles et rester en opération sans ravitaillement durant environ un mois. Armés par un équipage de 35 sous-mariniers, avec la capacité d’embarquer 10 personnels supplémentaires, par exemple des forces spéciales, les Scorpène brésiliens sont équipés d’un système de combat Subtics, développé par Naval Group. Doté de six tubes de 533mm, ils pourront emporter jusqu’à 18 armes, avec selon la marine brésilienne une dotation standard de 12 torpilles lourdes et 6 missiles antinavire. D’autres industriels français sont impliqués dans ce programme, comme Thales qui fournit une suite sonar intégrée, le S-Cube, comprenant différents types de senseurs (sonar d’étrave, sonar d’évitement de mines, antennes de flanc et éventuellement antenne remorquée) et les systèmes associés de traitement du signal. Safran livre pour sa part les centrales inertielles (Sigma 40), le mât radar (Série 10), le périscope d’attaque (Série 20) et le mât optronique de veille (Série 30).

- voir notre article détaillé sur le programme PROSUB

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