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Mise sur cale du premier paquebot doté d'une propulsion au GNL

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Croisières et Voyages

C’est le tout premier navire de croisière équipé d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié et ce sera l’un des plus gros du monde. Destiné à la compagnie allemande AIDA Cruises, filiale du groupe italien Costa, l’AIDAnova  a été mis sur cale hier au chantier allemand Meyer Werft. Après la découpe de sa première tôle le 21 février dernier, un élément de 120 tonnes, faisant partie de la quille du futur navire, a été posé dans la grande forme de construction couverte de Papenburg. C’est le premier des 90 blocs qui vont constituer la coque du navire, premier d’une série de deux unités réalisées dans le cadre du projet Helios d’AIDA Cruises.

Livrables à l’automne 2018 et au printemps 2021, ces mastodontes, qui vont devenir les plus gros paquebots construits en Allemagne et battant pavillon européen, afficheront une jauge de 183.900 GT et compteront plus de 2500 cabines. Parmi leurs nombreux locaux publics, il y aura notamment 15 restaurants ainsi que 23 bars et salons.

 

Vidéo de présentation de l'AIDAnova 

 

Version agrandie des AIDAprima et AIDAperla (124.100 GT, 1643 cabines), livrés en 2016 et 2017 par les chantiers japonais Mitsubishi Heavy Industries, les nouveaux fleurons de la compagnie allemande se distingueront donc par leur propulsion au GNL. Si leurs deux aînés ont été les premiers à disposer d’un moteur (sur quatre) fonctionnant au gaz pour réduire les émissions lors des escales, les Helios vont plus loin puisque le GNL servira à produire l’énergie de toutes les fonctions hôtelières, ainsi que pour la navigation. L’appareil propulsif, intégré par le chantier Neptun Werft de Rostock (filiale de Meyer Werft), adopte une motorisation duale avec des machines Carterpillar fonctionnant aussi bien au gaz qu’avec un carburant classique.  Les navires, qui seront armés sous pavillon italien, ont le RINA comme société de classification.

 

Vue du futur AIDAnova (© MEYER WERFT)

 

Les deux Helios font partie d’un programme plus vaste du groupe Carnival, leader mondial de l’industrie de la croisière, pour développer l’emploi du GNL au sein des flottes de ses marques, dont fait partie Costa. L’armateur italien suit d’ailleurs de près sa filiale allemande puisqu’il a lui aussi passé commande au groupe Meyer Werft de deux paquebots dérivés dans le cadre du projet Excellence. Livrable en octobre 2019, la tête de série sera mise sur cale la semaine prochaine au chantier finlandais Meyer Turku. Son sistership sera quant à lui achevé en 2021.

Entretemps, un autre paquebot dérivé, destiné à P&O Cruises, sortira en 2020 de Papenburg alors que Carnival Cruises Lines prendra livraison à Turku de deux unités en 2020 et 2022.

En dehors de ces 7 paquebots destinés au groupe Carnival, deux autres armateurs ont décidé de se lancer dans l’aventure du GNL. Il s’agit de l’Américain RCCL, qui a commandé à Meyer Turku deux géants de 200.000 GT et environ 2500 cabines livrables en 2022 et 2024 (projet Icon). La compagnie italo-suisse MSC Cruises devrait quant à elle prochainement transformer en commande la lettre d’intention signée fin mai avec les chantiers nazairiens. Celle-ci porte sur la construction de quatre paquebots au GNL d’une jauge d’environ 200.000 GT et comptant 2750 cabines, avec des mises en service prévues entre 2022 et 2026 (projet World Class).

Si la proportion des futurs navires de croisière fonctionnant au GNL reste encore minoritaire dans le carnet de commandes mondial, il ne fait aucun doute qu'elle va croître. Et, après les grands paquebots, on notera que des projets commencent à émerger sur le segment des petits navires d'expédition. La technologie, déjà rôdée dans d'autres secteurs maritimes, est en effet prête, alors qu'un nombre croissant de ports mettent en place des solutions d'avitaillement, favrorisant le choix des compagnies. Le gaz représente en particulier une solution au durcissement de la règlementation sur les émissions polluantes, puisqu'il permet d'éliminer les rejets d'oxydes de soufre et d'azote, tout en réduisant significativement celles de particules fines et de dioxyde de carbone. La combinaison du GNL avec d'autres technologies ne fera, en outre, que renforcer la réduction de l'impact environnemental des navires dans les années qui viennent. 

 

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