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Mission accomplie aux Antilles, le Dixmude est rentré à Toulon

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Mission accomplie aux Antilles, le Dixmude est rentré à Toulon

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Engagé dans le cadre de l’opération militaire Résilience de soutien à la lutte contre le Covid-19, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude a regagné hier sa base de Toulon. Il en était parti le 3 avril, en urgence, afin d’acheminer vers la zone Antilles-Guyane du fret sanitaire et des moyens humains et matériels destinés à aider les autorités locales face à l’épidémie de coronavirus.

 

Retour à Toulon du Dixmude hier matin (

Retour à Toulon du Dixmude hier matin (© JEAN-LOUIS VENNE)

Retour à Toulon du Dixmude hier matin (

Retour à Toulon du Dixmude hier matin (© JEAN-LOUIS VENNE)

Le Dixmude débarquant sa batellerie (EDAR et CTM) avant de rejoindre la base navale (

Le Dixmude débarquant sa batellerie (EDAR et CTM) avant de rejoindre la base navale (© FRANCIS JACQUOT)

 

Retour à la base navale sous les jets d'eau (

Retour à la base navale sous les jets d'eau (© FRANCIS JACQUOT)

 

Il y avait notamment à bord 170.000 masques FFP2, un million de masques chirurgicaux et plusieurs centaines de litres de gel hydro-alcoolique. Le bâtiment a aussi amené des renforts en personnel et en moyens aériens, avec deux Puma du 3ème régiment d’hélicoptères de combat l’armée de Terre, un Ecureuil de la Gendarmerie nationale et un Dragon de la Sécurité civile, ainsi que des véhicules, dont un camion pour les pompiers martiniquais. Etaient également présents à bord une équipe du service de santé des armées (avec une vingtaine de médecins, infirmiers, réanimateurs, anesthésistes et une épidémiologiste), un détachement du 1er régiment étranger du génie et un autre du 2ème régiment de Dragons, spécialisé dans la lutte contre les menaces nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques (NRBC).

« Nous sommes partis au moment où la métropole était dans le pic épidémique. Ce n’était pas évident car les marins et les autres personnels laissaient derrière eux leurs familles sans savoir comment tout cela allait évoluer. Mais la mission avait un sens, puisqu’il s’agissait d’aller aider la population dans la zone Antilles-Guyane et tout le monde voulait se rendre utile dans cette période très compliquée et incertaine. Pendant le transit, nous nous sommes préparés aux différents scénarios possibles, à la manière dont nous pourrions aider une fois sur place. Et puis il a fallu apprendre à se protéger, avec l’aide de l’équipe du SSA qui a veillé quotidiennement à notre santé et nous a prodigué des conseils. Il y a aussi eu de la formation avec le 2ème RD sur les procédures de désinfection, par exemple sur les hélicoptères pour éviter les contaminations pendant des évacuations médicales de patients atteints du Covid… », explique un officier embarqué sur le Dixmude.

 

Le Dixmude à Saint-Martin le 17 avril (© MARINE NATIONALE)

Le Dixmude à Saint-Martin le 17 avril (© MARINE NATIONALE)

Puma débarquant du fret depuis le Dixmude à Saint-Martin le 17 avril (© MARINE NATIONALE)

Puma débarquant du fret depuis le Dixmude à Saint-Martin le 17 avril (© MARINE NATIONALE)

 

La traversée de l’Atlantique prend deux semaines, ce qui permet aux 200 membres d’équipage et 130 personnels supplémentaires du Dixmude d’effectuer une période de quatorzaine avant leur arrivée aux Antilles. Le PHA réalise une première escale à Saint-Martin le 17 avril, puis rallie Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 18 et Fort-de-France (Martinique) le 19. Dans ces trois îles, il débarque son fret à quai ou au moyen de ses hélicoptères et ses trois engins amphibies (un EDAR et deux CTM). Une partie de la cargaison débarquée en Guadeloupe est immédiatement transbordée sur le bâtiment de soutien et d’assistance Outre-mer (BSAOM) Dumont d’Urville, basé aux Antilles et fraîchement admis au service actif. Après avoir chargé six conteneurs sur son pont de travail, prévu à cet effet, le Dumont d’Urville a rallié la Guyane pour y apporter cette aide.

 

Débarquement de conteneurs en Guadeloupe le 18 avril (© MARINE NATIONALE)

Débarquement de conteneurs en Guadeloupe le 18 avril (© MARINE NATIONALE)

L'EDAR débarque le camion des pompiers martiniquais (© MARINE NATIONALE)

L'EDAR débarque le camion des pompiers martiniquais (© MARINE NATIONALE)

Décollage du Dragon de la Sécurité civile à Fort de France (© MARINE NATIONALE)

Décollage du Dragon de la Sécurité civile à Fort de France (© MARINE NATIONALE)

Le Dumont d'Urville avec les conteneurs pour la Guyane amenés par le Dixmude (© MARINE NATIONALE)

Le Dumont d'Urville avec les conteneurs pour la Guyane amenés par le Dixmude (© MARINE NATIONALE)

 

Après cette première phase logistique de la mission, le Dixmude restee trois semaines dans le secteur. Les hélicoptères de la Gendarmerie et de la Sécurité civile, débarqués à l’arrivée, vont durant cette période permettre de renforcer les moyens aériens présents sur zone pour effectuer des liaisons inter-îles. Ils sont revenus à bord du PHA en fin de mission et sont rentrés avec lui à Toulon.

Quant aux deux hélicoptères de manœuvre Puma de l’ALAT, ils ont à partir du Dixmude effectué des missions logistiques et des évacuations sanitaires entre les hôpitaux antillais, avec en tout une douzaine d’opérations médicales, dont trois concernant des patients Covid. Les autres évacuations aériennes inter-îles ont été menées au profit de malades souffrant d’autres pathologies nécessitant un transfert vers un service spécialisé et disponible de telle ou telle île. En cela, les Puma ont eux aussi permis de soulager les services d’urgence et optimiser les moyens aériens antillais, notamment ceux de la Sécurité civile dévolus aux évacuations sanitaires. Contrairement à l’Ecureuil et au Dragon qui ont été ramenés en métropole, les deux machines du 3ème RHC sont restées sur place.

Compte tenu de la situation critique dans certaines régions métropolitaine au moment du départ du Dixmude, puis lors de sa traversée de l’Atlantique, les militaires s’attendaient à arriver aux Antilles en plein pic épidémique. S’il n’a jamais été envisagé de transformer le PHA en hôpital flottant, un engagement plus soutenu en matière d’évacuations médicales était attendu. Ce qui ne fut finalement pas le cas puisque l’épidémie a pu être localement contenue et que les hôpitaux antillais n’ont pas été engorgés.

La Marine nationale a donc profité de la présence dans la zone du bâtiment pour effectuer, en complément des opérations sanitaires, d’autres missions. Le Dixmude a pu ainsi patrouiller dans les eaux françaises de la Caraïbe, avec une interaction avec les bâtiments néerlandais (Karel Doorman) et britannique (Argus) eux aussi déployés dans la région, mais aussi effectuer du transport inter-îles de troupes et de véhicules au profit des marsouins du 33ème régiment d’infanterie de marine, stationné aux Antilles.

 

Le Dixmude avec l'Argus et le Karel Doorman (© MARINE NATIONALE)

Le Dixmude avec l'Argus et le Karel Doorman (© MARINE NATIONALE)

 

Les équipes de débarquement du PHA ont quant à elles pu reconnaitre de nombreuses plages de la zone, par exemple aux Saintes, dont certaines n’avaient pas été étudiées depuis un moment où avaient évolué depuis les derniers sondages. Un travail de connaissance précieux en prévision notamment de la prochaine saison cyclonique et de l’éventuelle intervention de moyens amphibies en cas de catastrophe naturelle.

C’est finalement le 12 mai que le Dixmude a quitté Fort-de-France pour rentrer à Toulon, non sans avoir au préalable, pendant le week-end précédent le déconfinement, livré à Saint-Martin une dernière cargaison de masques destinés aux écoles en prévision de la réouverture des classes. « Notre objectif c’était de ne pas venir pour rien, juste amener du fret et faire du présentiel. On a donc fait tout ce que l’on a pu pour se rendre utile, aider et optimiser ce déploiement. Il a fallu composer et évoluer constamment en fonction de besoins qu’on ne pouvait pas anticiper. Mais au final, cette mission a été très active même si la situation sanitaire n’avait rien à voir, et c’est heureux, avec ce qui se passait dans certaines régions en métropole ».

Après le Dixmude, ce sera au tour de l’un de ses deux jumeaux, le Mistral, de rentrer à Toulon, normalement début juillet. Lui-aussi engagé dans l’opération Résilience, il a pour sa part œuvré avec la frégate Guépratte au profit de Mayotte. Les deux bâtiments en sont repartis le 13 mai et ont désormais repris leur déploiement dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc, évoluant actuellement au sein de l’opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie au nord de l’océan Indien. Quant au troisième PHA français, le Tonnerre, après avoir réalisé fin mars le transfert de 12 patients atteints du Covid-19 entre Ajaccio et Marseille, il est resté en réserve à Toulon.

- Voir notre focus détaillé sur les trois PHA du type Mistral

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