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Mission européenne dans le Golfe : la France muscle sa présence

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Mission européenne dans le Golfe : la France muscle sa présence

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La frégate de défense aérienne Forbin a franchi le canal de Suez samedi 15 février, a-t-on appris de sources militaires. Ce bâtiment, l’un des plus puissants de la flotte française, va participer à l’initiative européenne de sécurité maritime dans le Golfe Arabo-Persique. Opérationnelle depuis janvier, cette mission, connue sous le nom d’European Maritime Awareness in the Strait of Hormuz (EMASOH) devrait avoir prochainement un véritable nom de baptême. Dans un contexte de tensions accrues dans la zone, elle a vocation à renforcer la capacité d’appréciation autonome des Européens quant à l’évolution de la situation dans le secteur. Il s’agit, par une présence aéromaritime permanente, de surveiller l’activité maritime et collecter un maximum d’informations, tout en garantissant la liberté de navigation dans le GAP et le détroit d’Ormuz. « Les navires européens préserveront les intérêts des pays européens dans la zone, renforceront la sécurité maritime, et contribueront ainsi à la désescalade régionale. L’enjeu est de taille : c’est par ce détroit, qui sépare de 40 kms Oman et l’Iran, que transite le tiers du pétrole acheminé vers l’Europe par voie maritime », rappelait fin janvier le ministère français des Armées. Les Européens veulent ainsi montrer leur présence et protéger leurs intérêts stratégiques, tout en ayant cette position singulière consistant à parler à « tout le monde » dans cette région où les antagonismes se sont accentués ces derniers mois.  

Cette mission rassemble pour l’heure l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, et le Portugal. Elle est dirigée depuis la base navale française d’Abu Dhabi, où s’est implanté un état-major tactique européen, composé à ce stade d’officiers belges, néerlandais, danois et français.

Déployé dans le secteur depuis la fin novembre, le Courbet, l’une des frégates françaises du type La Fayette, a été le premier bâtiment à intégrer officiellement l’EMASOH. Le Forbin va maintenant lui succéder avec des capacités autrement plus importantes. En service depuis 2010, cette frégate de défense aérienne longue de 153 mètres pour un déplacement de plus de 7000 tonnes en charge dispose de puissants senseurs et moyens de guerre électronique, dont un radar de veille lointaine SMART-L, d’une portée de plus de 400 kilomètres. Côté armement, le Forbin dispose de 48 missiles surface-air Aster, 8 missiles antinavire Exocet MM40, deux tourelles de 76mm, trois canons de 20mm et des tubes lance-torpilles (MU90). 

Ce type de bâtiment, dont la Marine nationale ne possède que deux exemplaires (l’autre FDA, le Chevalier Paul, escorte actuellement le porte-avions Charles de Gaulle), est idéal pour ce type de mission. Car il dispose de puissants moyens de renseignement et constitue un outil militaire très dissuasif.

 

La frégate  néerlandaise De Ruyter (© : US NAVY)

La frégate  néerlandaise De Ruyter (© : US NAVY) 

 

C’est d’ailleurs logiquement sur ce type de frégates que la mission européenne va baser son action dans les mois qui viennent. Ainsi, les Pays-Bas ont dépêché une unité équivalente au Forbin, le De Ruyter, qui arrivera prochainement sur zone.  Ce bâtiment de 144 mètres et plus de 6000 tonnes en charge est équipé d’un radar SMART-L et d’un radar multifonctions APAR. Il est aussi lourdement armé, avec 8 missiles antinavire Harpoon, 64 missiles surface-air (32 SM-2 MR et 32 ESSM), une tourelle de 127mm, un système multitubes Goalkeeper, de l'artillerie légère et quatre tubes lance-torpilles. 

D’autres unités européennes sont appelées à se relayer au sein de l’EMASOH au cours des prochains mois. Le Danemark a notamment prévu d’y envoyer une frégate à partir de septembre prochain.

- Voir notre reportage réalisé en 2016 à bord de la FDA Forbin

 

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