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Mitsubishi ne livrera pas le second paquebot d’AIDA Cruises en 2016

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Alors que le chantier Mitsubishi Heavy Industries n’a toujours pas livré l’AIDAprima, qui va accuser 10 mois de retard, son sistership, prévu initialement pour entrer en flotte en mars 2016, ne sera finalement pas opérationnel avant l’année prochaine. C’est ce qu’a annoncé Carnival Corporation, maison-mère de la compagnie allemande AIDA Cruises (via sa filiale italienne Costa). Le groupe américain a, en effet, confirmé hier qu'il ne prendrait livraison en 2016 que de quatre navires : l'AIDAprima, le Carnival Vista, le Koningsdam et le Seabourn Encore. 

 

L'AIDAprima l'été dernier (© DR)

L'AIDAprima l'été dernier (© DR)

 

L’AIDAprima doit faire ses débuts en Europe au mois d’avril

En septembre dernier, alors que l’AIDAprima venait de débuter ses essais en mer depuis le port de Nagasaki, où il a été construit, MHI estimait qu’il serait en mesure de livrer le navire en décembre. Ce qui n’a donc pas été le cas. Beaucoup plus prudent, son client s’était bien gardé de confirmer ce calendrier, maintenant l’annulation de toutes les croisières de son nouveau fleuron jusqu’au mois d’avril, où il doit débuter sa saison inaugurale en Europe du nord (traversées d’une semaine au départ de Hambourg avec escales à Southampton, Le Havre, Zeebrugge et Rotterdam). On rappellera par ailleurs que l’AIDAstella a été dépêché cet hiver aux Emirats afin de maintenir la saison que devait y réaliser l’AIDAprima, dont la livraison avait été une première fois reportée (en 2014) de mars à octobre 2015.

Un bateau pour la Chine ?

Sans surprise, son sistership, dont l’assemblage a débuté en mai 2014, au moment où son aîné était mis à flot, est donc en retard. Et son armateur, qui espérait quand même le réceptionner cette année, devra donc attendre l’an prochain. Ce sera peut être l’occasion pour AIDA Cruises, qui doit se lancer sur le marché asiatique en 2017, de choisir ce navire pour sa première saison au départ de Chine.

 

L'AIDAprima en cale sèche l'an dernier (© DR)

L'AIDAprima en cale sèche l'an dernier (© DR)

 

Un cauchemar pour les Japonais

En revanche, la commande de ces deux paquebots de 300 mètres, 124.100 GT et 1643 cabines s'est transformé en véritable accident industriel pour les chantiers japonais. MHI, qui avait décroché ce contrat en 2011 à un montant jugé à l’époque très bas par de nombreux observateurs (seulement 1.3 milliard de dollars pour deux bateaux innovants, dont un prototype), espérait ainsi se relancer sur le marché très porteur de la croisière. Au final, le constructeur nippon a vu ses comptes plombés par les surcoûts et retards. Et ses déboires ne favorisent évidemment pas la confiance des clients, surtout dans la croisière où les armateurs ont l’habitude avec les chantiers européens de recevoir leurs bateaux avec une ponctualité remarquable, même quand il s’agit de prototypes.

Le groupe Carnival a d'ailleurs décidé de ne pas poursuivre l'aventure au pays du Soleil Levant et fera construire les prochains paquebots géants de Costa et AIDA, dont le design est clairement basé sur celui des navires réalisés au Japon, aux chantiers Meyer Werft de Papenburg (Allemagne) et Turku (Finlande). Quatre mastodontes de 183.000 GT et 5200 passagers en sortiront entre 2018 et 2020.

Une science complexe

Les déboires rencontrés par MHI prouvent en tous cas que, même pour des constructeurs réputés comme le sont les Japonais, la réalisation de paquebots demeure une science très ardue nécessitant un savoir-faire pointu, un réseau de sous-traitants spécialisés robuste et une solide capacité de management de projets complexes. Si l'on peut imaginer que Mitsubishi ne se remettra pas tout de suite à la croisière, il restera à voir si son expérience échaude d’autres constructeurs asiatiques, comme les Coréens et Chinois, qui lorgnent aussi sur ce marché.