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Mobilisation générale pour retrouver le Grain de Soleil

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De Lorient aux Açores, en passant par La Réunion et bien sûr en Atlantique, la mobilisation se poursuit afin de retrouver les  trois navigateurs français du Grain de Soleil. La balise de détresse du voilier a été déclenchée le 24 avril à 900 km au sud-ouest des Açores, dernière étape de la transatlantique du Grain de Soleil, parti quelques jours plus tôt de Martinique.  

 

 

Le Grain de Soleil (© : DROITS RESERVES)

 

 

Lorsque l’alerte est donnée, les conditions météorologiques sont très mauvaises et ne facilitent pas l’action des secours. Alors que les autorités portugaises suspendent les recherches le 27 avril au soir, les familles et amis de Guillaume Moussette, Etienne Esteulle et Franck Cousin, persuadés qu’il existe un sérieux espoir de retrouver leurs proches, se mobilisent immédiatement. Grâce aux réseaux sociaux et aux media, ils informent l’opinion publique de la situation et reçoivent de très nombreux soutiens. La Marine nationale dépêche aux Açores un avion de surveillance maritime Falcon 50, qui ratisse la mer dès son arrivée le 26 avril, mais tombe malheureusement en panne le lendemain. Le bâtiment d'essais et de mesures Monge, positionné au large des Açores en prévision du premier tir de missile M51 du sous-marin Le Vigilant, est également mobilisé. Son hélicoptère réalise, ainsi, 17 heures de vol, avant que le BEM se retire, au bout de 48 heures, dans la soirée du 30 avril.

 

 

Avion de surveillance maritime Falcon 50 (© : DASSAULT AVIATION)

 

Le BEM Monge, de la Marine nationale (© : MICHEL FLOCH)

 

 

L'Atlantique 2 cliué au sol suite à une avarrie  

 

 

Malgré les jours qui passent et l’absence d’indices probants  (des débris ont bien été aperçus par un appareil portugais mais ils n’ont pas pu être identifiés), la marine française poursuit ses efforts. Le ministre de la Défense, le Lorientais Jean-Yves Le Drian, suit de près cette affaire et le chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Bernard Rogel, donne son accord pour prolonger les recherches. Le Falcon, rentré en France, est remplacé par un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Un appareil doté d’un grand rayon d’action et de senseurs très efficaces, optimisés pour la détection de petits objets sur l’eau. Positionné sur une base militaire des Açores, l’ATL 2 réalise sa première mission le vendredi 3 mai. Une opération délicate car la zone à explorer est extrêmement vaste et éloignée. Ainsi, il faut à l’avion 3 heures pour se rendre sur place et autant pour rentrer, ce qui ne laisse que 3 à 4 heures de temps de recherche effectif. Toujours aucune nouvelle à l’issue de cette sortie. Un second vol est programmé samedi mais, nouveau coup du sort, l’Atlantique 2 est à son tour victime d’une avarie. Peu après son décollage, il rentre à cause d’un problème de moteur. Hier, il était toujours cloué au sol.

 

 

Avion de patrouille maritime Atlantique 2 (© : MARINE NATIONALE)

 

 

7 navires ratissent la zone, bientôt assistés de bateaux affrétés  

 

 

De leur côté, les proches des navigateurs n’ont pas chômé. A partir de leur PC de crise, installé à Locmiquelic, près de Lorient, ils remuent ciel, terre et mer pour engager le plus de moyens possible dans les recherches. Depuis le déclenchement de la balise de détresse, de nombreux navires ont apporté leur concours. En milieu de semaine, via Armateurs de France, toutes les compagnies maritimes ont été alertées, de manière à avertir les équipages des bateaux de commerce naviguant dans la zone et les appeler à la vigilance. De même, les armements à la pêche sont aujourd'hui sollicités, la campagne de thon allant amener de nombreux bateau dans cette zone. La grande plaisance, en période de migration entre les Caraïbes et la Méditerranée, est également en première ligne, avec hier 7 navires, dont un yacht de 50 mètres, qui patrouillaient dans le secteur. Chacun se voit allouer une zone de recherche par le PC de crise, qui coordonne les opérations en mer. Plusieurs dizaines de personnes sont en effet sur le pont à Locmiquelic, où la solidarité joue à plein. Ainsi, des skippers, comme Anne Quéméré, et des routeurs professionnels, apportent leur aide. En fonction des informations fournies par Météo France, la situation est étudiée au plus près, avec un énorme travail de calcul, notamment sur la dérive en fonction du vent et des courants, afin d’estimer au plus près la position éventuelle des naufragés. En plus du PC breton, deux PC délocalisés ont été implantés à Horta, aux Açores, et en Martinique. Un appel aux dons afin de financer les recherches a permis de lever plusieurs dizaines de milliers d’euros. Grâce à cette somme, l’équipe a pu affréter un catamaran et son équipage. Une fois arrivé du matériel de sécurité acheminé depuis Lorient, ce voilier devrait appareiller de Horta à partir de ce lundi après-midi. En parallèle, un second bateau doit être affrété et, avec un équipage constitué à Lorient, et quitter les Açores cette semaine pour renforcer le dispositif. A Locmiquelic, on étudie même aussi la possibilité de louer un avion de surveillance civil doté d’une autonomie suffisante pour travailler sur la zone de recherche. Ce moyen aérien est d’autant plus important que les proches des navigateurs savent bien que la marine ne va pas pouvoir soutenir longtemps l’opération, ses moyens limités étant aussi mobilisés sur d’autres missions. Le second vol de l’Atlantique 2 prévu durant le week-end semblait d’ailleurs devoir être le dernier.

 

 

Guillaume Moussette, Etienne Esteulle et Franck Cousin (© : DROITS RESERVES)

 

 

Un espoir toujours vivace de retrouver les naufragés

 

 

Près de deux semaines après l’émission du signal de détresse, la mobilisation ne faiblit pas. Et l’espoir de retrouver les naufragés demeure vivace. Car le simple déclenchement de la balise est en lui-même un signe de vie. Cette balise est en effet manuelle et, avant de partir, l’équipage du Grain de Soleil avait établi une procédure selon laquelle, en cas d’accident, l’équipement serait mis en fonction par intermittence, afin d’économiser sa batterie. Ainsi, la balise a émis un signal sur une plage de 66 heures, contre une autonomie de 30 heures donnée par le fabricant. Certes, le Grain de Soleil a été pris dans une violente tempête, qui a probablement provoqué son naufrage, mais la météo s’est ensuite améliorée.  Guillaume Moussette, Etienne Esteulle et Franck Cousin sont donc peut être encore là, sur un radeau de survie, perdus quelque part dans l’immensité de l’océan. A Locmiquelic, on veut y croire, expliquant qu’il s’agit de marins aguerris et que le radeau est conçu pour huit personnes, avec à son bord suffisamment de vivre pour trois naufragés durant quinze jours. Reste que, même avec tous les équipements modernes, les retrouver revient, compte tenu de la surface à explorer, à chercher une aiguille dans une botte de foin. D’où, pour les proches, la nécessité dans cette course contre la montre d’avoir sur l’eau et dans les airs tous les moyens disponibles.

Sauvetage et services maritimes