Marine Marchande
Montoir-Gijón : LD Lines repense au ferry

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Montoir-Gijón : LD Lines repense au ferry

Marine Marchande

La filiale de Louis Dreyfus Armateurs, qui exploite depuis septembre 2010 l'autoroute de la mer entre Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, et Gijon, en Espagne, réfléchit au développement de ses capacités sur cette ligne. « Nous sommes en discussion avec des armateurs qui disposeraient des navires qu'il nous faut. Des navires pouvant transporter plus de fret ou plus de passagers ou plus des deux. Nous n'avons pas encore choisi. Tout dépend des projections de fréquentation des passagers au mois d'août 2011 quand le fret est divisé par deux », a expliqué un cadre de la compagnie à WK Transport Logistique.
Pour l'heure, LD Lines (via sa filiale LD Atlantique) exploite sur ce service un unique navire, le Norman Bridge. Construit en 1999 et d'abord conçu pour le fret, ce bateau, affrété par l'armateur français et battant pavillon britannique, peut embarquer 85 camions et près de 400 passagers. Avant même l'ouverture de la ligne, LDA avait imaginé de positionner un ferry entre Montoir et Gijón, afin non seulement d'assurer le transport de remorques, mais aussi de capter le flux de touristes voyageant entre la France et l'Espagne, notamment durant la période estivale, traditionnellement creuse pour les transporteurs routiers.

Le Norman Voyager   (© : LD LINES)
Le Norman Voyager (© : LD LINES)

Le problème des aides publiques

Cette option avait néanmoins été écartée, notamment du fait que la ligne perçoit des aides de la part des Etats français et espagnol (15 millions d'euros sur 4 ans pour chaque pays), ainsi que de l'Europe qui, dans le cadre du fonds Marco Polo, veille à ce que les subventions consenties pour le report des camions de la route à la mer ne serve pas au développement de lignes à passagers. Ainsi, Bruxelles peut défalquer une partie de ses aides (4.2 millions d'euros sur 4 ans) suivant le chiffre d'affaires réalisé par le bénéficiaire sur le segment des passagers.
Tout est donc une question d'équilibre entre une réduction éventuelle des subventions et les gains générés par l'activité « touristique ». En captant les flux estivaux de vacanciers, LD Atlantique peut y parvenir. Mais, pour cela, la compagnie devrait affecter à cette ligne un véritable ferry. L'hypothèse d'un navire du même type que le Norman Voyager (150 pièces de fret, 800 passagers) a déjà été évoquée. Mais d'autres options sont possibles...

Le Norman Bridge à Montoir   (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)
Le Norman Bridge à Montoir (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)

Une ligne qui reçoit un « carton vert » de la part de Mor Glaz

Lancée après une longue gestation, la première autoroute de la mer franco-espagnole vise à désengorger les axes routiers et reporter, par voie maritime, une partie des flux transitant via la France entre la péninsule ibérique et l'Europe du nord. Toujours en première ligne pour défendre les marins et l'environnement (elle avait d'ailleurs demandé que LD Lines exploite le Norman Bridge sous pavillon français), Mor Glaz a, d'ailleurs, récemment dédié un « carton vert » à LD Lines et son autoroute maritime Montoir-Gijón. L'association salue, en effet, l'engagement de l'armateur français dans ce projet visant à réduire le nombre de camions sur les routes, ce qui diminue les émissions de gaz à effet de serre. « Ces initiatives ne peuvent qu'être bénéfiques pour l'homme et l'environnement, ainsi que pour le développement durable du transport maritime. Si les objectifs sur 5 ans étaient atteints, ce seraient 100.000 camions de moins par an sur les routes entre ces deux ports. Ces initiatives doivent être encouragées à la création et au développement », estime Mor Glaz, qui souhaite que « d'autres ports prennent les mêmes initiatives afin de développer les autoroutes de la mer ».

Le Norman Bridge   (© : DROITS RESERVES)
Le Norman Bridge (© : DROITS RESERVES)

Louis Dreyfus Armateurs