Marine Marchande

Actualité

Montoir-Gijón : Une table ronde en préfecture le mois prochain

Pourquoi l’autoroute de la mer entre Montoir-de-Bretagne et Gijón, en Espagne, a-t-elle été un échec ? Peut-elle être relancée et, si oui, sous quelles conditions ? Ces sont les questions sur lesquelles devraient plancher le mois prochain les acteurs concernés par ce dossier. Ils vont en effet se réunir à la préfecture de Nantes le 13 janvier dans le cadre d’une table ronde. Une réunion initiée semble-t-il à la demande du gouvernement et qui, en vérité, arrive tardivement. Louis Dreyfus Armateurs, qui a exploité l’autoroute transgascogne de septembre 2010 à septembre 2014, a bien avant l’échéance des subventions quadriennales martelé que le service n’était économiquement pas viable sans aide publique et qu’à défaut d’un prolongement du soutien des gouvernements français et espagnols, la ligne s’arrêterait. C’est exactement ce qui s’est produit le 17 septembre.

 

De fortes pertes malgré les subventions

 

Curieusement, ce n’est donc que quatre mois plus tard que les pouvoirs publics organisent une table ronde. Que peut-il en sortir ? A la vérité, probablement pas grand-chose. On peut en effet considérer qu’une grande partie de la clientèle a été perdue (ou n’a plus confiance) et que relancer un tel service serait très complexe. D’abord, d’un point de vue financier. Même avec les 30 millions d’euros de subventions des Etats français et espagnol, ainsi que les 4 millions d’euros de l’Europe (Marco Polo), LDA affirme avoir perdu en quatre ans quelques 6 millions d’euros (auxquels se sont ajoutés 4 millions d’euros pour la tentative de diversification vers l’Irlande et l’Angleterre).

 

Roulier de Suardiaz sur la ligne Montoir-Vigo (© NSNP - ANDRE BOCQUEL)

 

Suardiaz s’est engouffré dans la brèche

 

Ensuite, le contexte a changé depuis la fermeture de la ligne, qui a laissé le champ libre à l’armement espagnol Suardiaz pour renforcer son service historique entre Montoir et Vigo. Cette ligne, qui contrairement à celle vers Gijón  dispose d’un fond de cale assuré avec les véhicules neufs et pièces détachées du groupe PSA transitant entre la France et l’Espagne, va exploiter à partir de janvier un second navire. Candidate au fonds Marco Polo, elle a aussi, apparemment, obtenu des garanties de Paris et Madrid pour que les deux Etats soutiennent financièrement sa montée en puissance. Alors que les marges de manœuvre budgétaires sont actuellement très réduites pour les deux pays, on voit mal comment ceux-ci pourraient subventionner deux lignes qui, de l'avis de nombreux acteurs, visent un marché très voisin au niveau des transporteurs routiers. 

Port de Nantes Saint-Nazaire