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Montoir : Greenpeace perturbe un chargement d'uranium sur un cargo russe

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Montoir : Greenpeace perturbe un chargement d'uranium sur un cargo russe

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Vendredi 12 mars, l'organisation écologiste a lancé une action contre le chargement d'une cargaison d'uranium à destination de la Russie. Au terminal conteneurs de Montoir, près de Saint-Nazaire, trois embarcations pneumatiques de Greenpeace se sont positionnées devant le cargo russe Kapitan Kuroptev. Quatre nageurs ont déployé une bannière de 15 m2 avec le message « La Russie n'est pas une poubelle ». Les activistes ont également peint sur la coque du navire un logo radioactif. L'équipage du cargo, avec des lances à incendie, tentait dans le même temps d'écarter les embarcations, qui le bloquaient à quai. Le matin même, un convoi ferroviaire contenant de l'uranium appauvri provenant de l'usine Areva de Pierrelatte était arrivé au port. Destinée à être retraitée, cette cargaison doit rejoindre Tomsk, en Russie, après avoir été débarquée à Saint-Pétersbourg.

Le Kapitan Kuroptev à Montoir, le 12 mars (© : GREENPEACE)
Le Kapitan Kuroptev à Montoir, le 12 mars (© : GREENPEACE)

Jeudi dernier, Greenpeace avait lancé une première action, une dizaine de ses militants bloquant la gare de Valenton (Val de Marne), par où passait le train chargé d'uranium. L'organisation dénonce toujours ces envois vers la Russie. « Ces expéditions scandaleuses de déchets nucléaires en Russie doivent cesser », affirme Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. « Comme les pouvoirs publics ne prennent pas leurs responsabilités en imposant un moratoire immédiat, nous mettons tout en oeuvre pour perturber ces opérations ». Depuis 2006, 33.000 tonnes d'uranium (dont deux tiers d'uranium appauvri) auraient été exportées vers la Russie à des fins de retraitement. Mais, pour le moment, seules 3000 tonnes seraient revenues en France. « Les industriels affirment que les déchets envoyés en Russie sont enrichis pour faire un nouveau combustible. C'est comme si on envoyait aux Russes des oranges déjà pressées pour faire du jus. C'est techniquement faisable, mais si compliqué, si cher, si peu rentable qu'ils ne le font pas », estime Yannick Rousselet.

Le Kapitan Kuroptev à Montoir, le 12 mars (© : GREENPEACE)
Le Kapitan Kuroptev à Montoir, le 12 mars (© : GREENPEACE)

Après ses actions à Valenton et Montoir, Greenpeace pourrait de nouveau tenter de perturber l'acheminement en Russie de l'uranium transporté par le Kapitan Kuroptev. L'Esperanza, l'un des navires de l'organisation, était dès vendredi posté au large de Montoir. Le bateau n'a d'ailleurs pas manqué de lancer une nouvelle action. Après l'appareillage du cargo russe, samedi soir, l'Esperanza s'est approché hier à 1000 mètres et a notifié au commandant sa position « contre les exportations de déchets nucléaires ». Deux embarcations pneumatiques ont été mises à l'eau et se son positionnées entre les deux navires, une banderole « No nuclear waste to Russia » étant déployée. Selon Greenpeace, des gendarmes français étaient présents à bord du Kapitan Kuroptev, un hélicoptère de la Gendarmerie ayant également surveillé la zone.

L'Esperanza suivant le  Kapitan Kuroptev (© : GREENPEACE)
L'Esperanza suivant le Kapitan Kuroptev (© : GREENPEACE)

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