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Mortalité de dauphins : Le pinger, la solution ?
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Mortalité de dauphins : Le pinger, la solution ?

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« Je ne crois pas qu’il existe une solution miracle car il faut agir sur tous les paramètres », pose d’emblée Hélène Peltier, énumérant tous les leviers à utiliser pour inverser cette funeste tendance : « Améliorer nos connaissances, bien définir les pêcheries impliquées afin de prendre des mesures adaptées à chacune d’entre elles, faire de l’observation en temps réel, avec des observateurs sur les bateaux, afin de définir les zones à risques, ou y mettre des caméras embarquées, comme cela se fait en Australie, Nouvelle-Zélande ou au Danemark, rendre les filets plus détectables pour les dauphins ou utiliser des répulsifs acoustiques ».

Inaudibles pour les autres poissons…

Autrement appelé pinger, ce système émet des signaux acoustiques, inaudibles par les poissons et donc sans incidence sur la pêche, afin d’éloigner les dauphins des chaluts pélagiques et de réduire le nombre de captures accidentelles. Même si la prudence reste de mise sur la réelle efficacité de ce système, le groupe de travail ministériel a préconisé son installation sur tous les chalutiers pêchant deux par deux, en 2018.

« Il est trop tôt pour en tirer des conclusions mais l’idée est de généraliser l’utilisation des pingers sur l’ensemble de la flotte en 2019-2020 », confie Sami Hassani, préconisant de s’appuyer sur une campagne expérimentale sur les répulsifs, menée, il y a près de dix ans, par Ifremer, et restée à l’état de prototype. Engagée dans la lutte pour la protection des dauphins depuis 2004, la Ligue des pêcheurs de Bretagne n’a attendu personne : elle a décidé, au 1er décembre 2018, d’installer ces fameux pingers sur tous ses navires pratiquant le chalut pélagique. Dans le cadre du projet Pic (*), des tests réalisés sur trois paires de leurs chalutiers, en 2018, montrent que « les pingers réduisent de manière significative les captures accidentelles, avec une diminution de 65 % du taux de captures accidentelles », peut-on lire sur le site internet (pecheursdebretagne.eu).

Pour un bon fonctionnement du dispositif, trois pingers par bateau sont nécessaires, ce qui représente un investissement de 1 200 € par navire. « Je ne sais pas ce que François de Rugy vient nous dire mais, au lieu de pointer du doigt les chalutiers pélagiques, il serait préférable de faire travailler les scientifiques entre eux pour trouver des solutions et déterminer un modèle économique pour que des industriels y prêtent un œil attentif, avance Olivier Le Nézet. Vous savez, aucun pêcheur n’attrape un dauphin de gaîté de cœur. D’autant que, quand on pêche un dauphin, on ne pêche rien d’autre. Ben oui, vous pensez bien que le dauphin fait fuir les autres poissons… ».
 

(*) Projet financé par France filière pêche et mené en partenariat avec Ifremer et l’observatoire Pélagis.


Un article de la rédaction du Télégramme