Croisières et Voyages
MSC Cruises consolide ses positions avant un nouveau bond capacitaire

Actualité

MSC Cruises consolide ses positions avant un nouveau bond capacitaire

Croisières et Voyages

Avec 160.000 passagers accueillis en 2014 sur ses 12 navires, la compagnie italo-suisse a connu sur le marché français une progression de 6.5% par rapport à l’année précédente. Une hausse sous forme de consolidation puisque, pour la première fois depuis une décennie, MSC Cruises n’a pas mis en service de nouveau paquebot l’an dernier. « Cette évolution s’est faite à capacité constante, à quelques cabines près avec le MSC Armonia, qui a été agrandi et remis en service en fin d’année. La progression est cohérente avec la stratégie de la compagnie. Nous avons mieux rempli nos navires et mieux vendu nos croisières, le panier moyen ayant largement augmenté », se félicite Erminio Eschena, directeur général de MSC Cruises en France.

 

Les quatre Armonia et Lirica sont agrandis et gagnent 200 cabines (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Les quatre Armonia et Lirica sont agrandis et gagnent 200 cabines (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Gagner des parts de marché puis valoriser le produit

Après une période développement unique pour un armateur européen, avec la mise en service de 12 nouveaux navires entre 2003 et 2013, MSC Cruises connait une pause de quatre ans avant l’entrée en flotte de ses prochaines unités, en 2017. Une phase qui lui permet donc de mieux valoriser son offre. Erminio Eschena le reconnait : ces dernières années, la politique commerciale de la compagnie a été très agressive. « C’est normal, comme tout industriel engagé dans un vaste plan de développement, nous sommes au départ allés chercher des volumes pour nous positionner sur le marché ». Aujourd’hui, les choses changent car la compagnie atteint, en quelque sorte, l’âge de la maturité. « Une fois les volumes consolidés, il faut travailler sur la valeur du produit avec des clients acquis à ce choix et, bien sûr, il y a des enjeux de rentabilité pour l’armateur, qui a consenti des investissements colossaux pour arriver à une position de co-leader ».

 

Erminio Eschena, ici aux chantiers de Saint-Nazaire en 2011 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Erminio Eschena, ici aux chantiers de Saint-Nazaire en 2011 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Un marché porteur

Surfant sur l’essor de la croisière, qui a connu ces dernières années une progression remarquable, MSC Cruises récolte aussi les fruits de ses efforts pour se faire connaître auprès du grand public. « La croisière et MSC se sont largement installées dans le panorama du marché français du voyage et si nous vendons mieux, c’est aussi parce que le choix de consommateurs se porte plus facilement sur la croisière en général et sur MSC en particulier. On constate une appropriation d’un produit qui pouvait n’être  auparavant qu’une opportunité. Aujourd’hui, les Français prennent clairement goût à la croisière».

Moins soumise aux nécessités de remplissage qui étaient les siennes lorsque la compagnie prenait livraison d’un gros paquebot chaque année, elle a pu revoir ses tarifs à la hausse, le fameux panier moyen faisant un bond de plus de 20% en France, où MSC Cruises s’est solidement ancrée comme numéro 2 du marché. Avec, selon Erminio Eschena, une clientèle très intéressante. « Les passagers français cherchent des cabines avec balcon et des contenus forts. Le niveau qualitatif est élevé et les Français sont d’ailleurs la première clientèle de la compagnie sur le produit Yacht Club (espace privatif haut de gamme proposé sur les navires de la classe Fantasia, ndlr) ».

 

Paquebot de la classe Fantasia à Marseille (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Paquebot de la classe Fantasia à Marseille (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Un objectif de 170.000 passagers en 2015

Pour 2015, l’objectif d’Erminio Eschena est de poursuivre cette consolidation, avec un niveau de croissance équivalent à 2014, soit environ 170.000 passagers français. « Nous allons continuer de travailler la valeur du produit et des ventes. Nos objectifs initiaux étaient plus importants mais il y a eu des arbitrages sur les capacités. Il a fallu composer avec d’autres marchés, comme l’Espagne, où la compagnie a fait un bond remarquable », explique le patron de MSC France. Erminio Eschena souhaite fidéliser la clientèle, mais aussi continuer de séduire les néo-croisiéristes. « Ceux qui ont intégré la croisière dans leur éventail de choix de vacances augmentent mais notre attention se porte surtout sur les primo-accédants. Grâce à tous le travail entrepris pour mieux faire connaitre la croisière et les opportunités qu’elle représente, nous devons continuer de faire de ce mode de vacances une possibilité pour le plus grand nombre possible de consommateurs ». Et pour cela, la compagnie peut compter sur un réseau de distribution de plus en plus sensible à cette activité, la seule du secteur du tourisme à ne pas avoir été malmenée par la crise. « Il y a quelques années, la croisière était négligée et considérée comme un épiphénomène par les distributeurs. Aujourd’hui, les choses ont complètement changé et la croisière suscite de plus en plus d’attention car elle affiche une croissance à faire pâlir l’industrie du tourisme. Cela s’explique par son rapport qualité/prix imbattable au regard des offres terrestres, mais aussi par le potentiel de croissance très important que nous avons en France. C’est le pays où le ratio des voyages à forfaits est le plus faible comparé à la population touristique. La morphologie du pays n’explique pas tout. C’est aussi une question d’habitude et de comportement, et c’est en train d’évoluer  ».

 

(© MSC CRUISES)

(© MSC CRUISES)

 

Travail sur la qualité du produit et les itinéraires

Pour attirer un nombre toujours plus important de clients, MSC Cruises a entrepris ces dernières années de travailler sur le produit, avec une approche qualitative accentuée. « Nous avons notamment renforcé l’esprit méditerranéen sur nos navires et les retours que nous avons sur l’ensemble du marché européen nous positionnent bien. On constate une vrai reconnaissance du produit par les clients ». La compagnie a également développé ses croisières au départ des ports français, avec par exemple quatre paquebots en tête de ligne à Marseille en 2015, mais aussi une unité aux Antilles en hiver, avec des embarquements à Fort de France et Pointe à Pitre. « Nous sommes très satisfaits de notre développement aux Antilles. Pour notre lancement il y a trois ans, nous avions 12.000 passagers, un chiffre qui a doublé l’année suivante et qui va atteindre 30.000 passagers pour cette saison 2015/2016 ». Avec de nouveaux itinéraires permettant de proposer des séjours de 14 jours en alternant une semaine dans le nord et une semaine dans le sud des Caraïbes.

 

Paquebot de MSC à Venise (© MSC CRUISES)

Paquebot de MSC à Venise (© MSC CRUISES)

 

De manière générale, MSC Cruises continue de diversifier son offre afin de proposer une palette de choix toujours plus vaste. La compagnie développe notamment les croisières longues, avec de nouveaux « Grands Tours » de 14, 21 et 28 nuits sur toute la Méditerranée, et des croisières « maxi » de 8 à 15 nuits à travers la Grande Bleue et l’Europe du nord. « Ces grands voyages visent les clients qui connaissent la croisière, savent qu’une semaine passe très vite et sont à la recherche de valeur ajoutée, avec plus de découvertes et d’escales ». En 2016, l’armateur renforcera notamment son positionnement à Venise, où seront basés quatre navires (MSC Magnifica, MSC Musica, MSC Lirica et MSC Sinfonia) permettant de démultiplier les itinéraires en Adriatique, vers les îles grecques et la Méditerranée orientale. L’hiver 2016/2017 verra également l’arrivée aux Emirats Arabes Unis du MSC Fantasia, le plus gros paquebot exploité jusqu’ici en tête de ligne dans la région, avec un nouvel itinéraire offrant des nuits à quai à Dubaï et Abu Dhabi.

Une programmation très riche donc qui, d’après Erminio Eschena, suscite déjà un vif intérêt de la part de la clientèle : « Nous avons ouvert les ventes pour la saison 2016/2017 et enregistrons une progression à trois chiffres ! Nous avons déjà 10.000 réservations entre l’été 2016 et l’hiver 2016/2017 ».

 

Le projet Vista (© STX FRANCE)

Le projet Vista (© STX FRANCE)

 

Jusqu’à 7 nouveaux paquebots entre 2017 et 2022

Des résultats de bon augure alors que MSC Cruises va, après sa pause de quatre ans, connaître une seconde période de développement considérable à partir de 2017. L’armateur italo-suisse a, en effet, passé commande de quatre paquebots, des options étant toujours en discussion pour trois unités supplémentaires. Et il n’y a dans cette nouvelle flotte que des géants, affichant des capacités encore plus importantes que celles des quatre Fantasia. « C’est une nouvelle phase de développement de très grande envergure, nécessaire pour assurer notre croissance et la mise en place de nouveaux itinéraires. Ces nouveaux navires vont être magnifiques et bénéficient d’une réflexion de fond sur le type de produits dont nous avons besoin pour compléter notre offre. Il en résulte deux concepts différents, tant dans leur design que leur agencement et leur exploitation ».

 

Le projet Vista (© STX FRANCE)

Le projet Vista (© STX FRANCE)

 

Le chantier STX France de Saint-Nazaire est chargé de mener à bien le programme Vista, avec deux navires en commande ferme et deux options. Longs de 315 mètres pour une largeur de 43 mètres, ils afficheront une jauge de 167.600 GT et disposeront de 2250 cabines pour une capacité de 5700 passagers et 1536 membres d’équipage. La découpe de la première tôle de la tête de série est prévue le 20 avril, en vue d’une livraison en mai 2017. Son premier sistership suivra en avril 2019.

 

Le projet Seaside (© FINCANTIERI)

Le projet Seaside (© FINCANTIERI)

 

Dans le même temps, la construction d’un autre prototype débutera en juin chez Fincantieri, en Italie. Il s’agit du programme Seaside, avec deux paquebots livrables en novembre 2017 et mai 2018, auxquels s’ajoute une option pour une troisième unité. D’une longueur de 323 mètres pour une largeur de 41 mètres et une jauge de 154.000 GT, les Seaside compteront 2070 cabines et pourront accueillir 5300 passagers, servis par 1413 membres d’équipage.

 

Le projet Seaside (© FINCANTIERI)

Le projet Seaside (© FINCANTIERI)

 

L’ensemble représente un investissement de 3 milliards d’euros, qui atteindra 5 milliards avec les options. De quoi doubler les capacités de la flotte d’ici 2022 en passant de 1.65 à près de 3.4 millions de passagers. MSC entend ainsi poursuivre son essor et disposer d’un outil naval lui permettant de rayonner sur toutes les mers du globe et de se lancer sur de nouveaux marchés. 

MSC Cruises | Toute l'actualité de la compagnie de croisière et de ses paquebots