Croisières et Voyages
MSC Cruises : L’irrésistible ascension d’un pari familial
ABONNÉS

Focus

MSC Cruises : L’irrésistible ascension d’un pari familial

Croisières et Voyages

Il parait à des années lumières le temps où MSC Cruises prenait livraison de son premier paquebot neuf, le « petit » MSC Lirica (275 mètres, 59.000 GT, 765 cabines). C’était en 2003, à Saint-Nazaire, où l’on découvrait avec un certain étonnement cet armateur un peu particulier, qui allait devenir le premier client du chantier, et son sauveur à plusieurs reprises.

L’aventure des cargos débutée en 1970

A l’époque, MSC, c’était d’abord, et avant tout, les porte-conteneurs. Le cœur d’activité historique du groupe, fondé en 1970 par Gianluigi Aponte. Originaire de Sorrento, près de Naples, le jeune marin italien, qui avait commencé sa carrière comme capitaine dans la compagnie familiale exploitant des voiliers en Méditerranée, se lance alors dans l'aventure du shipping en achetant son premier cargo, le Patricia. L'année suivante, il fait l’acquisition d’un navire plus gros, baptisé Rafaela, du nom de son épouse.

 

Le Rafaela, acquis en 1971 (© MSC)

Le Rafaela, acquis en 1971 (© MSC)

 

Un troisième bateau suit en 1973, constituant le socle de ce qui deviendra l’une des plus grandes « success stories » du monde maritime. Débutant d'abord son activité en Méditerranée, puis vers l'Afrique orientale et la mer Rouge, Mediterranean Shipping Company se développe et s’étend vers les Amériques, l’Océanie et l’Asie. L’armement devient un opérateur global et le numéro 2 mondial du transport maritime conteneurisé. Il aligne aujourd’hui une flotte de 460 porte-conteneurs offrant une capacité de 2.6 millions d’EVP et couvrant 200 routes maritimes, avec 615 ports d’escale. Avec une présence dans 150 pays et quelques 60.000 employés. 

 

Le porte-conteneurs MSC Livorno (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le porte-conteneurs MSC Livorno (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Basé pendant 8 ans à Bruxelles, puis s’installant définitivement à Genève, MSC est restée une affaire de famille malgré l’incroyable croissance de la compagnie en bientôt un demi-siècle. Suisse par la localisation de son siège mais très ancré dans ses racines italiennes, le groupe est aussi présent dans le domaine des ferries. Propriétaire de la SNAV, MSC a notamment pris le contrôle de Grandi Navi Veloci en 2010.

Le groupe, qui génère un chiffre d’affaires d’environ 25 milliards de dollars, est aussi un important opérateur de terminaux portuaires, sa filiale TIL étant présente dans 25 ports à travers le monde. C’est le cas en France où MSC est présent au Havre et à Fos, avec un trafic global pour ces deux ports hexagonaux de 1.4 million d’EVP en 2016.

 

Le Monterey (© MSC CRUISES)

Le Monterey (© MSC CRUISES)

 

De la Flota Lauro à MSC Cruises

MSC s’est mis à la croisière en 1987, à l’occasion du rachat de la Flota Lauro, qui armait notamment le célèbre paquebot Achille Lauro, perdu en océan Indien suite à un grave incendie en décembre 1994. Fin 2000, lorsque la compagnie signe avec les Chantiers de l’Atlantique la commande du MSC Lirica, sa flotte croisière ne compte que trois petites unités âgées, les Monterey (20.000 GT, 700 passagers, 1952), Rhapsody (16.800 GT, 760 passagers, 1977) et Melody (35.000 GT, 1000 passagers, 1982). L’activité est anecdotique au sein du groupe, les capitaines de cargos émérites recevant souvent leur bâton de maréchal avec le commandement de l’un de ces paquebots, qui accueillent aussi, en plus des passagers classiques, les meilleurs clients de l’armateur.

 

Les Opera et Lirica (© MSC CRUISES)

Les Opera et Lirica (© MSC CRUISES)

 

L’arrivée en 2003 du MSC Lirica, puis l’année suivante de son sistership le MSC Opera, va amorcer une spectaculaire transformation. Les deux navires sont très voisins des European Vision et European Stars, livrés en 2001 et 2002 par les Chantiers de l’Atlantique à Festival Cruises, qui s’était ainsi dotée de deux versions agrandies du Mistral, sorti en 1999 de Saint-Nazaire. Il se dit d’ailleurs que les premiers paquebots neufs de MSC étaient à l’origine destinés à Festival, qui n’a pas pu confirmer la commande. La fin de cette compagnie, victime du retournement de conjoncture lié aux attentats du 11 septembre 2001, semble en fait constituer le vrai point de départ de la décision de MSC de se lancer résolument sur le marché de la croisière. Alstom, qui détient alors les chantiers nazairiens, est propriétaire des European Vision et European Stars. Alors que les plans de refinancement présentés par Festival ne sont pas acceptés, la compagnie finit par couler en 2004 et les deux navires sont immédiatement rachetés par MSC, qui les rebaptise Armonia et Sinfonia. L’armateur, dans le même temps, a négocié avec Saint-Nazaire – qui manque cruellement de commandes -  la construction du MSC Musica.

 

Le MSC Musica (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le MSC Musica (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
 

 

Livré en 2006, ce navire de 294 mètres, 92.400 GT et 1275 cabines sera le premier d’une série de quatre, les trois autres le rejoignant en 2007 (MSC Orchestra), 2008 (MSC Poesia) et 2010 (MSC Magnifica). Parallèlement, est lancée une nouvelle classe de paquebots. La tête de série, le MSC Fantasia (333 mètres, 138.000 GT, 1650 cabines) est mise sur cale en avril 2007 et livrée en décembre 2008. Il est suivi à l’été 2009 par le MSC Splendida (ex-Serenata). La crise économique de 2008, qui affecte sérieusement les échanges mondiaux et le transport maritime, retarde ensuite les investissements. Il faudra attendre le printemps 2012 pour voir livré le

MSC Cruises | Toute l'actualité de la compagnie de croisière et de ses paquebots Mediterranean Shipping Company | Actualité de l'armateur MSC