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MSC Napoli : L'intérêt d'avoir renforcé les moyens de sécurité maritime

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MSC Napoli : L'intérêt d'avoir renforcé les moyens de sécurité maritime

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L'affaire du sauvetage du porte-conteneurs MSC Napoli a démontré le bien fondé du renforcement des moyens d'assistance et de sauvetage de la Marine nationale. A cette occasion, les Coast Guards britanniques se sont d'ailleurs révélés particulièrement démunis. Si les Sea King de la Royal Navy, arrivés quelques minutes avant les hélicoptères français, ont assuré l'hélitreuillage des 26 membres d'équipage du Napoli, le 18 janvier, l'ensemble des opérations de mise en sécurité du navire a, ensuite, été mené grâce aux moyens français. Bien que présent, le rôle du remorqueur Anglian Pricess a été des plus limités, se bornant au mouillage des ancres en baie de Lyme. C'est à la suite des naufrages de l'Erika (1999) et du Prestige (2002), que le gouvernement français a décidé de renforcer les moyens matériels mis à la disposition des préfets maritimes. Deux grands remorqueurs d'intervention, d'assistance et de sauvetage (RIAS) ont été commandés. Propriété du groupe BOURBON, les Abeille Bourbon et Abeille Liberté sont affrétés pour une période de 8 ans, renouvelable sur deux périodes de 3 ans. Basés respectivement à Brest et Cherbourg depuis 2005, les deux navires disposent d'une traction au point fixe de 209 tonnes, leur permettant de prendre en charge les plus grands bateaux de commerce, comme les porte-conteneurs géants ou les supertankers.

Affrètements et moyens propres

Si les deux nouveaux RIAS ont remplacé les célèbres Abeille Flandres et Abeille Languedoc à la pointe Finistère et dans la presqu'île du Cotentin, leurs prédécesseurs sont toujours au service de l'action de l'Etat en mer. Affrétés en 1979 suite à la catastrophe de l'Amoco Cadiz, les deux remorqueurs ont été redéployés à Toulon et La Rochelle, permettant ainsi à la marine de disposer de moyens adaptés dans les grandes zones à risques du littoral. En plus des capacités de remorquage importantes, les autorités françaises ont également investi dans des moyens de lutte anti-pollution performants. En propre, la marine dispose de plusieurs navires. Outre les remorqueurs de haute mer Malabar et Tenace, basés à Brest, le bâtiment de soutien de région Elan (Cherbourg) a été doté de moyens de lutte anti-pollution et de récupération de conteneurs. Comme pour les RIAS, l'Etat a également recours aux affétés. En 1988, les Alcyon et Ailette ont rejoint Brest et Toulon. Appartenant à l'armement Surf, ils disposent de capacités de remorquage et de lutte contre la pollution et les incendies. Six ans plus tard, ils ont été rejoints par la Carangue (Les Abeilles International) à Toulon puis, en 2004, par un navire flambant neuf, l'Argonaute, basé à Brest. Egalement propriété de LAI, l'Argonaute est un grand navire spécialisé dans le traitement de la pollution. Il a notamment participé, la semaine dernière, à la pose des barrages flottants autour du MSC Napoli. Enfin, l'année dernière, sous l'impulsion de l'Europe, un câblier d'Alcatel et Louis Dreyfus Armateurs, l'Ile de Bréhat, a été transformé à Brest. Affrété par l'Agence Européenne de Sécurité Maritime, il a été équipé pour embarquer des bras télescopiques, bouées et barrages flottants, ses cuves pouvant désormais servir au stockage des hydrocarbures. Si l'Ile de Bréhat n'est pas, financièrement, pris en charge par la France, le reste des moyens dédiés à l'action de l'Etat en mer a un prix, environ 15.000 euros par jour environ pour l'affrètement de la seule l'Abeille Bourbon. Ce coût est, néanmoins, à mettre en rapport avec les dégâts que peuvent occasionner une marée noire telle que celle de l'Erika, à savoir plusieurs centaines de millions d'euros.

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