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MSC obtient le report de la livraison du Virtuosa en 2021
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MSC obtient le report de la livraison du Virtuosa en 2021

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Après de longues négociations avec les Chantiers de l’Atlantique et Bercy, l’armateur italo-suisse MSC Cruises a conclu un accord entérinant le report à l’année prochaine de la livraison de son prochain paquebot réalisé à Saint-Nazaire, a appris Mer et Marine. La compagnie ne prendra livraison du MSC Virtuosa qu’en février 2021, au lieu d'octobre 2020, et ne commencerait à l’exploiter que le mois suivant, au mieux.

 

Le MSC Virtuosa fin juin (© : BERNARD BIGER)

Le MSC Virtuosa fin juin (© : BERNARD BIGER)

 

Ce report, que nous révélions début mai, a été complexe à obtenir. Car la majeure partie du prix d’un paquebot neuf est payée par le commanditaire à la livraison, le chantier avançant jusque-là l’essentiel des frais, pour un bateau qui, dans le cas présent, coûte 800 millions d’euros. D’un côté, il y a donc l’armateur, dont l’activité est à l’arrêt depuis mars et qui, dans le contexte actuel, a vu sa trésorerie fondre comme neige au soleil, et de l’autre le constructeur, qui ne peut évidemment faire ainsi une croix sur une grosse partie de ses revenus annuels. En arrière-plan bien sûr il y a les établissements bancaires des deux parties, qu’on imagine aisément très tendus sur la question. Et aussi le gouvernement, puisqu’en cas de défaillance d’un client des chantiers, ce sont les caisses publiques qui devraient assumer le gros de la facture.  

L’Etat couvre en effet les montages financiers des paquebots via l’assurance-crédit export de Bpifrance, qui garantit le financement jusqu’à 80% dans le cadre d’un arrangement OCDE. Il en va de même pour d'autres pays avec par exemple comme organismes publics SACE pour l’Italie, Euler Hermes en Allemagne et Finnvera en Finlande. Les services de Bercy ont donc eu un rôle central dans les négociations qui se sont tenues avec MSC, d’autant que l’Etat est aussi l’actionnaire majoritaire des Chantiers de l’Atlantique, dont il détient à ce jour, via l'APE, 84.3%. Evidemment, on ne connait pas la teneur de l’accord conclu et comment, notamment, Saint-Nazaire va gérer financièrement ce report de recettes, sachant qu'un décalage de quelques mois ne semble pas non plus dramatique. Il s'agit tout de même d'un gros morceau pour une entreprise dont le chiffre d'affaires total, en 2019, fut d'1.7 milliard d'euros. 

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