Défense
MTU fournira les moteurs des frégates françaises du programme FTI

Actualité

MTU fournira les moteurs des frégates françaises du programme FTI

Défense

Filiale du groupe Rolls-Royce, le motoriste allemand MTU a été choisi par Naval Group pour fournir les machines des cinq futures frégates de taille intermédiaire (FTI) de la marine française. Chaque bâtiment sera équipé de quatre moteurs diesels MTU 16V 8000 M91L, d’une puissance unitaire de 8000 kW. Il s’agit d’ailleurs de la première commande de la nouvelle version 16 cylindres de la série 8000 du motoriste. Le contrat porte sur l’équipement des cinq futures FTI, soit 20 moteurs en tout, à livrer entre 2020 et 2027.

Les nouvelles frégates de la Marine nationale seront pour mémoire équipées d’une propulsion plus simple que leurs aînées. Elles n’auront pas de turbine à gaz ou de moteurs électriques de propulsion. Leur architecture sera du type CODAD (combined diesel-and-diesel) pour une puissance totale de 32 MW, avec deux couples de moteurs entrainant chacun une ligne d'arbres. La vitesse maximale des bâtiments est prévue pour atteindre 27 nœuds, avec une autonomie de plus de 5000 milles à vitesse économique (15 nœuds).

 

Le moteur MTU 16V de la série 8000 (© MTU)

Le moteur MTU 16V de la série 8000 (© MTU)

 

L’appareil propulsif, s’il est nettement moins complexe que celui des FREMM et donc moins coûteux à l’achat et pour la maintenance, n’offrira évidemment pas les mêmes performances que la motorisation électrique silencieuse pour la lutte anti-sous-marine. Toutefois, assure-t-on chez Naval Group, les exigences en matière de discrétion acoustiques sur les FTI sont très élevées et les choix techniques retenus permettront, même avec une propulsion CODAD, d’obtenir des niveaux très significatifs en termes de capacités de détection. La frégate disposera en outre d’une bonne redondance, étant capable de dépasser les 20 nœuds sur trois moteurs.

Version française de la nouvelle gamme de frégates Belhara de Naval Group, la FTI mesurera 122 mètres de long et affichera un déplacement en charge de 4250 tonnes. Equipé du nouveau radar multifonctions à faces planes Sea Fire de Thales, d’un sonar de coque et d’une antenne remorquée Captas 4 (compact), le bâtiment français est conçu pour mettre en œuvre 16 missiles surface-air Aster 30 et 8 missiles antinavire Exocet MM40, fournis par MBDA, une tourelle de 76mm Leonardo, deux canons télé-opérés de 20mm Narwhal (Nexter), des torpilles MU90, un hélicoptère Caïman Marine (NH90), ainsi qu’un drone aérien SDAM (VSR 700).

La construction de la tête de série doit débuter en 2019 sur le site Naval Group de Lorient, en vue d’une livraison à la flotte française fin 2023. La seconde unité doit intégrer la Marine nationale en 2025 et les tros autres d’ici 2030.

Pour mémoire, Naval Group propose différentes versions de la gamme Belharra à l'export, avec par exemple un module complémentaire portant la longueur de la frégate à 130 mètres. Côté propulsion, cette plateforme est conçue pour pouvoir accueillir les plus gros moteurs diesels du marché (10 MW), permettant d'atteindre la vitesse de 29 noeuds avec une puissance de 40 MW. 

 

Rolls-Royce