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Reportage

Mubarak Marine : 35 ans de services et de construction offshore à Dubaï

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« Cela fait plus de 35 ans que nous avons créé Mubarak Marine avec deux de mes frères, ici à Dubaï. Nous avons connu bien des cycles de l’industrie offshore, comme celui que nous traversons actuellement ». Juma Omaid Mubarak est le patron de Mubarak Marine, un des plus gros groupes maritimes privés des Emirats Arabes Unis. L'entreprise est installée depuis peu au sein du nouveau complexe portuaire Dubaï Maritime City. « Nous avons commencé avec une toute petite flotte et une dizaine de personnes à travailler au service des sociétés pétrolières dans le Golfe ». Pionnier dans ce domaine, la compagnie – qui préfère se définir comme un prestataire de services offshore que comme un armement –  se fait rapidement un nom dans la servitude aux plateformes pétrolières.

« Nous avons progressivement constitué une flotte et des savoir-faire qui permettent d’offrir un service complet aux compagnies ». Remorquage hauturier, barges hôtelières et de transport de marchandises, ponton-grues, vedettes de transport, petits câbliers, vedettes de servitude, releveurs d’ancres… au fil des années la flotte s’étoffe pour atteindre aujourd’hui 38 unités, dont une partie est dédiée au remorquage portuaire dans les ports de Dubaï et Sharjah. « Il y a aussi le sauvetage que nous avons été les premiers à pratiquer dans la zone, dès 1985. Nous avons les bateaux et les marins formés à ces manœuvres spécifiques ». Encore aujourd’hui, Mubarak Marine signe plusieurs contrats LOF (Lloyd’s Open Form) tous les ans.

 

La barge Mubarak Supporter (© DSE)

 

En 1997, le groupe familial décide de créer une filiale dédiée à l’entretien de sa flotte et à la construction navale, Dubaï Shipbuilding & Engineering. Un peu moins de 20 ans plus tard, Sven Pedersen, le Norvégien à la tête de cette filiale, fait les comptes : « en plus de l’activité de réparation navale, nous avons construit une soixantaine de navires, pour Mubarak Marine et pour d’autres ». Rien qu’en 2007-2008, le chantier a réalisé une dizaine de bateaux, principalement destinés au marché local et à la navigation de servitude offshore et portuaire. « Nous achetons des designs que notre bureau d’études adapte aux besoins spécifiés par les clients ». DSE est actuellement en train de terminer un AHTS de 63 mètres de long, le Mubarak Spirit, qui doit être livré dans les semaines à venir. « Puis ce sera le gros chantier du Mubarak Constructor », un navire de construction offshore équipé d’une grue de 300 tonnes et d’une capacité d’hébergement de 224 personnes. Construit sur la base d’un design Ulstein, le navire doit être livré en novembre 2017. Face au ralentissement des commandes de constructions neuves, DSE a relancé, il y a quelques mois, son activité de réparation/conversion mise en sommeil ces dernières années. «Il y a beaucoup de chantiers de maintenance sur la flotte locale, qui doit également évoluer en intégrant des nouveaux équipements comme les grues ou le DP2 ».

 

Vue du futur Mubarak Spirit (© DSE)

Le Mubarak Spirit en construction (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Travaux sur un carrousel  (© DSE)

 

Si le gros coup de frein dans l’offshore a un impact sur Mubarak Marine, « nous avons encore pas mal de travail », constate Juma Obaid Mubarak. « Il y a notamment la maintenance des installations offshore ou des nouveaux projets ici et dans le golfe de Thaïlande, où nous sommes également implantés ». Mubarak vient ainsi de réaliser le câblage du champ de Manifa au large de l’Arabie Saoudite et la construction d’une île artificielle au large d’Abu Dhabi.

Et puis il y a l’Iran, dont l’embargo a été levé par l’Union européenne et dans les jours à venir par les Etats-Unis. « Nous y sommes attentifs, bien entendu, comme tout le monde ici. Il y a des possibilités de marchés mais elles ne sont pas vraiment assurées. Les compagnies iraniennes ne nous ont pas attendus pour se développer, elles ont déjà une flotte, construite notamment en Chine. Nous verrons bien quels seront les éventuels débouchés là-bas ».

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