Marine Marchande
MyFerryLink : Démission de Philippe Caniot

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MyFerryLink : Démission de Philippe Caniot

Marine Marchande

Arrivé fin avril à la présidence du Directoire de MyFerryLink en remplacement de Jean-Michel Giguet, débarqué de son poste par le Conseil de surveillance, Philippe Caniot a remis sa démission. C’est ce que rapportent nos confrères de Nord Littoral, qui évoquent également un possible départ, à venir, de Didier Cappelle et de son fidèle lieutenant, Eric Vercoutre, respectivement président du Conseil de surveillance et secrétaire du Comité d'entreprise de la SCOP SeaFrance.

La démission de Philippe Caniot était demandée par une partie du personnel, dont les officiers de l’armement, qui réclament aussi celle du Conseil de surveillance et souhaitent le retour aux commandes de MyFerryLink du tandem Giguet/Doutrebente.

Pour mémoire, Philippe Caniot, directeur régional Nord-Belgique de Via Location, une société de location de camions et véhicules utilitaires, avait été nommé au Directoire le 13 avril, à la surprise générale. « Il était inconnu dans le milieu maritime et ne connaissait pas ce secteur. Il a été présenté comme un spécialiste des montages financiers qui était en discussion avec des fonds d’investissement et allait trouver une solution, mais rien n’est venu », explique une source proche du dossier. Une solution pour reprendre les navires de l’armement que leur propriétaire, Eurotunnel, a mis en vente. Didier Cappelle et ses proches étaient persuadés qu’ils pourraient poursuivre via une société d’économie mixte soutenue par les collectivités locales. Mais l’investissement était trop élevé et les élus locaux n’avaient pour la plupart aucune intention de devenir otages des syndicalistes calaisiens. Le projet a donc fait long feu et le financement des offres remises à Eurotunnel n’a pas été considéré comme crédible.

Après des mois de conflit interne, Didier Cappelle et ses proches ont joué leur va-tout en mettant sur la touche Jean-Michel Giguet et Raphaël Doutrebente. Mais ils n’ont pas reçu les soutiens escomptés et se retrouvent désormais au pied du mur. Considérant la crise de gouvernance et les prises de position du Conseil de surveillance inadmissibles, Jacques Gounon, le patron d’Eurotunnel, a décidé de ne pas renouveler les contrats liant le groupe ferroviaire à la SCOP SeaFrance. Celle-ci se retrouvera donc début juillet sans navire ni structure de commercialisation (MyFerryLink SAS est filiale à 100% d’Eurotunnel).

Alors que Didier Cappelle fait face à une opposition de plus en plus forte en interne, son départ, de même que celui de sa garde rapprochée, semble désormais inévitable. Comme le rappelle Nord Littoral, le président du Conseil de surveillance est déjà retraité et Eric Vercoutre pourra faire valoir ses droits dans quelques mois.  

Pour ce qui est de la compagnie, il y a encore de l’espoir. Grâce aux jugements favorables obtenus par MyFerryLink devant les tribunaux britanniques, Eurotunnel n’est plus obligé de vendre dans l’urgence la flotte de l’armement et MyFerryLink SAS. Force Ouvrière propose de renouer des liens de confiance avec Eurotunnel via la SCOP actuelle, mais sans Didier Cappelle et Eric Vercoutre, ou à défaut en créant une nouvelle société coopérative. Reste maintenant à convaincre Jacques Gounon, qui après des mois de crise à Calais et face à ses actionnaires, ne reviendra pas sans de solides garanties. 

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