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Mystérieuse vague de boulettes de pétrole dans l’ouest

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Mystérieuse vague de boulettes de pétrole dans l’ouest

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Depuis la fin de semaine dernière, des boulettes d’hydrocarbures s’échouent sur les côtes de l’ouest de la France.  D’un diamètre de 10 à 15 centimètres, les premières sont apparues au cours de la soirée du 5 février à Erdeven, dans le Morbihan. Une pollution similaire a été rapidement signalée à Belle-Ile. Puis les plages vendéennes ont commencé à être touchées, notamment à Noirmoutier et dans la région des Sables d’Olonne, de même que celles de la Loire-Atlantique, à La Baule, Saint-Brévin et autour de la Presqu’île du Croisic. Il ne s’agit en aucun cas d’une marée noire, l’ampleur du phénomène étant limitée. Le plan POLMAR, prévu en cas de pollution maritime majeure, n’a d’ailleurs pas été déclenché. En revanche, le fonds POLMAR sera mis à contribution pour indemniser les communes touchées, qui mobilisent tout de même d’importants moyens humains et matériels pour dépolluer les plages. Les services techniques municipaux, parfois renforcés d’équipes d’intérimaires, interviennent à marée basse pour récupérer les boulettes échouées. Ils sont appuyés par des équipes des services départementaux et par les pompiers. 

 

 

(© : BRUNO BOUVRY - IMAGES DE MER)

(© : BRUNO BOUVRY - IMAGES DE MER)

 

(© : BRUNO BOUVRY - IMAGES DE MER)

(© : BRUNO BOUVRY - IMAGES DE MER)

 

 

Une pollution provenant sans doute d’une épave

 

 

Reste maintenant à connaître la provenance de ces boulettes. Pendant plusieurs jours, l’hypothèse d'un ou plusieurs navires ayant profité des tempêtes qui se sont succédées la semaine dernière pour effectuer des rejets illicites d’hydrocarbures (appelés à tort « dégazages ») a été avancée. Sauf que les images provenant des plages montrent clairement que cette piste n’est pas plausible. Les rejets illicites portent en effet sur des hydrocarbures légers, qui provoquent des irisations en surface, s’évaporent et se diluent assez rapidement dans l’eau. Rien à voir avec les boulettes qui s’échouent ces derniers jours et qui paraissent être constituées de fuel lourd, compact et visqueux. Le rejet volontaire en mer de ce type d’hydrocarbures était donc d’entrée de jeu hautement improbable et la probabilité d’une fuite accidentelle provenant d’une brèche dans une capacité (soute ou cuve) peu crédible. Ces deux hypothèses ont d’ailleurs été écartées hier. Il faudrait, en fait, plutôt s’orienter vers un rejet provenant d’une épave gisant au fond de l’océan. Une piste privilégiée à l’issue des premières analyses réalisées par le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux. « Les premières analyses effectuées par le CEDRE montrent que les hydrocarbures en cause proviennent de fonds anciens ce qui ne valide pas à ce stade l’hypothèse d’un dégazage », indiquait hier la préfecture de Loire Atlantique.

 

 

Le naufrage de l'Erika, en décembre 1999 (© : MARINE NATIONALE - STEPHANE MARC)

Le naufrage de l'Erika, en décembre 1999 (© : MARINE NATIONALE - STEPHANE MARC)

 

 

L’Erika pollue-t-il encore les plages françaises ?

 

 

Dans ces conditions, on pense évidemment au pétrolier maltais Erika, qui a fait naufrage en décembre 1999 au large des côtes bretonnes, provoquant une terrible marée noire sur le littoral atlantique. Alors que le navire s’est brisé en deux avant de couler, une partie de sa cargaison a probablement sombré avec l'épave et, depuis plus de 14 ans, repose au fond de l’eau. L'Erika transportait des résidus de raffinage, qui ont un aspect voisin de celui du fuel lourd. Pour une raison ou une autre (corrosion progressive des cuves, évènement sous-marin, mouvement lié aux effets à grande profondeur de la très forte houle lors des tempêtes…), les restes du pétrolier maltais ont pu rejeter des hydrocarbures qui sont remontés en surface et, du fait de la direction de la houle et du vent la semaine dernière, ont fini par s’échouer sur les plages. Cette hypothèse doit, évidemment, être vérifiée. 

L’approfondissement des analyses du CEDRE, qui réalise des prélèvements sur différents sites, permettra de déterminer la nature exacte des matières qui constituent les boulettes et, de là, identifier leur origine. Le résultat de ces recherches devrait être connu d’ici la fin de semaine.   

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