Construction Navale

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Nantes accueille la conférence scientifique FAST 2017

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Science et Environnement

Hydrodynamisme, nouveaux concepts de coques, outils numériques de simulation, matériaux innovants… C’est une conférence internationale de haut niveau qui se déroule à partir de demain et pendant trois jours à la Cité des Congrès de Nantes. Créé dans les années 90 en Norvège, FAST (Fast Sea Transportation) réunit tous les deux ans des experts mondiaux, avec un tropisme historique pour le transport maritime rapide. Alors que la dernière édition s’est tenue en 2015 à Washington, aux Etats-Unis, c’est la première fois qu’elle a lieu en France, le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN) ayant été chargé de son organisation. « C’est une chance d’accueillir un tel évènement. FAST n’est pas un salon où l’on vend des produits mais est une conférence scientifique et technique de haut niveau. Le but est de proposer un maximum de présentations techniques et de faire se rencontrer des chercheurs et experts venus du monde entier », explique François Duthoit, qui préside FAST 2017.

85 présentations au programme

Le concept de cette conférence est simple. En amont, un « call for paper » invite les scientifiques et experts à faire des propositions de présentations. Celles-ci sont évaluées par un comité, chargé de choisir celles qui intègreront le programme de la conférence : « Nous considérons que cette édition est un succès car nous avons reçu une centaine de propositions, alors que nous n’en attendions pas tant. Elles sont en plus de grande qualité, c’est pourquoi nous en avons sélectionné 85. Cela veut dire que le programme sera très dense pendant trois jours ». Afin que ces dizaines de présentations puissent tenir dans un temps si réduit, chaque orateur devra être concis et percutant, avec seulement 20 minutes pour dérouler, plus 10 minutes supplémentaires pour les questions avec la salle. « C’est très rapide mais cela permet de donner du rythme et d’aller à l’essentiel, sachant que nous avons un public d’experts. Les échanges peuvent ensuite se poursuivre et s’approfondir lors de temps réservés, avec des pauses assez longues, des déjeuners et cocktails ».

Des orateurs venant de 15 pays, dont 8 européens 

Les orateurs viennent de 15 pays, dont 8 européens. « Cela montre que cette conférence est véritablement internationale. Nous avons notamment beaucoup d’Américains, de Scandinaves et aussi une vraie présence des Australiens cette année ». La volonté de la France et de l’Australie de renforcer leur coopération dans le domaine universitaire et de la recherche en marge du contrat géant des futurs sous-marins australiens n’y est sans doute pas étranger. Comme c’est le cas traditionnellement dans le pays hôte, les Français seront également là en nombre, amenant avec eux de nouvelles thématiques, comme celle des matériaux, avec l’emploi du composite, la corrosion, ou encore le biofooling et l’arrivée de la fabrication additive. Le sujet des « Smart Yards », où comment imaginer les chantiers navals du futur avec le développement des nouvelles technologiques et les aspects technico-sociaux liés aux évolutions générationnelles sera également abordé. Le gros des présentations tournera autour de nouvelles technologies, comme l’emploi des appendices, de nouveaux outils de simulation et de modélisation autour des structures et en hydromécanique, les propulsions innovantes...

« La recherche est très vivante dans le domaine maritime »

Bref, du très technique pour une assistance généralement composée d’experts de haute volée, des « seniors » de 45 à 50 ans, mais pas seulement comme le note François Duthoit. « Nous avons aussi toute une population de jeunes, ce qui est très positif puisque cela montre que la relève arrive, qu’il y a des doctorants et donc que la recherche est très vivante dans le domaine maritime. Il faut dire que si le secteur naval n’a pas toujours bénéficié d’une image très porteuse, notamment en France, nous sommes aujourd’hui dans une période favorable et propice à l’innovation, ce qui attire les jeunes. Il y a par exemple ces paquebots formidables qui sortent des chantiers de Saint-Nazaire, des navires militaires à la pointe de la technologie qui naissent chez Naval Group et tout un horizon nouveau autour de la valorisation des océans, cette fameuse croissance bleue qui, chez les industriels et équipementiers, crée de nombreuses opportunités, en particulier dans le domaine des énergies marines ».

Favoriser les échanges

Depuis ses débuts, autour du transport maritime rapide, FAST favorise les échanges entre la recherche académique, les innovations et l’industrie, une fertilisation croisée qui permet de repérer des innovations, confronter les points de vue et avancées sur certaines problématiques, mieux connaître ce qui se pratique ailleurs et, finalement, voir aboutir certains concepts. Ce fut par exemple le cas, aux débuts de FAST, avec les navires perce-vague, pour lesquels cette conférence a constitué un vrai accélérateur.

- Voir le programme détaillé de la conférence sur le site de FAST 2017