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Nantes-Indret : Essais d'un module MESMA pour un sous-marin pakistanais

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Nantes-Indret : Essais d'un module MESMA pour un sous-marin pakistanais

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Après avoir été intégré à un tronçon de coque à Cherbourg, le second Module d'Energie Sous-Marine Anaérobie (MESMA) commandé par le Pakistan est revenu au site DCNS de Nantes-Indret, où il a été réalisé. Cet équipement, qui permet d'augmenter significativement l'autonomie des sous-marins en plongée grâce à un système de propulsion en circuit fermé (anaérobie), est revenu sur les bords de Loire pour subir une campagne d'essais de 6 mois. Après ces tests de qualification et de performance, le module, d'un poids de 160 tonnes, sera livré début 2011, par voie maritime, au Pakistan. L'année prochaine, il sera intégré à l'un des deux sous-marins du type Agosta 90B construits à Karachi avec l'aide technique française. Le chantier de refonte sera effectué par les Pakistanais, avec l'assistance de DCNS. Pour mémoire, le groupe naval français avait réalisé à Cherbourg le premier des trois Agosta 90B pakistanais, un bâtiment mis en service en 1999. Les deux suivants avaient été construits en transfert de technologie à Karashi, le dernier de la série recevant dès sa construction le système MESMA. Intégré dans une section de coque longue de 8.7 mètres, l'ajout de ce module a porté la longueur du sous-marin à 76.2 mètres et le déplacement à 1980 tonnes en plongée. Le Pakistan avait, ensuite, décidé de doter les deux autres sous-marins du système de propulsion anaérobie au cours d'une refonte. A cet effet, deux MESMA supplémentaires ont été commandés à DCNS. Le troisième module est en cours de réalisation à Indret puis, comme l'ensemble actuellement en essais, il rejoindra Cherbourg pour être disposé dans un tronçon de coque.

Un Agosta 90G pakistanais (© : DCNS)
Un Agosta 90G pakistanais (© : DCNS)

Le système MESMA

Faisant tourner un générateur qui alimente une turbine à vapeur, le MESMA fonctionne suivant le même principe que la propulsion nucléaire, la source chaude étant remplacée par de l'éthanol (sur Agosta 90B) ou du diesel (sur Scorpène). « Il s'agit d'une machine à vapeur avec des technologies dérivées du nucléaire », résume un ingénieur. Dans ce schéma, la combustion du carburant crée des gaz à 700 degrés qui vont céder leurs calories à de l'eau. Celle-ci se transforme en vapeur, qui va se détendre dans la turbine, qui fait elle-même tourner les alternateurs. Le comburant, qui ne peut être de l'air, est remplacé par de l'oxygène, servant également à alimenter l'équipage en air respirable. Cet oxygène est stocké dans des bouteilles, sous forme cryogénique, à une température de - 183 degrés. Sous cette forme, un litre de liquide correspond à 850 litres d'oxygène à l'état gazeux. Le carburant alimentant la machine peut, quant à lui, être de deux natures. Pour les sous-marins à double coque, comme l'Hamza, la solution de l'éthanol a été retenue. En revanche, pour les bâtiments à simple coque, comme le Scorpène, le gasoil sera utilisé, ce qui permettra d'ailleurs de ne disposer à bord que d'un seul type de combustible, capable d'alimenter à la fois le MESMA et les diesels-alternateurs (lorsque le navire ne se sert plus de l'AIP). Ce système de propulsion en circuit fermé génère toutefois quelques gaz d'échappement, qu'il faut évacuer du sous-marin. Ces gaz de combustion sont principalement constitués de vapeur, qui se dilue naturellement dans l'eau de mer, mais aussi de CO2. Si le gaz carbonique se dissout relativement bien dans l'élément liquide, les ingénieurs de DCNS ont mis au point un système d'échappement spécial, produisant de très petites bulles. Ce dispositif permet une dissolution plus rapide que la vitesse de remontée des bulles vers la surface. La discrétion acoustique du sous-marin n'est donc pas obérée.

Le système MESMA (© : DCNS)
Le système MESMA (© : DCNS)

Naval Group (ex-DCNS)