Vie Portuaire

Actualité

Nantes : Paquebots et bâtiments militaires continueront de venir au quai Wilson

Vie Portuaire

Ces dernières semaines, des professionnels de la place portuaire de Nantes se sont inquiétés de l'éventuel arrêt des escales de navires au quai Wilson, dernier terminal situé près du centre-ville. Les rumeurs évoquaient, en effet, un éventuel arrêté de la préfecture interdisant l'usage du quai pour des questions de sécurité et de sûreté. Il n'en serait finalement rien, assure-t-on au port, même si la préfecture a, semble-t-il, effectivement fait remarquer que le site ne répondait pas totalement aux normes actuellement en vigueur. Le quai Wilson, dont l'activité commerciale a été arrêtée fin 2005 et les grues ferraillées ou transférées sur d'autres terminaux, n'est en effet pas soumis au code ISPS et demeure directement accessible. Les navires de commerce ayant déserté le lieu depuis plusieurs années, à l'exception de quelques bateaux parfois en attente, le quai Wilson ne sert aujourd'hui qu'aux navires de croisière ainsi qu'aux bâtiments de la Marine nationale faisant escale à Nantes.

Navire de croisière en escale à Nantes  (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)
Navire de croisière en escale à Nantes (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)

« En matière de sûreté, il faut remettre les choses à plat. Toutefois, comme nous n'avons que peu d'escales, notamment dans la croisière, avec seulement 5 ou 6 navires par an, on ne peut pas mettre en place une structure lourde. Il faudra donc établir un dispositif de sécurité au cas par cas, en contrôlant l'interface entre le quai et les navires avec des barrières », explique-t-on au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, où l'on assure que les escales à Wilson ne vont pas être interdites. Le quai, bien que nécessitant quelques adaptations légères, demeure très pratique, car il permet aux navires en escale d'être au coeur de l'île de Nantes et à proximité du centre-ville. Son dragage ne poserait, de plus, pas de problème particulier. « Il se fait assez naturellement et nous n'avons qu'à réaliser des finitions quand des navires viennent », explique-t-on au GPMNSN. Le port, qui est propriétaire du site, est néanmoins confronté à un problème puisque dans le cadre de la réforme portuaire, entrée en vigueur en 2011, il ne peut notamment plus être exploitant de terminaux. Or, l'activité est si mince sur le quai Wilson que trouver un opérateur sera très difficile. « Il faudra trouver un exploitant, peut-être l'association pour l'accueil des paquebots à Nantes ».

Le terminal de Cheviré  (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)
Le terminal de Cheviré (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL)

La CGT ne veut pas de bateaux gris ni de paquebots à Cheviré


Le maintient de Wilson est, en tous cas, une très bonne nouvelle pour certains professionnels du port. «Si un jour les navires ne peuvent plus y faire escale, ce sera la mort de la croisière à Nantes. Les opérateurs de paquebots apprécient en effet le quai Wilson, situé près du centre, alors qu'ils rechignent devant la perspective d'envoyer leurs navires en aval, au terminal de Cheviré », assure l'un d'entre eux. Situé au pied du pont éponyme, à plusieurs kilomètres du centre, enserré entre une zone industrialo-portuaire et des terres inondables, Cheviré est également assez mal vu par la Marine nationale, qui envoie chaque année une bonne dizaine de bâtiments en escale à Nantes. Les militaires considèrent en effet que le terminal est situé trop loin de la ville, ce qui rend difficile les sorties de l'équipage et l'organisation de visites pour la population, toujours très friande de la venue des bateaux gris. Un nouveau problème a également vu le jour récemment lorsqu'il a été question début février d'amarrer la frégate Latouche-Tréville à Cheviré. La CGT du port s'est, en effet, opposée à la venue d'un navire militaire, tout comme elle refuse celle des paquebots, sur un terminal de commerce. Au final, le Latouche-Tréville a pu être accueilli au quai Wilson mais, compte tenu des marées, a écourté son escale pour repartir aux aurores avec 24 heures d'avance. Reste maintenant à savoir si la frégate Chevalier Paul, attendue à Nantes en mars dans le cadre de la signature de la convention de parrainage qui la liera à la cité des ducs de Bretagne, pourra bien venir. Le bâtiment, flambant neuf, est en effet beaucoup plus gros que le Latouche-Tréville et son tirant d'eau ne lui permet pas de s'amarrer à Wilson. L'escale est donc prévue à Cheviré...
_______________________________________________

- Voir les photos de Nicolas Biraud sur l'escale du Latouche-Tréville

Le Chevalier Paul  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Le Chevalier Paul (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Port de Nantes Saint-Nazaire