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Nantes Saint-Nazaire : 5 terminaux en attente de transfert aux opérateurs

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Nantes Saint-Nazaire : 5 terminaux en attente de transfert aux opérateurs

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D'ici le mois de juin, les conventions de cession de cinq terminaux du port de Nantes Saint-Nazaire devront être signées avec les opérateurs retenus pour les exploiter. Le 14 décembre dernier, quatre protocoles d'accord ont été signés par le Grand Port Maritime et plusieurs sociétés : CGA et SDV pour le terminal conteneurs de Montoir, Sonastock et Atlantique Négoce pour le poste 4 du terminal multivracs de Montoir, MTTM et Sea Invest pour les postes 1 à 3 du terminal multivracs, ainsi que Sonastock pour le terminal céréalier de Rochemaurice. Puis, le 12 janvier, un cinquième protocole a été paraphé avec EDF Trading Logistics et Sea Invest pour l'exploitation du terminal charbonnier. Ces transferts, effectués dans le cadre de la réforme portuaire, ont fait l'objet d'un avis favorable de la Commission Nationale d'Evaluation, à l'exception poste 4 multivracs, pour lequel la CNE n'a pas été saisie (les opérateurs étant déjà propriétaires des outillages).
Suivant les procédures règlementaires, les accords de cession doivent être signés dans un délai de 6 mois, le GPM souhaitant que les actes soient présentés au Conseil de Surveillance du 28 mai.
Suivant le planning actuellement fixé, la signature des conventions de terminaux devrait intervenir à l'automne, le détachement des personnels étant effectif fin 2010/début 2011.

Les discussions avancent lentement

D'ici là, les négociations vont se poursuivre entre le port, les opérateurs et les syndicats. Le transfert de l'exploitation de ces terminaux s'accompagne, en effet, de la cession des outillages et du détachement des personnels, soit en l'occurrence 86 agents liés à l'exploitation (manutention, conduite des engins...). En parallèle, au niveau national, il est prévu d'aboutir au printemps à une convention collective unifiée au niveau de la manutention (qui remplacera la convention UPACIM des ports et la convention UNIM des industries de la manutention). Le texte en est actuellement au stade de la relecture avec organisations syndicales au sein de commissions mixtes. Sur le plan local, les choses semblent avancer lentement à Nantes Saint-Nazaire. Aux dires des dirigeants du port, les uns et les autres ne seraient pas pressés d'entamer les discussions visant à préciser le fonctionnement des nouvelles entités. « On sent bien que les opérateurs ne font pas preuve d'une vivacité conforme à nos espérances. Le personnel est désireux de commencer les discussions mais chacun attend l'autre. Nous avons indiqué au personnel qu'il devait se manifester auprès des opérateurs avec la même ténacité qu'il le fait avec nous », lâche Yves Gauthier, en passe de quitter ses fonctions de président du Directoire du GMP NSN.

La question des effectifs

Alors que les échéances se rapprochent à grand pas, quelques interrogations sont soulevées autour des effectifs. Le personnel lié à l'exploitation des terminaux de Nantes Saint-Nazaire représente 147 personnes. Or, pour les cinq terminaux cédés, qui représentent l'essentiel de l'activité du port (hors trafic énergétique), « seuls » 86 agents vont être détachés. En clair, le port conserve 61 salariés pour les seuls bassins de Saint-Nazaire et le terminal de Nantes (Cheviré), ce dernier faisant l'objet d'un appel à projets dont les réponses seront ouvertes le 1er mars. La disproportion parait donc surprenante et soulève cette question : Y avait-il sureffectifs dans l'établissement public ? « Avant la crise, les personnels étaient bien occupés », assure Jean-Pierre Chalus, successeur d'Yves Gauthier, qui rappelle que les effectifs sur les terminaux cédés ont été « fixés par les opérateurs ». Il conviendra donc de voir, dans les prochains mois ou prochaines années, si les estimations des opérateurs étaient justifiées ou sous évaluées. Rien n'empêche, en effet, les entreprises d'embaucher de nouveaux personnels afin de compléter les équipes constituées d'agents détachés, ceux-ci ayant obtenu, au terme des négociations au niveau national, le maintien de la rémunération et de l'ancienneté, le maintien des droits acquis, ainsi qu'un droit de retour sur 14 ans et une garantie en cas de licenciement économique. Ils n'auront donc pas les mêmes « avantages » que les personnels nouvellement embauchés.

La maintenance dans le flou

Concernant les activités de maintenance, aucune décision n'est encore prise. Sur le port ligérien, 152 agents sont affectés à la maintenance lourde. Une partie est employée sur les installations propres du port, comme les écluses et les formes ; l'autre étant affectée à la maintenance des outillages en train d'être cédés. Quid du devenir de ces derniers ? « Aujourd'hui, nous n'avons pas de visibilité sur la manière dont on appréhende cette question », reconnaît-on à la direction du port. Avant que la réforme soit lancée, en 2008, les manutentionnaires avaient affiché leur volonté de mutualiser les moyens. Mais, depuis, différents opérateurs sont sortis du bois pour reprendre l'exploitation des terminaux. Or, au sein des opérateurs, il n'y a pas que des entreprises de manutention. D'où certaines divergences autour de cette question, pour laquelle le port navigue pour le moment à vue.

Port de Nantes Saint-Nazaire