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Nantes Saint-Nazaire : La grève a déjà coûté au port 500.000 tonnes de trafic

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Nantes Saint-Nazaire : La grève a déjà coûté au port 500.000 tonnes de trafic

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Après un mois et demi de conflit, les ports autonomes commencent à faire les comptes des grèves lancées contre le transfert des activités de manutention aux opérateurs privés. Alors que le port du Havre a vu son trafic de conteneurs baisser de 40%, l'établissement de Nantes Saint-Nazaire estime ses pertes à près d'un demi-million de tonnes. « On devrait approcher les 500.000 tonnes de pertes sèches depuis le début du mouvement, qui a commencé à l'issue de la table ronde du 8 avril », explique-t-on au PANSN. Les terminaux conteneurs, agroalimentaires, multivracs et charbonniers sont touchés dans le secteur de Montoir, ainsi que les sites nantais de Cheviré et Rochemaurice. La situation serait particulièrement sensible pour l'agroalimentaire, où certains chargeurs font état de problèmes d'approvisionnements. Toutes les entreprises travaillant dans le secteur de l'alimentation du bétail rencontreraient des difficultés, alors que les grosses coopératives agricoles de l'Ouest, qui travaillent à flux tendus, sont directement impactées. Le trafic n'est pourtant pas totalement coupé puisque les navires se détournent vers d'autres ports, comme Lorient ou Gand, en Belgique. Mais il semble ensuite difficile d'acheminer les marchandises jusqu'aux clients. Les infrastructures ferroviaires ne sont pas adaptées, pas plus que l'offre en matière de transport routier.
D'ores et déjà, plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette crise. Tout d'abord on peut relever l'intérêt des ports de proximité et la fiabilité de la logistique qui y est associée. Ensuite, les problèmes d'approvisionnements laissent songeur quant à la fragilité de l'économie française et européenne face à une éventuelle rupture des flux commerciaux. Avec une simple grève perlée et des marchandises qui continuent d'arriver dans d'autres ports, en moins de deux mois, le tissu économique rencontre déjà des difficultés. On n'ose, par conséquent, imaginer ce qui pourrait se produire si, pour une raison ou une autre, un point de passage stratégique comme le canal de Suez venait à être fermé. Les navires devraient alors faire le tour de l'Afrique, provoquant une rupture majeure du flux durant trois à cinq semaines.

Port de Nantes Saint-Nazaire