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Nantes Saint-Nazaire : Les collectivités refusent de voter le budget du port

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Nantes Saint-Nazaire : Les collectivités refusent de voter le budget du port

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Pour la première fois, le budget du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire n’a pas été adopté dans sa première présentation hier. Membres de son Conseil d’administration, la région des Pays de la Loire, le département de la Loire-Atlantique, la métropole de Nantes et la communauté d'agglomération de Saint-Nazaire ont refusé de le voter. En cause, les moyens financiers alloués par l’Etat, jugés insuffisants. « Les collectivités demandent à l’Etat de rouvrir au plus vite la négociation sur les missions et les moyens budgétaires pour permettre au Grand Port Maritime de mener des investissements d’avenir indispensables et apporter aux entreprises du territoire une réponse adaptée à leurs besoins immobiliers, fonciers ou logistiques. Le Grand Port Maritime est en effet un outil majeur de développement économique et d’emploi », expliquent les trois collectivités ligériennes. Leurs quatre présidents demandent un rendez-vous en urgence au premier-ministre (qui préside aujourd’hui un Comité interministériel de la mer à Brest) afin disent-ils qu’ Edouard Philippe « précise la stratégie de l’Etat pour le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire ».

Selon Christelle Morançais, qui a succédé récemment à Bruno Retailleau à la tête des Pays de la Loire, « les décisions de l’Etat qui consistent à prélever des dividendes sur le Port et à baisser sa dotation pour le dragage du chenal mettent en risque l’équilibre du GPM ». D'après la région, mobilisée depuis de nombreux mois sur cette question, « pour garantir l’accessibilité au GPM, l’Etat s’était engagé à augmenter sa dotation à hauteur de 17 M€ à partir de 2018, contre les 12M € inscrits au projet de budget pour 2018 ». Et dans ce contexte la collectivité pointe aussi le rôle d’actionnaire de l’Etat : « Bercy prévoit de prélever des dividendes, au moment même où, à la demande de la Commission européenne, le GPM sera soumis à l’impôt sur les sociétés, soit une charge additionnelle de près de 2 M€ ». Cela, alors que la situation financière du GPM est déjà fragilisée par le coût des opérations de dragage (20% du budget soit environ 23 millions d'euros) et les incertitudes qui pèsent encore sur les perspectives des trafics énergétiques, représentant la majorité du tonnage de Nantes Saint-Nazaire.

Pour l'année 2016, le port ligérien a enregistré trafic de 25.5 millions de tonnes, supérieur à l'année précédente. Une première hausse bienvenue après 5 années consécutives de baisse, mais on est encore loin des 37 millions de tonnes réalisés en 2007, l'activité étant passée en 2012, pour la première fois depuis 2000, sous la barre des 30 millions de tonnes. Un seuil considéré comme crucial que le GPM souhaite retrouver à l'horizon 2020 grâce au développement de nouveaux trafics, soutenus par les investissements. 

 

Port de Nantes Saint-Nazaire