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Naufrage de l'Ece : Les hydrocarbures seront pompés mais la coque restera au fond

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Naufrage de l'Ece : Les hydrocarbures seront pompés mais la coque restera au fond

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Depuis le naufrage du chimiquier Ece, le 1er février dernier, à l’ouest de La Hague, les autorités françaises et britanniques négociaient avec l’armateur et le propriétaire de la cargaison les modalités de traitement de l’épave. En sombrant, l’Ece a, en effet, emporté avec lui 10.000 tonnes d’acide phosphorique et une quarantaine de tonnes d’hydrocarbures. Après quatre mois de discussions, il a été décidé de ne pas traiter la coque du navire, située à 70 mètres de fond. Elle « ne présente aucun danger pour la navigation. Celle-ci restera en l’état, sans intervention particulière. Une colonne d’eau libre de 45 mètres sépare en effet le chimiquier de la surface. La présence de l’Ece sera signalée sur les cartes marines », indique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Le navire, battant pavillon des Iles Marshall, avait coulé lors d’une tentative de remorquage par l’Abeille Liberté, après avoir été abordé par le vraquier maltais General Grot-Rowecki.

Un robot sous-marin pour libérer l’acide phosphorique

L’acide phosphorique, qui constituait la cargaison du chimiquier, n’est pas considéré comme dangereux pour l’environnement. Toutefois, la quantité contenue par les soutes, à savoir 10.000 tonnes, étant importante, les autorités préfèrent opter pour une libération progressive dans l’eau de mer, où le produit sera totalement dilué : « L’étude d’impact réalisée par les experts français et britanniques a montré qu’une libération contrôlée et programmée de l’acide phosphorique était envisageable, pour éviter tout impact nocif. Elle sera conduite dans le milieu marin en ouvrant avec un robot télécommandé les panneaux d’accès à chacune des six soutes ». Les simulations et les essais en laboratoire effectués par le CEDRE (Centre de documentation de recherche et d’expérimentations) et l’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) ont montré que l’impact du à l’acide serait d’une part limité à quelques centaines de mètres autour de la coque, et d’autre part, qu’en quelques jours, toute trace mesurable aurait disparu. Une décision similaire avait été prise en 2001 pour une partie des soutes du Iévoli Sun, celles qui contenaient du méthyle éthyle cétone et de l’alcool iso propylique. Les opérations devraient durer jusqu’en septembre et, d’ici là, l’interdiction de pêcher dans une zone de 1000 mètres autour de l’épave sera maintenue.

Lancement d’un appel d’offres pour le traitement des hydrocarbures

Considéré comme l’aspect le plus sensible, le traitement des hydrocarbures et des lubrifiants nécessitera un pompage des soutes de l’appareil propulsif. « Il s’agit d’une quarantaine de tonnes, correspondant aux caisses techniquement accessibles. Il est rappelé que les soutes à combustible principales du navire étaient vides au moment de l’accident », précise la premar. Pour mener cette opération à bien, l’armateur va lancer un appel d’offres international auprès des entreprises spécialisées dans ce type de chantiers. Les autorités françaises et britanniques, qui disposeront d’observateurs permanents sur zone, souhaitent que l’intervention soit réalisée pendant la période estivale, la plus propice au niveau météorologique et océanographique. L’opération devra être achevée au 15 septembre, le chantier étant situé à 16 milles à l’ouest de l’entrée du rail des Casquets, à 25 milles de l’île anglo-normande d’Aurigny et à 50 milles à l’ouest du cap de la Hague.

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