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Naufrage du chalutier lorientais Jordjy II

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Naufrage du chalutier lorientais Jordjy II

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Vendredi 24 janvier, à 20 h 20, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Etel a été alerté du naufrage d’un chalutier, le Jordjy II, immatriculé au port de Lorient. Le navire de 13 m émettait à environ 16 km au nord-ouest de la pointe de Pen-Men de l’île de Groix (56) grâce à l’activation de sa balise de détresse. À bord : le patron pêcheur Régis Drouin et ses deux matelots, qui s'en sont heureusement sortis.

Un important dispositif de secours

Le Cross a immédiatement tenté d’entrer en contact avec le bord, diffusé un message « Mayday relay » et engagé un important dispositif de sauvetage : l’hélicoptère Dragon 56 de la Sécurité civile, la vedette SNS 147 Notre-Dame-de-Calme de la station SNSM de l’île de Groix et la vedette SNS 127 Ar Beg de la station SNSM de Trévignon-Concarneau.

Après avoir « marqué » la balise, Dragon 56 a poursuivi ses recherches. À 21 h 56, l’équipage de la Sécurité civile a localisé un radeau de sauvetage qui dérivait vers le large, « à environ 8 km de la position initiale. Nous avions les jumelles de vision nocturne. Nous avons d’abord aperçu une lampe flash puis une fusée rouge a été tirée du radeau mais il était impossible de distinguer qui était à bord », détaille le pilote.

Sains et saufs

Ne pouvant réaliser de treuillage, l’équipage a passé la main aux sauveteurs groisillons. À 22 h 07, la vedette SNS 147 est venue au contact du radeau à bord duquel se trouvaient les trois marins pêcheurs embarqués à bord du Jordjy II, récemment rénové. « Les naufragés, sains et saufs mais en état d’hypothermie, ont été transbordés puis ramenés au port de Lorient où ils ont été pris en charge par les pompiers. Ils sont restés plus de quatre heures à la dérive sur leur radeau », relate Frédéric Romieux, le patron de la vedette, qui a dû faire face à une visibilité réduite. « Ils étaient en bonne santé. Seul l’un d’eux était légèrement blessé à la tête », a précisé l’officier d’astreinte du Cross.

« On a frôlé le drame. Le bateau était en pêche. Les conditions étaient bonnes. Le bateau a commencé à gîter. Il a sombré en quelques minutes. L’équipage n’a pas eu l’impression d’avoir accroché quelque chose. C’est l’incompréhension », reconnaît Olivier Le Nézet, le président du Comité des pêches et élevage marins de Bretagne. « Un matelot a pu sauter du bateau. Le patron, lui, est resté coincé dans la passerelle. Il a réussi à s’en extraire en cassant en partie un carreau du sabord (l’ouverture sur le flanc du chalutier, NDLR) avec une clé à molette puis en y donnant finalement un coup de tête. Il a alors récupéré in extremis le second matelot, coincé à l’intérieur », poursuit-il.

« L’électronique n’est pas infaillible »

Reste à expliquer ce naufrage, survenu vers 17 h 30. « Des bateaux de pêche présents dans le secteur ont observé des feux rouges à la tombée de la nuit », confirme-t-on à la préfecture maritime. Pourtant, la balise de détresse n’a émis son signal qu’à 20 h 20… Un laps de temps qui interpelle. « L’électronique n’est pas infaillible », glisse Olivier Le Nézet, déjà impatient de connaître les premiers résultats de l’enquête, avant de saluer « une belle opération de solidarité entre pêcheurs. Une dizaine de navires quadrillaient la zone pour les retrouver ».

Un article de la rédaction du Télégramme