Marine Marchande
Naufrage du Sokalique : L'IFM plaide pour une tenue du quart plus sûre

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Naufrage du Sokalique : L'IFM plaide pour une tenue du quart plus sûre

Marine Marchande

Suite au naufrage du caseyeur breton Sokalique, qui a fait un mort la semaine dernière au large du Finistère, l'Institut Français de la Mer plaide, une nouvelle fois, pour une tenue du quart plus sûre à bord des navires croisant dans les eaux européennes : « Depuis de nombreuses années, les Bureaux d'enquêtes après événements de mer les plus conséquents (MAIB britannique et BEAmer français) appellent l'attention de l'OMI, de l'OIT et de l'UE sur les conditions dégradées de tenue du quart à bord d'une bonne partie des caboteurs - en particulier et surtout les plus petits - opérant dans les eaux européennes. Cette situation est engendrée par des équipages souvent insuffisants tant en qualité qu'en quantité et une méconnaissance délibérée des normes des conventions internationales SOLAS et STCW », explique l'IFM qui a, à de nombreuses reprises ces derniers mois, alerté les autorités européennes et internationales sur cette problématique : « Il est à déplorer que tous ces signaux n'aient pas été perçus par les instances communautaires et internationales concernées. On ne peut donc que les réitérer de la façon la plus ferme, d'autant que les outils ou mesures sont connus : de l'utilisation du bras séculier et de contrôle de l'Union Européenne qu'est l'Agence Européenne de Sécurité Maritime AESM, à de nouvelles règles telles que la généralisation imposée de l'AIS, bloquée à l'heure actuelle au niveau du « troisième paquet » et au surplus non prévue pour les plus petites unités de pêche ».

Nicolas Sarkozy souhaite un procès en France

Immatriculé à Morlaix, le Sokalique a fait naufrage dans la nuit du 16 au 17 août, suite à un abordage avec un bateau de commerce. Soupçonné d'être à l'origine de la collision, le vraquier Ocean Jasper a été dérouté vers Brest, où des traces de peintures suspectes ont été découvertes sur son étrave. Le navire est immatriculé aux iles Kiribati, un Etat qui accueille actuellement, selon l'association Robin des Bois, les pires navires en service. Outre le problème de la veille, l'Institut Français de la Mer s'en prend d'ailleurs aux pavillons de complaisance : « Il faut ajouter le constat de la vacuité judiciaire d'une bonne part des pavillons de libre immatriculation. C'est un chantier qu'il faut ouvrir également d'urgence. La complaisance de la justice est la moins tolérable des complaisances ». Conformément à la convention de Montego Bay, le petit Etat du Pacifique a accepté que les autorités françaises poursuivent l'enquête sur le naufrage du Sokalique. Paris ne souhaite, toutefois, pas limiter son rôle aux investigations. Nicolas Sarkozy, qui a assisté hier aux obsèques du pêcheur qui a perdu la vie dans l'accident, a réclamé que le procès se déroule en France.

Pollution en mer et accidents