Marine Marchande
Naufrages de vraquiers : Intercargo demande des enquêtes plus rapides

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Naufrages de vraquiers : Intercargo demande des enquêtes plus rapides

Marine Marchande

Trente-neuf vraquiers de plus de 10.000 tpl ont été entièrement perdus entre 2010 et 2019, selon un rapport sur les accidents de vraquiers d’Intercargo. En tout, 173 marins sont morts dans ces accidents, dénombre l’association d’armateurs.

Le rapport met l’accent sur la perte du Nur Allya, en août 2019. Ce navire de 189.9 mètres de long pour 32.26 de large, transportant du nickel a sombré au large de l’Indonésie, entraînant ses 25 membres d’équipage. Intercargo appelle à une enquête rapide, estimant que « ce n’est qu’en analysant les causes profondes que l’on peut mettre en place les actions appropriées pour s’assurer que ce type d’accident n’arrive jamais plus ».

Intercargo regrette la lenteur des enquêtes, quand elles aboutissent. En effet, sur 39 naufrages, seuls 24 rapports d’enquête (62%) étaient mis à disposition dans la base de données GISIS de l’OMI, fin janvier 2020. L’organisation souligne qu’en moyenne les enquêtes durent 32 mois.

Selon Intercargo, le risque principal reste la liquéfaction qui pourrait être à l’origine de 8 des 39 naufrages (six transportaient du nickel, un du fer et un dernier de la bauxite). Ces seuls naufrages ont coûté la vie de 106 des 179 victimes de naufrages sur des vraquiers. L’OMI expliquait, en alertant sur le risque de liquéfaction de la bauxite : « La liquéfaction se produit lorsqu'une cargaison (qui peut ne pas paraître humide de façon visible) présente un niveau d'humidité conséquent entre les particules. Au cours d'un voyage, le mouvement du navire peut provoquer une liquéfaction de la cargaison et la rendre fluide et visqueuse. Cela peut alors donner lieu au ripage de la cargaison, créer une gîte dangereuse et provoquer un chavirement soudain du navire. En ce sens, une attention et des précautions particulières doivent être prises lorsqu'une cargaison présentant des risques de liquéfaction est chargée sur un navire ».

En revanche, Intercargo se félicite de la modification du dernier amendement du Code maritime international des cargaisons en vrac (IMSBC 05-19). Il entrera en vigueur le 1er janvier 2021 et « incorpore les enseignements tirés de la perte du Bulk Jupiter qui transportait une cargaison de bauxite ». Le code souligne le risque de liquéfaction pour cette cargaison et l’importance de surveiller sa teneur en humidité.

La publication de ce rapport intervient alors que quelques jours plus tôt, la compagnie brésilienne Vale a expliqué qu’elle n’aurait plus recours à d’anciens pétroliers pour transporter du vrac. En 2017, un navire de ce type, le Stellar Daisy, de Polaris Shipping, avait sombré après une défaillance structurelle. Après cet accident, Intercargo demande d’ailleurs, à l’OMI, d’envisager des mesures supplémentaires pour « combler les lacunes identifiées et réduire les risques que d’autres accidents maritimes similaires très graves » ne se produisent.

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