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Nautisme: Pourquoi les chantiers navals bretons résistent face à la crise?
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Nautisme: Pourquoi les chantiers navals bretons résistent face à la crise?

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Après une nouvelle année de progression, la filière nautique subit un coup d’arrêt, conséquence de la crise de la covid-19. À l’inverse des grands constructeurs, les chantiers bretons font mieux que résister, à l’image de Structures, à Combrit .

Avec ses volumes généreux dédiés au voyage, la coque du premier Pogo 44 est en cours de finition sous l’un des ateliers de Kerbenoen, à Combrit (29). L’heure est à l’installation de l’accastillage du dernier né du chantier Structures. Le voilier de près de 13 mètres, dont la mise à l’eau est programmée dans les prochaines semaines, est d’ores et déjà assuré d’un succès commercial : il a déjà été commandé à une vingtaine d’exemplaires avant même d’avoir touché l’eau du port de Sainte-Marine, théâtre d’une magnifique aventure humaine, débutée il y a près de 30 ans, par Christian Bouroullec.

Le capitaine du leader breton du voilier de croisière, aujourd’hui à la tête d’une équipe de 85 salariés, se veut confiant en passant d’un atelier à l’autre. Quelques jours après la livraison d’un nouveau bâtiment de 700 m², qui porte la surface du chantier à 6 300 m², tous les mètres carrés sont occupés.

Une progression de 12 % l’an passé

Comme toutes les entreprises, Structures a été contrainte à réduire son activité pendant la période de confinement. « En mars, j’ai eu peur que des clients annulent leur commande. Mais tout s’est bien passé. Pour nos clients, leur bateau est un projet de vie », sourit le chef d’entreprise. Sans pouvoir rattraper le retard engendré par la crise sanitaire, le chantier naval bigouden terminera l’année sur un léger recul de son chiffre d’affaires. Un ralentissement à relativiser au regard des années passées. Structures a terminé 2019 sur un chiffre d’affaires de 9,8 millions d’euros, en progression de plus de 12 %.

Contrairement aux grands chantiers français, à commencer par Bénéteau, qui annonçait, il y a quelques jours, sa volonté de réduire la voilure, Structures ne réalise qu’une partie infime de son chiffre d’affaires avec les loueurs, un marché sinistré par la crise de la covid et pour lequel les commandes de bateaux ont été annulées avant l’été.

Un salon à Sainte-Marine

Dans ces conditions, 2021 s’annonce plutôt bien pour le constructeur des Pogo, dans l’attente de décisions sur la tenue des salons de Paris et Düsseldorf. Les premières commandes de Pogo 44 vont incontestablement booster l’activité du chantier. L’annulation du grand Pavois de La Rochelle n’y changera rien. Structures a d’ailleurs décidé d’organiser son propre salon, en octobre, pour permettre à ses clients d’essayer toute sa gamme de bateaux. « À moyen terme, on ne sait pas très bien comment les choses vont évoluer. Mais on a une demande phénoménale pour le 44 », poursuit le chef d’entreprise. Le dernier né du chantier pourrait, à ce rythme, rapidement atteindre le succès du 36 pieds, construit à 55 exemplaires depuis 2017.

Toujours dans la course

Une clientèle de plus en plus internationale, à mesure que le chantier monte en gamme. Le sixième 50 pieds sera livré dans les prochains mois à un propriétaire américain. Pour autant, Structures garde toujours les pieds en mer pour continuer à innover. Essence du chantier, la course au large reste présente, au regard de la construction, cette année, d’une dizaine de Pogo 3, le voilier de série du circuit Mini.

Et le succès sportif du Pogo Foiler vient d’offrir l’opportunité au bureau d’études du chantier, toujours en lien avec Guillaume Verdier, de répondre à un nouveau projet de Class 40.

Un article de la rédaction du Télégramme