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Naval Energies : cession ou fermeture, quelques mois pour boucler le dossier

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Naval Energies : cession ou fermeture, quelques mois pour boucler le dossier

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Naval Group a officialisé le 5 février sa décision de se retirer du marché des énergies marines. Sa filiale Naval Energies, créée en 2017 et que l’industriel possède à 100% depuis la fin 2020 suite au rachat des participations de Bpifrance, TechnipFMC et BNP Paribas, sera soit cédée partiellement ou totalement, soit liquidée. « Depuis la création de Naval Energies, son actionnaire Naval Group a beaucoup investi et porté des projets ambitieux pour le développement des énergies marines renouvelables. Malgré les efforts de toutes et de tous, ces projets, engagés pour certains depuis près de 12 ans, ne présentent pas aujourd’hui suffisamment d’assurance de succès économique à court, moyen ou long terme pour Naval Group. Dans ce contexte, Naval Group a mené une revue stratégique afin de rechercher des solutions et estimer les options offertes à Naval Energies. La décision a été prise de lancer un processus visant une cessation des activités incluant la recherche d’un repreneur pour tout ou partie des activités », a expliqué Naval Group, qui se donne quelques mois, en gros jusqu’à l’automne, pour boucler le dossier.

Plusieurs pistes de reprise seraient à l’étude, dont une option apparemment du côté de Technip, qui avait lui-même évoqué le sujet il y a quelques semaines. « Des solutions au sein de Naval Group seront proposées le moment venu aux salariés qui ne seraient pas repris, afin de minimiser l'impact de cette décision en matière d'emploi », dit Naval Group, dont la filiale emploie un peu plus de 100 personnes dans les régions de Brest et de Nantes.

En tout, l’aventure des énergies marines renouvelables aura, depuis ses débuts en 2008, coûté à l'industriel plus de 300 millions d’euros et aucun marché commercial décroché dans les technologies visées. Initialement, du temps de DCNS, l’entreprise misait sur les éoliennes flottantes, l’énergie thermique des mers, les hydroliennes et le houlomoteur. Les deux derniers furent abandonnés ces dernières années mais aucune concrétisation d’importance n’est venue pour les deux autres. Pour y parvenir, Naval Group estime qu’il faudrait encore attendre plusieurs années et maintenir de lourds investissements, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. L’industriel, qui n'a pas la surface financière suffisante pour y parvenir, et a surtout d’autres priorités désormais, préfère se recentrer sur son cœur de métier, le marché naval militaire, pour y mobiliser les ressources nécessaires à la course à l’innovation technologique et au maintien de sa compétitivité. Sans parler des investissements considérables que nécessitent les grands programmes comme les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G), le successeur du porte-avions Charles de Gaulle (PA-NG) ou encore le programme des sous-marins australiens.

Du côté des syndicats, la décision de mettre un terme à l’activité EMR était attendue. Pour autant, ce nouvel échec de Naval Group dans une tentative de diversification a du mal à passer. La CFDT dénonce par exemple un « énorme gâchis » et veut des éclaircissements : « Pour comprendre pourquoi nous en sommes là et pour répondre à toutes ces questions, le PDG de Naval Group a proposé un Audit interne. La CFDT soutien cette démarche car il est pour le moins anormal qu’une entreprise comme la nôtre se retrouve dans cette situation. Les responsabilités devront être assumées et les pistes d’avenir mises en lumière pour que les erreurs ne se reproduisent pas », dit le syndicat, pour qui la priorité est maintenant de reclasser au sein du groupe tous les salariés de Naval Energies qui le souhaitent.

Il restera également à voir quel impact ce dossier aura, en fonction d'une reprise ou d'une fermeture, sur le projet de parc pilote d'éoliennes flottantes de Groix Belle-Ile, qui doivent employer une fondation développée par Naval Energies. 

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