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Naval Energies inaugure son usine d’hydroliennes à Cherbourg

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Réunissant le monde des énergies marines, ICOE et Seanergy ont été l’occasion pour Naval Energies d’inaugurer hier sa nouvelle usine dédiée à l’hydrolien via la filiale OpenHydro. Elle se situe à Cherbourg. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités dont le préfet de la Manche, Jean-Marc Sabathé, représentant de l’État, des principaux élus des collectivités territoriales normandes et de délégations étrangères. Selon le constructeur, l’inauguration de cette usine par Laurent Schneider Maunoury, président de Naval Energies et d’OpenHydro, matérialise le démarrage de la phase industrielle de l’hydrolien et constitue une étape décisive dans le développement de cette énergie renouvelable en France et à l’international.

 

La coupure du ruban lors de la cérémonie d'inauguration (© NAVAL ENRGIES)

 

Après à peine 10 mois de travaux, cette infrastructure a été livrée en janvier et est en cours de préparation en vue de sa prochaine mise en service. D’une surface de 5500 m² au sol (5900 en tout), son atelier principal mesure 150 mètres de long pour 37 mètres de large et 20 mètres de hauteur. Équipée notamment de deux moyens de levage d’une capacité de 87 tonnes, cette usine est conçue pour produire jusqu’à 25 hydroliennes de 2 MW par an. Elle dispose par ailleurs d’un accès direct aux nouveaux quais lourds réalisés sur le port pouvant supporter des charges de 15 tonnes au m2.

 

Naval Energies a déjà isntallée une hydrolienne au Canada, dans la baie de Fundy (© NAVAL GROUP)

 

La production va débuter dans quelques semaines avec l’assemblage de deux turbines de 2MW qui seront destinées à des clients japonais et canadiens, respectivement Kyuden Mirai Energy et Cap Sharp Tidal. Par la suite, Naval Energies espère prendre le relais avec le projet de ferme-pilote Normandie Hydro porté par EDF EN. Celui-ci pourrait voir la réalisation de sept machines installées dans le Raz Blanchard. Mais pour réellement donner un plan de charge convenable à l’usine, il faudra que d’autres projets voient le jour dans l’Hexagone. Les acteurs de cette nouvelle filière, dont Naval Energies est l’une des figures de proue, réclament le lancement d’appels d’offres pour des parcs commerciaux de la part de l’État qui tarde à venir. Ce dernier semble freiner des quatre fers. Mercredi, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé que le gouvernement avait demandé le lancement d’une étude sur l’hydrolien. Si l’exécutif continue d’envisager la création de parcs commerciaux hydroliens, il émet des doutes sur la rentabilité économique de cette technologie. Naval Energies s'emploie donc à convaincre que le passage à l'étape commerciale permettra, à l'instar de l'éolien, de réduire rapidement les coûts. 

 

L'usine (© NAVAL ENERGIES)

 

Naval Energies, indique de son côté que le potentiel mondial de l’énergie hydrolienne représente un marché de plus de 2000 machines. En plus de la France, du Canada, du Royaume-Uni et du Japon, plusieurs pays comme le Chili ou l’Indonésie montrent de réels signes d’intérêt. « Le potentiel de l’hydrolien est de 100 GW, soit 50.000 machines. La technologie des hydroliennes est mûre, elle fonctionne depuis 2006. Nous avons une machine qui tourne depuis plus de 3 ans, de manière continue, sur le site d’essais de l’EMEC, en Ecosse, et nos technologies ont déjà permis d’injecter 1 GWh d’énergie sur différents réseaux électriques, notamment au Canada, avec une hydrolienne qui a fonctionné près de 6 mois et a subi avec succès la plus grande marée du siècle avec le courant le plus fort au monde », souligne Laurent Schneider-Maunoury. Pour le président de Naval Energies : « Nous devons maintenant gagner en maturité sur le produit, la manière dont on fabrique, on assemble, on achète les composants… Ce n’est que de la mise au point industrielle. Les problèmes que nous avons rencontrés sont uniquement liés à des composants qui nous ont été livrés par les fournisseurs avec une mauvaise matière, qui n’était pas compatible avec d’autres et a provoqué une corrosion localisée. Ce n’est pas quelque chose de rédhibitoire, surtout que le reste de notre hydrolienne est parfaitement sain et fonctionnel ».

 

L'usine (© NAVAL ENERGIES)

(© NAVAL ENERGIES)

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