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Naval Energies : pour la CFDT, le gouvernement a « coulé » les hydroliennes

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En ne soutenant pas cette technologie, le gouvernement coule les hydroliennes et Naval Group stoppe l’activité de sa filiale Naval Energies dans le domaine.

Comme l’avait laissé entendre le Président de la République lors de sa venue en Bretagne les 20 et 21 juin 2018, l’Etat n’apportera pas son soutien à l’énergie hydrolienne. C’est une décision grave, très lourde de conséquences industrielles, sociales et environnementales.


Naval Group, via sa filiale Naval Energies, avait de fortes ambitions dans le domaine. Certes, le développement de cette technologie a été émaillé d’erreurs techniques, de difficultés industrielles, d’une organisation pas assez efficace avec sa filiale Open Hydro, de business plans et de projections financières pas suffisamment réalistes. Le management de Naval Group puis de Naval Energies n’est pas exempt de reproches et porte une lourde responsabilité.

Pour autant, pour la CFDT, la technologie des hydroliennes est viable, sa production d’électricité est continue et prévisible (contrairement à l’éolien et à la majorité des autres énergies renouvelables) et son prix du MWh baissera forcément à terme dans le cadre d’une production en série comme pour toutes les autres technologies.

La CFDT condamne d’autant plus la décision du gouvernement que des engagements avaient été pris par l’ancienne majorité et qu’une usine a été construite à Cherbourg et inaugurée il y a quelques semaines seulement, grâce notamment au soutien des collectivités locales. On ne peut, au lendemain de la CPO21, balayer d’un revers de main une technologie que d’autres, ailleurs dans le monde, vont développer et peut-être nous revendre dans quelques années.

Comme l’avait rappelé Laurent Berger dans un courrier adressé au Président de la République le 13 juin, « La CFDT revendique une politique industrielle ambitieuse, au niveau français et européen, en mobilisant les entreprises, structurant les filières et dynamisant la R&D publique dans ces domaines. » et de rajouter « Capitalisant sur des compétences acquises au fil des programmes d’armement, Naval Group a créé Naval Énergies avec le soutien de l’État, qui s’était notamment engagé à offrir des premières perspectives commerciales, indispensables pour lancer le marché et favoriser l’export. » 

Il ne serait pas compréhensible de résumer les choix à des prix (fantaisistes pour certains) du MWh, en faisant abstraction de la création d’emplois industriels et de leur localisation. Parce que le temps de l’industrie lourde s’inscrit dans le temps long, parce qu’une transition
énergétique nécessite de la constance, la CFDT Naval Energies et la CFDT Naval Group attendent autre chose du gouvernement que des décisions qui mettent à mal l’environnement, l’avenir industriel d’une filière en démarrage et par voie de conséquence l’emploi.

La CFDT croit encore et toujours aux Energies Marines Renouvelables et souhaite que le gouvernement en fasse de même et donne les moyens aux industriels Français du domaine.

Communiqué de la CFDT de Naval Group et de Naval Energies, 27/07/18