Energies Marines

Actualité

Naval Energies se recentre sur l'éolien flottant et l'ETM

Energies Marines

Naval Energies, qui avait déjà significativement réduit ses effectifs cette année (ils atteignaient 260 collaborateurs fin 2017), ne va plus compter que 98 salariés après la liquidation de sa filiale irlandaise OpenHydro (102 personnes), spécialisée dans les hydroliennes (voir notre article détaillé sur l'arrêt de cette activité). Les équipes restantes sont mobilisées sur les deux dernières lignes de produits de l’entreprise : l’éolien flottant et l’énergie thermique des mers. Si l’arrêt des hydroliennes est évidemment un coup dur, Naval Energies a selon son président encore de belles cartes à jouer : « Nous sommes une société spécialisée dans les EMR et, même sans les hydroliennes, nous restons et de loin la plus importante. Nous avons toujours la volonté d’être un acteur référent des énergies marines et nous sommes toujours les seuls à avoir plusieurs lignes de produits permettant de répondre dans le monde entier à des besoins qui peuvent selon les zones être satisfaits avec l’ETM ou l’éolien flottant, qui semblent aujourd’hui avoir plus de perspectives commerciales que l’hydrolien », explique selon Laurent Schneider-Maunoury. 

 

(© NAVAL ENERGIES)

 

Le projet de parc pilote de Groix Belle-Ile

Dans le domaine de l’éolien flottant, l’entreprise développe des flotteurs, avec un design original pouvant être réalisé en béton, en acier, ou au travers d’une solution mixte (voir notre article détaillé sur cette technologie). Ce modèle a notamment été retenu pour la ferme pilote que va créer Eolfi entre Groix et Belle-Ile. Elle comprendra quatre éoliennes avec chacune une turbine de 6 MW (Haliade-150 de GE) supportée par une fondation mixte que Naval Energies produira à Brest. « C’est le seul projet en Bretagne et on considère que les conditions de mer sont représentatives à 80% de celles que l’on trouve dans le monde. Cette position est donc stratégique et nous voulons démontrer notre capacité à faire des flotteurs qui répondent aux attentes et aux besoins des turbiniers. Nous sommes à fond sur ce projet où il y a encore beaucoup de travail d’ingénierie ». Si tout va bien, la construction des fondations flottantes devrait débuter en 2020 en vue d’une installation en mer l’année suivante.

 

Centrale ETM côtière (© NAVAL ENERGIES)

 

ETM : Vers des centrales côtières multifonctions 

La seconde activité maintenue par Naval Energies est l’énergie thermique des mers. Un sujet technologiquement complexe sur lequel la société a eu ces dernières années maille à partir, en particulier pour développer des projets de centrales ETM offshore qui nécessitent des conduites de grande taille devant puiser l’eau de mer à grande profondeur. Un véritable casse-tête technique qui a notamment entrainé le gel du projet NEMO aux Antilles. « L’énergie thermique des mers est aujourd’hui dans une logique de développement différente des autres technologies. Nous en sommes encore au stade des prototypes et des premiers de série. L’ETM présente un vrai intérêt pour les zones tropicales car c’est la seule énergie de base renouvelable qui permet de pouvoir remplacer les carburants fossiles dans les zones isolées, en acceptant un prix plus élevé. Aujourd’hui, notre analyse est que les centrales ETM offshore seront, même si les verrous technologiques sont levés, difficiles à rentabiliser. D’ailleurs, plus globalement, la seule création d’électricité ne sera pas suffisante pour obtenir des systèmes économiquement viables. Nous nous orientons donc plus vers des stations onshore ou proches des côtes, couplées avec d’autres produits. Il en effet possible d’utiliser une partie de l’eau puisée en profondeur pour faire de l’aquaculture, car c’est une eau riche en nutriments, mais aussi de la climatisation car elle est froide, et de l’eau potable puisqu’elle est pure ».

Naval Energies poursuit donc activement ses travaux sur l’ETM et a notamment qualifié récemment deux nouvelles générations d’échangeurs thermiques, avec, selon Laurent Schneider-Maunoury, des rendements améliorés jusqu'à 10%.  

 

Naval Group (ex-DCNS)