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Naval Group : 1000 recrutements prévus cette année, dont 300 à Cherbourg

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Le leader européen de la navale militaire continue de muscler ses effectifs, avec pas moins de 1000 recrutements prévus cette année sur l’ensemble de ses sites, dont près des deux tiers sont, selon Naval Group, des créations nettes de postes. Après la période de restructuration qui a vu la société réduire ses effectifs dans les fonctions administratives, l’industriel, qui comptait 13.400 collaborateurs fin 2017, voit ses troupes croître de nouveau pour la seconde année consécutive.

400 métiers et des compétences critiques à entretenir

Le gros des embauches concernent les activités de production, où Naval Group doit entretenir pas moins de 400 métiers différents, souvent de très haute technicité et dont certains sont stratégiques, comme les savoir-faire en matière de soudage de coques épaisses de sous-marins, d’entretien des catapultes à vapeur du porte-avions ou encore celles liées à la propulsion nucléaire. S’y ajoutent les secteurs clés liés aux systèmes de combats, à la réalisation d’équipements critiques ou encore au développement des capacités de cyberdéfense. Sans oublier bien sûr les activités d’ingénierie et la R&D pour la conception de bâtiments et systèmes de nouvelle génération.

Cette année, les sites de Naval Group qui recrutent le plus sont ceux de Cherbourg (construction de sous-marins), Nantes-Indret (propulsion), Toulon-Ollioules (systèmes de traitement d’information) et Saint-Tropez (armes sous-marines).

Forte croissance à Cherbourg

Plus de 300 postes, soit une centaine d’ouvriers et autant de techniciens et d’ingénieurs concernent le seul établissement de Cherbourg, celui où les embauches seront les plus nombreuses cette année et qui a déjà, en 2017,  accueilli 302 nouveaux collaborateurs. Le site a ainsi vu ses effectifs croître de 10% l’an dernier, pour atteindre 2300 salariés, auxquels s’ajoutent quotidiennement un millier de sous-traitants.  

« Un univers de haute technologie et d'excellence »

Pour attirer de nouveaux talents, l’industriel mise sur le caractère unique de ses productions et des perspectives de carrière très intéressantes (*) : « Nous évoluons dans un univers de haute technologie et d'excellence. A Cherbourg, les collaborateurs de Naval Group sont engagés dans la réalisation de l’un des produits industriels le plus complexe jamais réalisé par l’Homme. Nos pratiques professionnelles sont de la plus haute exigence. Chez Naval Group, les salariés ont la possibilité d’évoluer, de développer leurs expertises, de changer de métiers grâce à des passerelles, de prendre des postes à responsabilités. Ce sont bien souvent des métiers passionnants, dans des domaines de haute-technicité, apportant des savoir-faire spécifiques, une forte employabilité et l'opportunité de travailler dans des environnements de pointe ».

 

Le Suffren, tête de série du programme Barracuda (© NAVAL GROUP)

Le Suffren, tête de série du programme Barracuda (© NAVAL GROUP)

 

Barracuda, les sous-marins australiens et les SNLE 3G

Le site doit encore muscler ses effectifs avec la montée en puissance du programme des six sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, dont le premier exemplaire devrait être mis à l’eau l’an prochain alors que trois autres sont déjà en construction. En parallèle, outre les équipes mobilisées sur les programmes Scorpene en Inde et au Brésil, Cherbourg est aussi fortement engagé dans le programme géant des futurs sous-marins australiens, pour lequel a été construit un nouveau bâtiment, qui accueille les équipes françaises, australiennes mais aussi américaines (le système de combat sera fourni par Lockheed Martin) chargées des études des AFS (Australian Future Submarine). 12 sous-marins océaniques à propulsion conventionnelle, dérivés des Barracuda, doivent pour mémoire être construits en transfert de technologie à Adelaide.

Pour Cherbourg, le plus gros morceau est toutefois encore à venir avec le lancement d’un projet considérable, celui des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français de troisième génération (SNLE 3G), dont la production commencera au début des années 2020. « Les études d’avant-projet détaillé de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ont débuté depuis le début de l’année 2017, en cotraitance avec TechnicAtome. Les études technologiques permettant de sécuriser les innovations du programme, débutées il y a plusieurs années déjà, se poursuivent également. Ces travaux impliquent l’ensemble des sites français de Naval Group. Le centre de gravité du programme est situé à Cherbourg », précise l’industriel.

 

(© NAVAL GROUP)

(© NAVAL GROUP)

 

Opération auprès des ouvriers

Après avoir lancé avec succès, en 2017, un job dating adressé aux ingénieurs, qui a généré plus de 700 candidatures avec au final une centaine de recrutements, Cherbourg a organisé le 15 juin une demi-journée dédiée au recrutement d’ouvriers. Les besoins couvrent dans ce domaine des compétences en usinage, mécanique, chaudronnerie et charpente navale sur acier complexe. « Suite à l’annonce de l’organisation de cette demi-journée, moins de trois semaines plus tôt, près de 400 CV nous sont parvenus essentiellement du territoire normand, et pour 80% d’entre eux il s’agissait de candidats qui n’avaient jamais postulé auparavant. Cela démontre l’attractivité retrouvée du groupe, notamment depuis le contrat australien et le changement de nom ».

Sur les 400 CV reçus, les 50 meilleurs profils répondant aux exigences de recrutement d’ouvriers de production ont été sélectionnés. « Les 50 participants ont eu opportunité unique de découvrir certains ateliers du site, et d’avoir un bref aperçu du chantier de construction des sous-marins Barracuda ». Une opération réussie puisqu’une semaine plus tard, des promesses d’embauche ont déjà été signées.

Un travail au long cours pour acquérir certaines compétences

Chez Naval Group, on souligne que beaucoup de ces métiers sont très spécifiques et demandent un délai d’acquisition des compétences long, de l’ordre de 5 ans pour les soudeurs et de 7 ans pour les formeurs. « Notre dynamique de recrutement vise donc à intégrer de nouveaux collaborateurs, à les accompagner dans la durée jusqu’à l’atteinte du niveau d’excellence requis pour la construction de sous-marins. Nous comptons sur ces nouvelles recrues - accompagnées de tuteurs ou mentors -  pour monter en compétences sur le programme Barracuda, afin de devenir des professionnels aguerris pour la construction du SNLE 3G. En quelques sortes, nous recrutons en ce moment la future génération « SNLE 3G », dont la construction débutera dans la décennie 2020 ».

De nombreux métiers en tension dans la navale

Que ce soit à Cherbourg ou dans les autres établissements du site, les actions de recrutement se multiplient, alors que la problématique de la formation et de l’attractivité auprès des jeunes est devenue un enjeu crucial pour toute la filière navale. Un secteur qui se porte actuellement très bien, qu’il s’agisse de chantiers civils ou de construction militaire, engendrant de très forts besoins en main d’œuvre qualifiée. Or, de nombreux métiers sont en forte tension, la demande étant plus forte que l’offre.

Création de formations spécifiques

A Cherbourg, comme ailleurs, Naval Group s’est donc rapproché de l’ensemble des partenaires institutionnels (Région, département, ville), de partenaires « emploi et formation » (Pôle Emploi, AFPA, Institut de soudure) et d’acteurs économiques du territoire « pour structurer ensemble des formations externes diplômantes, délivrant les basiques de certains métiers complexes qui nous sont propres ». Les soudeurs sont formés dans le cadre d'un partenariat avec l’Institut de Soudure et la Région Normandie. Une formation Technicien Supérieur en Conception Industrielle a aussi été créée avec l’AFPA, pour former la nouvelle génération d’emménager de sous-marins.

Le Campus des Industries Navales

Pour éviter une pénurie de compétences, attirer les jeunes, assurer la transmission des savoirs et préparer l’avenir, d’autres initiatives voient le jour sur le plan national ou localement. C’est le cas par exemple du Campus des Industries Navales, créé par Naval Group et d’autres industriels. « Avec le soutien des Conseils régionaux des différents territoires où nous sommes implantés, Naval Group et d’autres industries navales - PME et grands groupes - créent en ce moment même le Campus des Industries Navales, un dispositif global de formation de la filière navale. Différentes actions sont en cours pour participer à former la future génération de soudeurs, charpentiers tôliers, techniciens en conception industrielle. Cette génération dont nous avons besoin pour les futurs grands programmes de Naval Group, et que nous intégrons dès à présent ».  


(*) Selon Naval Group : Les garanties salariales relèvent de la convention collective de la métallurgie. En 2018, le salaire brut minimum d'un ouvrier est de 24 250€  et celui d'un technicien de 27 000€, soit respectivement 35% et 50% de plus que le SMIC dont la valeur annuelle en 2018 est de près de 18 000 € bruts (valeur exacte : 17 981.64 €)
Au-delà de ces garanties, l'accord d'entreprise de Naval Group prévoit des parcours d'évolution de façon à valoriser la formation des collaborateurs : par exemple, les ouvriers et employés titulaires d'un BAC Pro ont une garantie minimale de salaire 24 930€, qui s'élèvera à 25 150 € au bout de 6 mois, puis à 25 680 € au bout d'un an d'ancienneté.

Naval Group (ex-DCNS)