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Naval Group met à l’eau sa 8ème FREMM

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Un an seulement après sa mise sur cale, la Normandie, huitième frégate multi-missions construite par Naval Group, est sortie hier de la forme de construction de Lorient. Alors que deux bâtiments de ce type ont été produits pour l’export, le Mohammed VI réceptionné par le Maroc en 2014 et la Tahya Misr livrée à l’Egypte en 2015, cette nouvelle FREMM est la sixième réalisée pour la marine française.

Avant elle, Naval Group a livré à la flotte française la tête de série du programme, l’Aquitaine (2012), puis la Provence (2015), le Languedoc (2016) et l’Auvergne (2017). S’y ajoutera cet été la Bretagne et, en 2019, la Normandie.

 

Vidéo de la mise à l'eau de la FREMM Normandie (© : NAVAL GROUP)

 

La construction de cette frégate, dont la première tôle a été découpée en 2016, a été menée tambour battant par le chantier, qui a considérablement réduit les délais d’assemblage par rapport aux précédentes unités. Mise sur cale en janvier 2017, la Normandie n’est en effet restée que 12 mois et demi dans la forme de construction, contre 23 pour l’Auvergne, souligne-t-on chez Naval Group. Même si l’outil industriel de Lorient avait été dimensionné au milieu des années 2000 pour sortir une FREMM tous les 7 mois, le programme devant à l’origine comprendre 17 frégates françaises livrables à un rythme nettement plus soutenu, l'entreprise signe là un beau tour de force. « Cette mise à flot était un réel défi calendaire pour respecter notre engagement de livraison des six FREMM anti sous-marines pour 2019 à la Marine nationale, tel que prévu dans la loi de programmation militaire 2014-2019. Un challenge remporté avec succès grâce la détermination et au savoir-faire des équipes du groupe, adossés à une organisation issue du retour d’expérience acquis sur les bâtiments précédents », rappelle Nicolas Gaspard, directeur du programme FREMM.

Cette frégate présente aussi la particularité de porter un nom réattribué deux fois. Au départ, la Normandie devait en effet être la seconde FREMM de la Marine nationale mais le contrat remporté avec la Maroc a conduit à verser à ce client le bâtiment prévu pour la France. La frégate suivante a donc repris le nom de Normandie, et l’a porté jusqu’à ce qu’elle soit sur le point d’être livrée. Mais une nouvelle fois, l’export s’en est mêlé et l’Egypte souhaitant disposer au plus vite d’une FREMM, la Normandie lui a été transférée. Après une adaptation technique et une formation des équipages égyptiens conduites en quelques mois seulement, elle est devenue Tahya Misr. La troisième FREMM française, la Provence, était alors déjà en achèvement à flot et n’a donc pas été rebaptisée. Il fut décidé de renvoyer le nom de Normandie à la sixième unité de la série. Sauf nouveau coup de théâtre, la troisième tentative devrait donc être la bonne.

 

La FREMM Normandie hier

La FREMM Normandie hier (© : MER ET MARINE)

 

Désormais en achèvement à flot, la Normandie, après un passage en bassin, débutera ses essais en mer dès l’automne en vue d’une livraison à la Marine nationale à l’été 2019. Elle sera basée à Brest, comme l’Aquitaine et la Bretagne. La Provence, qui est positionnée dans le même port depuis sa sortie en 2015 (à la place de l’ex-Normandie transférée à l’Egypte) partira cet été pour Toulon, où elle s’ajoutera aux Languedoc et Auvergne.

Longues de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes, ces frégates lourdes, armées par 108 marins (capacité de logement pour 145 personnes) peuvent atteindre la vitesse de 27 nœuds et franchir 6000 milles à 15 nœuds. Polyvalentes, elles ont été en particulier conçues pour la lutte anti-sous-marine, avec un sonar de coque UMS 4110, une antenne remorquée Captas 4, des torpilles MU90 (quatre tubes) et un hélicoptère Caïman Marine (NH90) mettant en œuvre un sonar trempé FLASH, des bouées acoustiques et des MU90. Avec les FREMM, la France dispose également pour la première fois d’une capacité de frappe en profondeur avec la mise en œuvre de missiles de croisière. En service depuis début 2017, le MdCN est capable de détruire des cibles terrestres durcies avec une portée donnée à un millier de kilomètres. Chaque FREMM peut embarquer 16 armes de ce type, stockées dans deux lanceurs verticaux sur la plage avant. Deux autres lanceurs abritent quant à eux 16 missiles surface-air Aster 15. Le reste de l’armement comprend 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, une tourelle de 76mm et deux canons télé-opérés de 20mm. En plus du Caïman, les FREMM pourront embarquer le futur système de drone aérien de la marine (SDAM), que vont développer Naval Group et Airbus Helicopters sur la base du VSR 700.

 

La FREMM Languedoc

La FREMM Languedoc (© : NAVAL GROUP)

 

En plus de ces six FREMM, deux frégates dérivées vont être construites pour la France. Il s’agit des FREMM DA, unités disposant de capacités antiaériennes renforcées, dont 32 missiles Aster 30 mais pas de MdCN. Appelées à succéder aux frégates Cassard et Jean Bart, les Alsace et Lorraine seront en service avant la fin 2022. La mise sur cale de la première interviendra d’ici le printemps.

Pour la suite, le site morbihannais de Naval Group travaillera sur les cinq futures frégates de taille intermédiaire (FTI), dont le premier exemplaire entrera en production à partir de 2019 pour être livré fin 2023 à la Marine nationale. Lorient espère également bénéficier de nouvelles commandes à l'export, en particulier pour des corvettes du type Gowind. Les négociations sont toujours en cours avec les Emirats Arabes Unis pour la construction de deux unités de ce type (avec option pour deux autres), le contrat n’ayant pas encore été signé. Naval Group discute aussi avec plusieurs autres pays, dont l’Egypte, qui lui a déjà commandé quatre Gowind (la première a été livrée par Lorient en 2016, les autres étant réalisées en transfert de technologie à Alexandrie). 

 

La Gowind Elfateh livrée à l'Egypte en 2017

La Gowind Elfateh livrée à l'Egypte en 2017 (© : NAVAL GROUP)

Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale